Asylum Pyre- Fifty Years Later

 

La difficulté des groupes de metal français à percer, dans leur pays comme à l’international, est un sujet de discussion quasi-inépuisable. Au rayon de ceux à qui l’on souhaite de bon cœur mais sans trop y croire, gloire et réussite, voici donc Asylum Pyre. Un groupe parisien ayant déjà sorti un premier album autoproduit, « Natural », en 2009. Qui avait du démontrer un certain talent, puisque ce deuxième album, Fifty Years Later, est cette fois produit par Massacre Records ! Un beau parcours, et on se prend à rêver… Un groupe français aurait-il une chance de percer outre-Rhin ?

Et bien, il ne faut jurer de rien, mais le fait est que, d’emblée, on est frappé par la vigueur et le dynamisme des compositions. Un feu follet musical qui virevolte et tourne, attaque et se dérobe soudain, disparait et reparait où on ne l’attendait pas ! A la base un heavy mélodique assez classique, mais sur lequel bien des choses sont venues se greffer,  de la musique de film, voir de jeux vidéos, au doom-death. Mais surtout de très fortes composantes prog et symphonique, un cocktail au final efficace et novateur.

Bref  un peu de tout. Fisherman's Day rappelle par moment curieusement Sopor Aeternus : une voix masculine douce et mélancolique, accompagnée de mélodies acoustiques, parfois reprise par le chant féminin…  Mais à la suite, Against the Sand fait preuve d’un tel dynamisme qu’il sera difficile de ne pas se laisser entrainer ! Le chant alterne hargne et lyrisme nostalgique, ses refrains puissants martèlent comme des tambours, et l’utilisation du chant en canon donne un son riche et nourri, où chaque composante est distincte des autres mais où toutes trouvent leur place et se disposent avec harmonie.

Mais il faut parler de l’acteur principal, la voix de la chanteuse, Chaos Heidi. Encore l’une de ces voix de style pop, mais ayant eu une formation lyrique par le passé et en ayant gardé certains traits. Une voix capable de prendre des inflexions étonnantes, comme cette soudaine descente dans les graves sur Any Hypothesis ou sa façon d’attaquer la chanson sur The Frozen Will avant de redescendre soudain. Une tessiture curieuse, plus grave que ce qu’on entend d’habitude, à mi chemin entre voix de tête et voix de poitrine.

Du chant masculin également, souvent en alternance avec le chant féminin, à part sur Fisherman’s Day, où elle occupe la première place. Un peu de chant lyrique également sur The Herd - peut-être un souvenir d’autre chose, ajouté avec une arrière pensée que l’on ne peut percer…

Mais peut être Any Hypothesis, un long titre de près de dix minutes, est-il le plus énigmatique. D’abord une atmosphère curieuse, mêlant lyrisme, onirisme, et accents de révolte soudains. Un chant masculin doux et mélancolique chantant au sujet de « sunshine », une atmosphère à la King Crimson. Et puis soudain une explosion, une envolée de chant féminin aigu, un accent death… Un passage un peu électro même – assez imprévu, mais ajoutant encore un peu à la richesse des influences.

La conclusion, Fifty Years Later, est également des plus étonnantes. Est-ce là que sont les réponses ? Cinquante après quoi ? Après l’anéantissement du monde apparemment… Un genre d’hymne écologique. Musicalement réussi en tout cas, au tempo en lent et légèrement solennel, prenant peut-être un ton un peu trop « donneur de leçon » peut-être, mais c’est une question de goûts.

Un tourbillon qui entraine l’auditeur dans les mondes tour à tour enfiévrés ou sereins d’Asylum Pyre. Un groupe que l’on espère voir percer sur la scène européenne, car il en a les moyens, et enfonce largement la concurrence en matière de groupe symphonique. Peu de groupes peuvent fournir des albums aussi riches que celui-ci.

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