Venturia – Dawn of a New Era

Dans la vaste galaxie du metal français, où la majorité des groupes ne sont guères plus que des astres ignorés tournant dans leur coin avec quelques satellites en espérant se faire repérer par un soleil plus vite que par un trou noir, on voit parfois surgir dans notre objectif des groupes ayant déjà deux ou trois albums derrière eux, et n’en étant pas moins restés assez peu connus. C’est le cas de Venturia pour qui ce troisième album, Dawn of a New Era, représentera bel et bien, du moins on l’espère, le début d’une nouvelle ère.

Originaire de Montpellier, Venturia pourrait se décrire comme un groupe de prog à chant féminin et masculin. Lydie Lazulli et Charly Sahona, également guitariste, claviériste et leader du groupe, y officient respectivement.

Progressif l’album l’est, incontestablement. L’un de ces albums où chaque riff et chaque partie instrumentale semble avoir été longuement ciselé note par note, lentement, avec réflexion, comme un sculpteur réfléchissant entre deux coups de burin. L’oreille impatiente ou brouillonne passe – et rate quelque chose.

Pour autant, pas d’interminable soli de dix-sept minutes ni de ces échafaudages musicaux improbables ayant l’air d’avoir été composés à coup de champignons hallucinogènes. Au lieu de cela des morceaux vifs, enlevés, et cependant denses et riches, tout en nuances et en subtilités.

Il n’y a qu’à écouter le début de Devil in Disguise, l’introduction de l’introduction, pour s’en rendre compte. D’abord, un solo de guitare si saturé qu’un moment on se demande si ce n’est pas à un album de black ou de death qu’on va avoir affaire. Et puis un fouillis de basse, de guitares claires, de toms, et toujours par derrière la guitare saturée. Et déboulant de nulle part, se joignant soudain à la fête comme de sa propre initiative, un morceau de clavier si clair et aérien qu’il rassure instantanément – oui, oui, pas de doute possible, c’est bien un album de prog ! Précisément à la minute où la guitare saturée vient faire taire tout le monde, et faire place nette pour l’arrivée du chanteur !

Le chant n’est pas l’acteur principal. Masculin comme féminin, tous deux sont très simples, sans fioritures. Oh, pour autant ils ne manquent pas de caractère, il n’y a qu’à écouter Spiritual Path pour s’en convaincre. Simplement ils s’insèrent dans l’ensemble, y tiennent leur place sans tenter de se démarquer. Ils font partie d’un tout. Comme les guitares, qui pourtant sont à l’honneur, et exécutent de très jolies performances. Sur a New Dawn Rising notamment, avec son entrée de guitares lourdes et ses excellents riffs. Ou avec le solo de What If, ou les riffs de Phoenix, ou l’intro de Secret Dream… Partout en fait.

Très belle conclusion en tout cas qu’offre Land of Dreams, avec ses longs passages instrumentaux et son exaltation du rêve et de l’imaginaire. Peut-être le titre où le chant se « lâche » le plus, où ses passages sont les plus techniques – mais encore une fois, sans rompre l’équilibre de l’ensemble.

Venturia est donc l'un de ces groupes de prog comme on les aime, soignant leurs compositions et faisant preuve d'imagination sans partir dans l'expérimentation à tout va. Le chant à deux voix leur confère une réelle originalité, et souligne la qualité de leur musique.  L'un de ces groupes que l'on espère voir monter et accéder à la réussite...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>