Cradle of Filth – The Manticore and Other Horrors

Chacun d'entre nous a un péché mignon. Un groupe réputé nul ou pas loin, conspué et honni de tous les côtés, et pour lequel il possède cependant un certain attachement. Dans mon cas c'est, je dois l'avouer, Cradle of Filth. Pour une raison simple : il fut l’une de mes portes d'entrée dans le monde du metal. Bref. Midian reste et restera, je l'avoue, l'un de mes albums préférés.

Depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et le chemin suivi par le groupe n’a pas été apprécié par beaucoup de gens. Passons sur les polémiques. Où en est le groupe maintenant, après onze albums et des changements de line up si récurents qu’il semble maintenant indéfectiblement lié à Dany Filth, seul survivant du line up d’origine, c’est la question ! Se renouveler, l’éternelle difficulté…

Et là, nul n’est besoin d’une polémique : visiblement le groupe a quelques peines. Rien de très nouveau. Oh, il y a de bonnes chansons. Mais elles sonnent trop comme des assemblages de choses déjà entendues. On prend un petit bout de Midian, un petit bout de Nymphetamine, un petit bout de ci, un petit bout de ça… On recolle, en espérant que cela soit suffisant pour faire un nouveau titre. Ce qui, évidemment, n’est pas vraiment le cas… On ne se réinvente pas en se réécrivant, pas plus qu’on ne construit une maison en retirant les pierres du bas pour les mettre sur le dessus.

Au final, on retrouve donc des ambiances déjà connues, des chansons qu’il nous semble avoir déjà entendu. Manticore ou The Abhorrent notamment, qu’on pourrait croire tirées de productions antérieures. Les riffs sont assez plats, les intros symphoniques très banales. Dany Filth semble également avoir perdu sa voix, et a cessé de pousser dans les très aigües. Il s’y essaye parfois, principalement sur Manticore, avec peine. Rien d’étonnant à cela : peu de cordes vocales survivraient longtemps à un tel traitement…

Si l’on ajoute à cela un certain manque de rythme et une production un peu brouillonne, le résultat n’a donc rien de fantastique. On a l’impression d’un  groupe un peu en bout de course, continuant à sortir les uns après les autres, avec une régularité de métronome, des albums sans grande variétés.

Il y a, cependant, quelques bonnes surprises. Huge Onyx Wings Behind Despair notamment, où le groupe semble retrouver l’énergie du passé et délivre au final un titre assez percutant. En revanche, l’intro symphonique de style électro ne sera peut-être pas du goût de tout le monde – emprunt mal recollé ou réelle nouveauté, à chacun d’en décider.

Siding with the Titans présente également de bons aspects. Rien de révolutionnaire mais un titre enlevé, où le chant est bien maitrisé, à l’ambiance plus proche d’un gothique sombre que black metal, mais où le groupe semble plus à son aise. De même Succumb to This, et son passage de chant féminin évoquant presque le Therion de la grande époque. Peut-être est-ce là le tournant que devrait prendre le groupe. Il est des voies où il est inutile de persister, sous peine de risquer le ridicule.

En d’autres termes, après onze albums avec Cradle of Filth, peut-être serait-il temps pour Dany Filth de passer à un autre projet…

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