Live Report Freak Valley Festival 2013

Ca y est, les beaux jours reviennent et avec  eux la saison bénie des festivals Open Air. Alors que les grosses machines françaises se préparent, Sonisphère et autres Hellfest en tête,  nos deux Stoner Reporter, Tessa et moi-même avions  décidé de retourner en Allemagne pour couvrir un tout jeune festival  open air, Le Freak Valley Festival, né l’an dernier avec une édition qui déjà fleurait bon la qualité. Pour cette deuxième édition, qui avait lieu du 30 mai au 1er juin,  forts des enseignements de l’année précédente, les organisateurs, l’association RockFreaks, ont voulu marquer un grand coup, et comme nous le verrons au fil du report,  ils y sont arrivés haut la main. Grand coup tout d’abord au niveau de la programmation. Avant tout, il faut savoir que le Freak Valley Festival est un festival open air underground, axé sur les musiques Psyché/Stoner/Space rock/Blues, donc musicalement  dans l’esprit de ses ancêtres, les festivals de Woodstock, Wight, ile de Man , Glastonbury etc … mais sans l’ampleur  de la foule de ceux-ci  (le pauvre site de l’AWO aurait été bien en mal d’accueillir un demi-million de personnes  d’ailleurs ) Niveau programmation donc, cette année il y avait du lourd. Avec notamment  la première apparition sur un festival Européen des Ukrainniens de Stoned Jesus, ainsi que le premier show en Allemagne de Uncle Acid and the Deadbeats .  2 groupes qui dans le milieu Freak font le buzz en ce moment. 2 valeurs sures pour l’avenir. Niveau valeurs sures,  à noter également la présence dans les têtes d’affiches d’Orange Goblin, qu’on ne présente plus,  et des New Yorkais de Naam . Mais en fait, c’est l’ensemble de la programmation qui était de qualité, et s’en tenir qu’à ceux que je viens de citer,  serait non seulement réducteur mais carrément hérétique !  Personnellement, j’attendais les prestations de pas mal de groupes que je ne connaissais que studios, et je me suis pris de bonnes grosses claques, attendues ou pas d’ailleurs. Mais nous y reviendrons. Grand coup également quant à la qualité des infrastructures et de l’organisation, comme nous allons le voir dès maintenant. Nous voilà donc parties pour Siegen, commune de Westphalie à une centaine  de kilomètres au sud-est de Köln.  Le site du festival  se trouve dans une zone artisanale en pleine campagne, dans la banlieue de Siegen. Il a lieu dans l’enceinte d’une usine de montage, visiblement centre d’insertion par le travail employant des handicapés et appartenant à l’entreprise AWO qui  avait laissé à disposition pour l’occasion son grand parc ainsi qu’une partie de ses locaux. Le festival n’ouvrait  ses portes qu’à partir du jeudi  à 18 h. Le camping, lui ouvrait vers midi, et arrivées tôt,  nous avons pu installer  tranquillement notre campement avant le rush des festivaliers. Le site du camping avait été installé dans des prés non loin de là, mais dont l’accès se mérite ! il y a quand même une bonne petite balade au milieu de la foret pour y arriver, et ça grimpe ! Mon Stoner Van, même habitué aux petites routes des monts Limousins a eu du mal… mais l’effort en vaut la chandelle car  en haut de la colline, le site du camping a une vue magnifique, sur les monts et les bois alentour. Dans les prés atour de nous, des troupeaux de chevaux « sauvages », genre mustang, qui paissent  tranquillement et parfois se mettent à galoper, quelque peu perturbés de voir débarquer un troupeau de Freaks dans leur univers. Fin d’après-midi, redescente vers le site du festival pour assister aux quatre shows de cette première journée. Bushfire, Katla, Asteroïd et Long Distance Calling. La météo, plutôt clémente jusque-là tendait vers le carrément médiocre et annonçait une soirée plutôt humide, mais qu’à cela ne tienne, en bon festivaliers, on était parées. Nous découvrons le site en lui-même, et première chose que nous remarquons, lui aussi est paré pour les intempéries. Plusieurs grandes ramées abritées ont été installées sur les côtés pour permettre au public de suivre les concerts dans de bonnes conditions. Certaines ont même tables et banc pour se poser tranquille. Un hangar a été alloué à l’espace merchandising des groupes, et tout au long du week end ceux-ci y rencontreront leur public dans une ambiance des plus sympathiques d’ailleurs. Des stands de restauration, ou chacun pouvait y trouver son compte. De l’amateur de saucisse frites en sauces au puriste vegan ,  plusieurs buvettes, où l’on pouvait déguster notamment une bière brassée spécialement pour l’occasion.  Et des sanitaires satisfaisants pour aller ensuite l’évacuer.  Niveau scène un bel espace et des murs d’enceintes  qui laissaient présager que nous n’en prendrions pas dans les tympans  au-delà du raisonnable par rapport à l’espace du site. Les backstages et les loges étaient eux installés dans les locaux de l’usine. Le public arrivait doucement et à 18 h 30 le coup d’envoi du festival fut donné et comme au Stoned From The Underground l’an dernier, les premiers en pistes furent les Bushfire, qui venaient  en voisins et en amis pour inaugurer cette deuxième édition.  Basés a Darmstadt ce groupe cosmopolite qui officie dans un style Stoner Blues Rock très pêchu a d’emblée mis le public d’accord. Un show puissant et entraînant, Le charisme, la présence, et la jovialité de Bill, le front man du groupe y était pour beaucoup, interpellant le public, descendant dans la fosse pour chanter parmi la foule, pas encore très dense à cette heure. Comme à son habitude, le géant ricain à la voix chaude et profonde chantait pieds nus, dansait sur la scène. Comme a son habitude également, il animera le festival les 3 jours durant, que ça soit backstage ou encore au merch, par son humour, ses histoires et ses blagues. Une bonne entrée en matière que ce groupe chaleureux et talentueux. Changement d’ambiance pour le groupe suivant, les suédois de Katla. Musicalement, nous voilà plongés  dans la fin des Sixties psychés. Vintage, planant et de plus en plus spatial et puissant au fil du show. Visuellement, de jeunes gens bien scandinaves, très jeunes même on dirait pour certains. Personnellement je fus  totalement fascinée par la chanteuse qui arborait un magnifique masque ailé lui donnant  des airs de déesse nordique de la nature.  Elle jouait également du violon électrique, du tambourin et comble de bonheur pour moi,  de cet instrument si cher au cœur de mon groupe fétiche Hawkwind,  un Thérémine.  L’un des plus anciens instruments électroniques, muni d’une grande tige de métal qui produit des vibrations oscillantes lorsqu’on  approche  ses mains d’elle mais sans jamais la toucher. Magique. Très bonne introduction pour les premières têtes d’affiches de la soirée, d’autres Suédois,  parmi les chefs de file du Stoner/Psyché actuel, Astéroïd. On reste dans une ambiance très très Freak fin sixties, mais beaucoup plus spatial. Sur scène, tapis Persans au sol, projections psyché en arrière-plan, le gratteux en sarouel et sandale, le bassiste dreadeux, pieds nus et veste totalement hippie. On croirait le trio en partance pour les routes de Katmandou. Musicalement très pêchu avec de grandes envolées spatiales qui montent en puissance, retombent et repartent encore plus haut. Un beau trip que ce concert, et un grand moment de cette première journée,  vraiment.  Visiblement très attendus par leurs compatriotes, le set de clôture assuré par les Allemands de Long Distance Calling. Changement d’ambiance. Déjà, plus sombre au niveau des lights ce qui donnait une certaine pesanteur à un son bien plus moderne, surtout au niveau des rythmiques,  avec ici du bon gros Post Rock, mais très largement instrumental et ambiant, ce qui ma foi ne détonait pas totalement dans la programmation. Tessa quant à elle trouva cela beaucoup trop moderne, technique et mou du genou. Fin des hostilités pour ce premier jour et comme on le pressentait la météo avait au cours de la soirée tournée vinaigre. Bonne initiative,  les organisateurs avaient mis en place un système de navettes pour relier le site au camping, et elles furent prises d’assaut. Malchance pour nous, restées un bon moment backstage, nous dûmes rentrer à pied sous la pluie. Pas grave, nous n’en avons que plus apprécié le confort du Van. 2ème jour - Vendredi 30 Mai Pas moins de 10 groupes en scène pour cette deuxième journée qui pourtant ne commençait qu’à midi. Les Freaks ne sont pas des lève tôt, et nous n’avons pas dérogé à la règle, au point même de louper le premier set. Nous arrivons donc pour le second, Yama, groupe Hollandais qui remplace au pied levé Moonless qui ont du se désister. Et ce fut une bonne surprise que ce set placé sous le signe du Heavy Stoner bien groovy.  Bonne présence du chanteur, à la voix rocailleuse fort sympathique, qui assure le show et communique pas mal avec le public. Puis, retour en Suède avec Mamont,  dont le nom et le son évoquent  un pachyderme. En effet c’est lourd, puissant, mais en même temps très groovy. Une sorte de Doom N Roll en somme. Les guitares sont très en avant  ça groove à mort et le guitariste chanteur  est excellent. Comme leurs compatriotes de Katla, eux aussi semblent jeunes, ce qui  fait plaisir à la « vieille » que je suis, parce  c’est une preuve supplémentaire que la relève est sur la bonne voie et que  le mouvement psyché Stoner  est en plein essor.  Et partout dans le monde ! Nous venant de Roumanie cette fois, le trio instrumental The Egocentrics  prend la suite sur scène. Trois gars avec des gueules de Che Guevarra, jouant pieds nus, (c’est très en vogue visiblement) et qui  envoient un puissant psyché Rock, très propre, fait de longues jams  menée par la gratte electro acoustique, avec une rythmique parfois à la limite du jazz. Le jeu du  batteur d’ailleurs est très technique avec  beaucoup de contre temps.  Le public qui commence a être plus nombreux semble comme emporté dans un voyage introspectif. Audacieux et intéressant. On continue avec un power  trio, des bêtes de scènes venant cette fois du Danemark, Pet The Preacher.  Les mecs dont le show très Blues Rock a, par sa pêche  fini de réveiller le public et  également arrêté la pluie ! Sur scène, le guitariste chanteur est torse nu, barbu, tatoué de partout.  Oserais-je dire un putain de beau mec ? Allez, oui je l’ose !  Et quel front man !! Communiquant beaucoup et avec humour avec le public Et quelle voix ! Sensuelle aux accents très ricains ; le genre qu’on a envie de violer. Très bon set et le public est chaud bouillant pour la suite. Et la suite est encore un concert de délire. Encore un trio, Hollandais cette fois,  Orange Sunshine. Du bon gros psyché rock halluciné mené, chose pas si courante, par un batteur chanteur, totalement allumé, installé en devant de scène.  Ce gars a roulé sa bosse c’est un vieux routard de l’underground, Freak grisonnant, une longue barbe qui forme deux deadlocks, une paire de soleil polarisante,  et sur scène on dirait un vieux  singe énervé qui martèle sa batterie en hurlant de sa voix de crooner. Il forme avec la guitare très présente également un duo hallucinant. Le bassiste lui est plus en retrait. Le public est réceptif, ça bouge bien dans la fosse. A noter parmi les morceaux joués une reprise très personnelle de Gimme Shelter des Stones qui m’a laissé sur le cul. Bravo. Pas de retombée de pression, on enchaine avec un autre set halluciné, celui des américains de The Muggs. Encore une fois un trio, mais dont la particularité ici est de ne pas avoir de guitare basse mais un organiste assis derrière un piano Rhodes Bass. Le genre de mec, au look anachronique, beret vissé sur le crâne, et qui n’aurait pas dénoté dans un pub enfumé new yorkais durant la prohibition. Le guitariste chanteur lui foulards à la guitare et dans les cheveux, fait typiquement seventies. Sur scène il est déchainé, surexcité, le son est très rock seventies lui aussi,  très bluesy à la Led Zeppelin. Le show est festif et le public déchainé également. Et ça ne va pas s’arranger … Car voilà ensuite que monte sur scène un autre groupe bien déjanté et festif : Brutus. Groupe scandinave inspiré par la bière et le Heavy Blues Rock 70, et mené au chant par un sacré showman joyeux et alcoolisé, qui se trouve en plus être quasiment …. le sosie de Bruce Dickinson ! Vraiment bluffant.  Toujours une bière à la main, celui-ci danse, boit, danse, boit encore, finit son verre et remet ça en plaisantant avec le public. La formation à  cinq membres envoie du gros son bien Heavy Blues. Les deux guitares sont efficaces, de bons riffs bien entraînant et un putain de groove, qui trouvent bon écho dans le public déjà bien chauffé. Ça bouge bien dans la fosse, le public est nombreux, fébrile, car l’un des événements les plus attendus de ce festival approche à grand pas. La venue, pour la première fois en Allemagne des mystérieux Anglais de Uncle Acid & The Deadbeats est à tout titre un événement en soi. Première tournée Européenne pour le groupe, qui,  après un passage remarqué au Roadburn le mois dernier, passera par le Hellfest sous la Valley Tent le samedi midi. Un show à ne pas rater pour ceux qui seront là-bas.  Premières apparitions live, nous découvrirons donc enfin ce soir le visage de Tonton Acid et de ses compères. Remarqués dans l'ombre par Rise Above Records , ce n'est pas rien, ils entrent dans leur écurie, et leurs deux  premiers opus sont devenus en moins de deux ans des pièces d’anthologie incontournables de toute bonne collection. Et le dernier en date, Mind Controltout juste sorti ne tardera pas à les rejoindre. Autant dire que la pression était à son comble dans le public. La nuit est tombée sur le Freak Valley. Le changement de scène est long, trop long pour le public impatient. Annonce du groupe et … encore de l’attente. Uncle Acid joue avec nos nerfs. Le public scande son nom. Monsieur ferait-il un peu sa star, entretenant encore pour quelques minutes le mystère ? Possible …. Et le mystère continue lorsque que le groupe arrive sur scène, noyé dans de sombres lumières bleues et une dense fumée pour attaquer le concert par un fabuleux « I'll cut you down »  qui mettra d’emblée tout le monde d’accord. On a devant nous une puissante machine de guerre, qu’on sent vouée à une grande carrière,  à la fois lourde et aérienne, un putain de Psyché Space Doom jouissif. La marche lourde d’un géant qui emmène le public, heureux, déchaîné. Premier slams du fest. C’est du délire total. Une heure de show ravageur. Tous les meilleurs morceaux de leurs 3 albums s’enchaînent. Le public est conquis, en redemande  et le groupe revient en rappel pour nous jouer l’un de ses derniers tubes en devenir « Poison Apple ». Et nous voila vidés, lessivés, mais avec le sentiment d’avoir vécu un truc énorme, un moment magique. Et il y en aura d’autres encore avant la fin de ce festival …. Le prochain à venir d’ailleurs n’allait pas tarder, car à peine remis de nos émotions acides, que nous repartions dans l’espace avec Naam qui clôturait cette deuxième journée. Les New Yorkais, avaient mis le feu la semaine d’avant aux Combustibles à Paris lors de la dernière soirée des Stoned Gatherings dans cette salle (maintenant transférés au Glaz’art) et nous étions impatients de nous aussi, nous brûler les ailes au soleil de leurs accords spatiaux. Et quel fabuleux voyage spatial que ce concert de Naam ! Un pur moment de Psychédelic Space Rock jouissif. Des projections psyché en arrière-plan, un ours bassiste déchaîné qui assure le show. Le guitariste, frêle et délicat, a des allures limites androgynes dans son trop grand t shirt, mais ses riffs sont ravageurs et sa voix cristalline emporte le public dans les étoiles. C’est de l’ordre du mystique, certains passages rappellent des compositions de OM. Points d’orgues de ce concert, la terrible claque mise au public avec le morceau « Starchild » et l’excellente reprise totalement psyché de « Drain You » de Nirvana. Absolument fabuleux. Le set fut assurément le plus spatial de la journée et ma foi une bonne introduction  pour les premiers shows du lendemain. Fin de deuxième jour donc et absolument ravies, il était temps pour nous de rentrer, épuisées, au camping. Le poids de mes appareils photos ayant fini de me tuer le dos,  et Tessa en bottes de pluie, ne sentant plus ses pieds, nous eûmes pitié de ce qu’il restait  de nos corps et nous prîmes cette fois ci la navette. De plus nous tenions à être d’attaque pour le lendemain et notamment ne pas rater l’incontournable premier concert, celui de Radar Men From The Moon, qui faisait partie de ceux que nous attendions de voir avec impatience. 3eme Jour - Samedi 01 Juin Ce samedi était la journée la plus longue avec pas moins de 10 concerts. Arrivées à l’ouverture des portes vers midi, la première chose que nous constatons, est le renforcement de la sécurité, qui a l’air aussi plus tendue, et le public déjà relativement nombreux pour un début de journée. Légère évolution dans le public d’ailleurs, puisque nous remarquons un peu plus de « metalleux » que les jours précédents. Pas mal de gens visiblement ne sont venus que ce samedi.  Tout cela est certainement du à la présence en tête d’affiche de ce dernier jour d’Orange Goblin. Mais pour l’heure c’est à un tout autre genre de musique qui nous attend. Départ imminent pour la Lune avec Radar Men From The Moon, trio Néerlandais de Psyché Space Rock instrumental expérimental. Leur son oscille entre  Pink Floyd et Hawkwind,  à l’image de leurs titres évocateurs, comme Atomic Mother, ou encore Echo Forever , avec lequel ils ouvriront magistralement leur set . La batterie est installée en front de scène, marquant l’importance de chaque instrument. Les trois garçons ont l’air de jeunes gens sages sortant de l’université, mais qu’on ne s’y méprenne pas, l’image s’arrête là, car très vite ils se déchaînent, notamment le batteur, excellent derrière ses fûts, dont le jeu, énergique et puissant donne le ton de ce concert. La basse, très présente assure quant à elle un coté bien groovy. Tout ça mené par des mélodies super planantes à la gratte. Au final, une très bonne entrée en matière pour ce dernier jour, et en ce qui me concerne, l’une de nos deux grosses claques, catégorie « découverte » de ce festival. Changement total d’ambiance pour le show suivant, celui de Wolverine Blues que nous ne connaissions pas du tout. On a affaire ici a un son beaucoup plus moderne. Les 4 jeunes Ukrainiens semblent plus être les enfants du grunge et du Stoner que du psyché des Old Sixties. Le son est lourd, parfois à la limite du Sludge avec une basse bien grasse, mais un chant clair. Un bon gros coup de massue qui plante nos pieds dans la boue du terrain qui n’a pas encore séché de la veille. Enchaînement avec un groupe qui lui, est loin de m’être inconnu par contre, puisqu’il s’agit de nos compatriotes d’Abrahma, dont je vous ai déjà parlé lors de précédent reports. Quel plaisir de les retrouver, un mois après leur incroyable show du Desertfest à Londres ! Plaisir aussi pour eux sur scène. Energie est le maître mot de ce set. Les Parisiens se déchaînent, et balancent riffs assassins sur envolées tueuses. Du bon gros Heavy Stoner Psyché comme ils savent le faire. Seb, lead guitar et chant, vraie pile électrique comme à son habitude, saute partout, et joue de ses pedal board, totalement envoûté. Les autres ne sont pas en reste, assurant tout autant le show derrières leurs instruments. Un show efficace qui a réveillé le public, qui visiblement a bien apprécié nos Français. Personnellement, ils m’ont mis la pêche et à la fin de leur set c’était moi la pile électrique ! Enfin la raison en était aussi qu’allait monter sur scène, l’un des groupes que j’attendais de découvrir Live avec une fébrile impatience. J’ai nommé Pyramidal. Ce quatuor espagnol de Psychedelic Space Rock pur jus dont l’actualité toute fraîche nous semblait très prometteur. Ô joie ! Les garçons sont de grands fans de Hawkwind, cela est flagrant dans leur musique. Un signe, Miguel le bassiste, joue sur Rickenbaker ça ne vous rappelle personne ? Le Lead Guitar, quant à lui, sorte de mélange entre Hendrix, Phil Lynnot et Tony Iommi, tant dans l’allure que dans le jeu, arbore le T shirt « Space Ritual ». Rien de tel pour finir de me rendre fan. Enfin non, ce qui a fini de me rendre fan, c’est leur musique. Juste magique et spatiale, à l’image de ce pur chef d’œuvre du genre qu’est le morceau « Frozen Galaxies ». Un gros coup de cœur donc pour ce groupe et ce concert, qui regroupe à mon sens tous les ingrédients de l’esprit Freak Valley.  Ils montent eux aussi sur notre podium personnel catégorie « découverte ». Si nous avions eu la veille avec Brutus le quasi sosie de Bruce Dickinson,  avec le groupe suivant Nightstalker , c’est au sosie de Robert Plant de la grande époque auquel nous avons affaire. Encore une fois c’en est bluffant. Même allure, même touffe bouclée sur la tête , même jeu de scène … et quelle présence sur scène ! Musicalement, Nightstalker qui nous vient de Grèce, envoie un bon Heavy Stoner bien tonique et Rock N’Roll. Entraînant, plein de groove, notamment au niveau de la basse, puissante. Une bonne surprise. Le public réceptif dès le départ, finit conquis. Le public est chaud bouillant donc, prêt à accueillir le deuxième très gros événement de ce festival,  que dis-je même, une première mondiale, a savoir la venue pour la première fois en Europe et en festival du groupe Stoned Jesus, grosse grosse  pointure actuelle dans le cœur du petit monde Stoner. On connaissait déjà l’Ukraine comme bonne productrice d’excellent son, notamment dans le milieu Black/Pagan/Ambient, depuis 2010 et la sortie de leur premier LP « First Communion » confirmé en 2012 avec l’excellent « Seven Thunders Roar » il faut rajouter le Doom/Stoner à la liste. Grosse attente du public donc et acclamation lors de l’entrée sur scène du trio. Igor le guitariste chanteur fait un petit speech plein d’humour, propose au public de venir jouer gratuitement n’importe où sur simple demande. Le ton est donné, et le son est lancé, avec le morceau d’ouverture du dernier album « Bright like the Morning » et c’est le début d’un concert de folie, un grand moment de ce festival. Au fil des morceaux qui s’enchaînent, on sent une grande prise d’assurance et progressivement on monte en puissance. Dès le deuxième morceau « Indian » , Igor se mue en une sorte de shaman part dans une transe infernale qui durera tout le show. Il balance dans la foule leur dernier vinyl 2 titres et c’est parti pour Electric Mistress. Viennent ensuite un trio massacreur, Red Wine, I’m the Mountain et l’immense Black Wood. Le public est aussi en transe que le groupe, ça bouge, ça danse partout. Dans le public et les musiciens sur scène.  Le groupe est heureux et nous fait partager leur bonheur avec brio. Le point d’orgue viendra avec le dernier morceau, « Insatiable King » issu de leur première démo à la fin duquel, bassiste et guitariste finiront à terre, allongés, épuisés comme après une extase orgasmique. A vrai dire nous ne l’étions pas moins vue la vague sonore que nous venions de prendre. Igor, toujours plein d’humour, et toujours à  terre délace ses Converses, se déchausse et balance ses pompes au public ravi. Quel bonheur que ce concert ! Quel bonheur que ce festival qui allait attaquer maintenant sa dernière partie avec encore 4 groupes à suivre. Et pour commencer la soirée, Ape Machine. La faim tiraillant nos ventres, et la fatigue commençant à se faire sentir, nous fîmes l’impasse sur leur prestation, la suivant de très loin, trop occupées à manger d’excellentes frites et à redescendre du concert de folie de Stoned Jesus. Nous fûmes de nouveau d’attaque et requinquées pour le set suivant, celui de The Machine, qui allait enfoncer le clou déjà bien martelé par Stoned Jesus. Le trio Néerlandais nonchalants s’installe sur des tapis Persans, des projections psyché se mettent à défiler en arrière-plan. Et le voyage peut commencer. Le bassiste, comme à son habitude jouait en jogging et chaussettes, rythmant avec la lourdeur d’un trou noir notre jouissive agonie. Derrière ses fûts installés en front de scène, le marteleur en chef, aux airs trompeurs de poupon rose se déchaîne et se mue au fil du show en bête sauvage. Le guitariste, faussement calme, martyrise son instrument pour nous envoyer dans l’espace. De longues jams qui nous emportent d’un psyché Doom pachydermique vers un Boogie endiablé. Le tout est à la fois puissamment groovy et très introspectif. Leur musique, très largement instrumentale, est dans la lignée de leurs compatriotes de Sungrazer avec lesquels ils ont fait un split et ont tourné récemment, ou autres Colour Haze.  Une crucifixion les pieds embourbés dans la terre Germanique et la tête dans les étoiles. Tension fébrile dans la foule nombreuse qui s’amasse devant la scène, Renforcement de la sécurité qui double ses effectifs dans le no man’s land du pit photo, augmentation du nombre de photographes dans le pit. ça sent tout de suite la tête d’affiche, et effectivement la voila . Orange Goblin. Fidèles arpenteurs de festivals. Tournant sans relâche avec toujours la même énergie débordante, Ben Ward, l’immense Ours Grandbreton fait le show comme d’habitude, Hurlant, haranguant la foule en mimant l’ours. Classique introduction avec Scorpionica qu’ils reprendront également en rappel et set list classique,  privilégiant les morceaux du dernier album. Un set carré, pro, rôdé, efficace. Ils avaient promis de nous faire du Fucking R N’ Roll et ils l’ont fait, Le public est déchaîné, quelques slams dans la foule, et comme on s’y attendait, ce fut le show le plus sauvage de la journée, voire même du festival. Pour nous faire atterrir en douceur et conclure cette fabuleuse édition 2013, le concert de clôture était dévolu aux Danois de Causa Sui et leur Acid Space Rock instrumental. Très bon choix de groupe très représentatif du son Freak pour nous achever en beauté. Sur fond de projections psyché, la musique  est très introspective, planante,  et le public navigue dans la stratosphère accroché aux riffs de la guitare ou aux notes du clavier. Un long set qu’on aurait voulu voir s’éterniser encore, ne serait ce que pour prolonger, pour quelques temps la magie du festival. Trois jours intenses qui sont passés si vite et qu’on aurait voulu voir continuer à l’infini tant on s’y sentait bien, comme à la maison. Entourés de ceux que l’on aime, en famille. La grande Freak Family . Ce fut dur de quitter nos amis, les nouveaux et ceux que nous avions retrouvé la bas. Et c’est le cœur lourd et la tête remplie de souvenirs inoubliables que nous sommes rentrées au camping pour une dernière nuit en faille spatio temporelle. Nous reprîmes le chemin de la France le lendemain matin avec dans le ventre tout un flot d’émotion qu’il ne nous restait plus maintenant qu’à vous faire partager en mots et en images. Chose faite avec ce Live Report ainsi que les photos reports des trois jours que nous vous mettons en lien ci-après. Nous tenons à remercier tout particulièrement les organisateurs, Rock Freaks, ainsi que l’ensemble des bénévoles pour la qualité de leur organisation, leur dévouement et leur gentillesse Je n’ai que deux mots à ajouter : Deutsche Qualität ! Cette deuxième édition fut un immense succès, tant au niveau de la qualité de la programmation que de la fréquentation. Personnellement mon meilleur festival à ce jour. Peut-être bien que dans vingt ans il y aura ceux qui pourront dire « j’y étais ! «  et il y aura les autres … Amateurs de bon vieux son des 60/70, si l’occasion vous ai donnée, n’hésitez pas à faire le voyage pour la prochaine édition 2014 dont les dates sont déjà posées, vous ne serez pas déçus. N’hésitez pas non plus à aller écouter les groupes dont nous avons parlé ici, tous ont une actualité chaude, des albums tout juste sortis ou à venir et nous vous garantissons là aussi la qualité. Top de nos reporters

Val

Tessa

Meilleurs concerts Stoned Jesus Naam Uncle Acid & the deadbeats Asteroïd Stoned Jesus
Meilleures Découvertes Radar Men From The Moon Pyramidal Radar Men From the Moon Mamont
Meilleurs visuels Stoned Jesus Orange Sunshine Katla Orange Sunshine
Pour compléter ce report, vous pouvez découvrir le Freak Valley Festival en Image en cliquant sur les liens ci dessous - Galerie Photos 1er jour 30/05/13 - Galerie Photos 2eme jour 31/05/13 - Galerie Photos 3eme jour 01/06/13

5 thoughts on “Live Report Freak Valley Festival 2013

  1. Original la synthese du report avec vos avis croisés.
    Vous avez bossé comme des dingues, super report !!

  2. Juste en vitesse pour apporter une correction, Nightstalker viennent de Grece, non de Roumanie !
    Je reviendrai lire l’article au complet dans quelques jours, je n’ai eu le temps que de le survoler !

  3. Bravo pour votre report ! Je commente pas souvent mais là ça m’a mis encore plus vert ne pas y être allé :/ C’est vrai que la prog était géniale, que des supers groupes qui assurent sur ce cette scène heavy/stoner/psych qui monte de plus en plus !

    J’espère y allait l’année prochaine, en plus Jens l’organisateur est vraiment quelqu’un de très sympa (comme tous les stonerheads remarque :D )

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