Les temps forts du Sonisphere (I)

Jour 1

Amon Amarth

 Un grand viking blond comme les blés, corne à boire à la ceinture, growle et cours sur scène. Celle-ci a été ornée d’une moitié avant de drakkar, la proue à dragon tournée vers la foule. Voila qui a du être un sacré casse-tête pour le staff technique ! Ce n’est pas un décor en carton mais une véritable plate-forme surélevée d’un bon mètre, reliée à la scène par des escaliers. La batterie y a été installée, et on aperçoit des mèches blondes voltigeant dans tous les sens et de grands mouvements de baguettes. Chanteur et guitaristes y passent en courant ou se campent fièrement à la proue !

Dominant la mer de bras levés comme s’il s’agissait des eaux tumultueuses de la Baltique, on croirait des guerriers à la recherche d’une nouvelle terre à piller, ou les marins de Leif Ericson en route pour le Vinland ! (En l’occurrence c’est plutôt Beerland)

En tout cas, les musiciens sont en grande forme. Le chanteur est particulièrement déchainé et court d’un bout à l’autre de la scène. Les hits du groupe s’enchainent. Destroyer of the Universe, Live for the Kill… Au fait, la foule sait-elle que leur nouvel album, Deceiver of the God, est sorti ? Bien sûr qu’elle le sait. La voile du drakkar tombe, révélant alors sa pochette en fond de scène : Odin sur son char lançant sa foudre contre un ennemi ! Et c’est le moment de jouer le titre éponyme…

Le show se conclut sur Twilight of the Thunder God  et Guardians of Asgaard. Si l’esprit du fest n’est pas vraiment au folk-pagan, la qualité et la puissance de leur black metal mélodique semble avoir largement conquis les spectateurs.

 

Motörhead

 Et maintenant, le point d’orgue de la journée et l’un des moments forts du festival. A voir la quantité de chapeaux de cow-boys, beaucoup de gens sont là uniquement pour eux.

Quelques notes de guitares, et la voix rauque et inimitable de Lemmy Kilmister s’élève et remplit les coteaux lorrains. Pendant que les premières mesures de  I Know How To Die retentissent, la foule est tétanisée.

Le set est d’une grande puissance. Il n’y a là trois hommes sur scène mais ils tiennent toute la foule. Un groupe totalement mythique, une journée magnifique.

Les titres s’enchainent sans interruptions. Vingt albums, presque quarante ans de rock !

Parfois, entre deux titres, Lemmy prend la parole. Le contraste est étonnant : quand il chante, il a toujours la même voix. Mais quand il parle sa voix est cassée, enrouée, presque un murmure. Comment fait-il pour chanter de cette manière ! C’est là que l’on se rend compte qu’on a affaire à un homme âgé. Que, bien que cela ne se voit pas, il aura soixante huit ans cette année. Soixante-huit ans ! Un peu plus que Tony Iommi  ou Ozzy Osbourne… Et il les fait beaucoup moins ! Imperturbable, il semble toujours égal à lui-même. Peut-être, tout simplement, a-t-il accepté plus rapidement que d’autres de laisser filer les dernières miettes de sa jeunesse… Peut-être, tout simplement, n’a-t-il pas l’air vieux parce qu’il a accepté de vieillir.

Un long solo exécuté par Phil Campbell sera le seul break du show.

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Deuxième jour.

Megadeth

Clairement, il s’agit de l’un des shows les plus attendus du jour. Dave Mustaine est là, cheveux blonds au vent, bien décidé à ne pas laisser la troisième place à Slayer…

Sur la scène, trois écrans ont été installés. Pendant que le groupe se met à jouer Trust, ils se mettent à diffuser des images par flash. Ils le feront durant tout le concert. On peut voir, tour à tour, des attaques de zombies, des images de la deuxième guerre mondiale, des scènes de la guerre du Golf… Des avions, des drones, des missiles ; des scènes d’émeutes, de charges de police… A fond dans l’esprit trash. Tout comme la playlist, calibrée pour la scène.

Countdown to Extinction, A Tout Le Monde, Symphony of Destruction… Toutes les grandes chansons composées par ce groupe qui eut une histoire tourmentée, mais semble aujourd’hui revenu au sommet.

En tout cas, il se donne à fond. Le chant de Dave Mustaine est malheureusement un peu écrêté – le matériel n’arrive pas à le suivre dans les aigues. Leur mascotte, Vic Rattlehead, vêtu pour l’occasion d’un costume-cravate, vient évidemment faire un tour sur scène le temps de saluer ses vieux amis, mais ne s’attarde pas.

Un long solo, un rappel, et le concert s’arrête là, longuement applaudi.

One thought on “Les temps forts du Sonisphere (I)

  1. Des pointures tu as vu !! Pas forcement mes groupes favoris mais à voir sur scène cela a du être précieux. Super report !

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