Alice In Chains «The Devil put dinosaurs here»

A la mort de Layne Staley en 2002, beaucoup pensaient que s'en était fini d'Alice in Chains. Jerry Cantrell avait entamé une carrière solo plutôt honorable avec deux albums plutôt réussit, mais il manquait quelque chose pour sonner comme Alice in Chains ; une deuxième voix pour compléter la sienne. Toute la magie reposait sur cette superposition des chants qu'opéraient Jerry & Layne. A la tierce ou a la quinte selon l'humeur : mélancolique, mélodies dérangeantes, dissonantes, des guitares grasses et puissantes, une basse ronde, voilà la recette de ce groupe de Seatlle, né dans le même berceau que Soundgarden, Nirvana ou Pearl Jam.

L’ingrédient manquant trouve un substitut en la personne de William Duvall (ex chanteur de Comes with the fall), et c'est en 2005 que le groupe réapparait sur scène, avant de pondre en 2009 Black give way to blue, un album sombre et lourd.

 

Quatre ans plus tard (l'attente fut longue) Alice remet le couvert avec Devil put dinosaur here un album encore plus aboutit, moins dark, mais peut être plus introspectif.

En ce début d'année nous avons eu droit a une mise en bouche sur internet avec les deux très jolies clips de Hollow et Stone qui avaient placé le niveau de l'album assez haut, mais le titre éponyme de ce LP rentre dans le peloton de tête sans forcer ; il y a quelque chose de dérangeant dans ses mélodies chantées a deux voix, et ce thème créationiste qui théorise sur le fait que c'est le diable qui a mis les dinosaures là (pour détourner l'homme de dieu, selon les sources), et que Jesus n'est pas un pédé... ? Un sujet original et malsain à souhait qui nous touche moins nous occidentaux car les fondamentaux de ces mouvements sont beaucoup moins légion chez nous que outre atlantique... Le reste de l'album est un peu moins fort, mais tout aussi intéressant, un titre plus folk comme Voice dans la tradition du groupe depuis S.a.p., ou Lab Monkey dans lequel on retrouve des sonorités de guitare utilisées à l'époque des premiers albums. Scalpel qui fait penser à la période solo de Jerry et d'autres chansons dans la tradition du groupe. La surprise étant Phantom Limb, le morceau le plus metal de l'album, digne de leur tout début, voire du premier opus, et chose étrange ; c'est le seul titre pour lequel Duvall est crédité en tant que compositeur, hors, il n'y a qu'a écouter son ancien groupe pour s'en dissuader. Mystère !

Pour résumer, un album mélodico-mélancolique et riche en émotions auditives que les convaincus adoreront, et que les sceptiques devraient se donner la peine d'écouter. Car là où Staley était plus nasillard, Duvall la joue plus mélodique, mais l'esprit est là !  Quand au lead vocal, il est la plupart du temps géré par Jerry Cantrell, qui déjà du vivant de Staley en assurait une grosse partit sur les derniers temps. Il n'y a qu'a écouter l'album éponyme, ou le live MTV unplugged pour s'en rendre compte

4 thoughts on “Alice In Chains «The Devil put dinosaurs here»

  1. Tout à fait d’accord avec cette chronique ! En particulier sur le fait que Duvall a su maintenir l’esprit en étant plus mélodique. Du travail de pro quoi !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>