Le Hellfest 2013 sous la Valley Tent

Solstice d’été, pleine lune, cette année le Hellfest avait réuni de bons éléments pour la Grand-Messe annuelle. Mais on va dire que c’était pure coïncidence … deuxième édition sur le nouveau site et quelques changements, ajustements, par rapport à l’an dernier. Avec par exemple, une grande zone restauration, la Warzone en plein air, et une plus grande tente pour la scène Doom/Stoner Sludge. Au vu de la programmation de cette année, le campement pendant les 3 jours sous la Valley Tent allait encore être pour moi de rigueur. A chacun son festival, tout le monde y trouve son compte, et comme plus de 110 000 personnes  j’attendais l’évènement fébrilement. Trop heureuse de retrouver la « maison » et la « famille » . Comme l’an dernier, l’honneur d’inaugurer le festival sous la Valley Tent revient à un groupe Français, Seven Weeks, les Limougeauds qui montent qui montent dans le cœur des Stoner. Malgré l’heure matinale, la première chose frappante est le nombre de spectateurs déjà présent devant la scène. Acclamés dès leur arrivée sur scène, banderole de soutien déployée dans le public, les fans se sont levés tôt, c’est clair. Depuis 2011, et l’album « Night of the living Dead » le power trio de base, s’est transformé en quatuor avec l’ajout d’un clavier, en la personne de Manu Costa, un vieux de la vieille de la scène française. Devant l’accueil chaleureux qu’ils reçoivent, les garçons mettent le paquet, se donnent à fond et nous servent un set énergique qui fait la part belle à leur dernier album, Carnivora sorti en mars dernier. Un énorme final sur leur fabuleux « Four Again » issu de l’album “ Plays Dead of Night ». Acclamation du public et très bonne entrée en matière sous la Valley Tent.  Je ne fis pas le concert suivant d’Eagle Twin, pour cause d’appel du ventre, et désir d’explorer un peu le site. De loin en mainstage j’entends du « branlage de manche » qui ne me donne pas franchement envie d’aller voir plus avant, et de l’Altar Temple sort un chant sale et de la double pédale, qui me donne pas plus envie non plus, donc retour à la « maison » d’où sort des accords goutus, Bison . venaient de commencer, je presse le pas pour revenir dare dare écouter ça. Et de fut la grosse claque et assurément le groupe « découverte » pour moi de cette édition. Le public s’est encore étoffé depuis mon escapade et est scotché par le bon gros Heavy Sludge bien gras des 4 Canadiens. Musicalement, un troupeau de bisons à la charge est l’image qui me vient directement tellement ils dégagent une sacrée énergie sur scène et cela ira crescendo jusqu’à un final totalement hallucinant où le bassiste massacra sa basse sur le sol, la réduisant en morceaux qu’il distribuera ensuite au public ravi et conquis par leur prestation. Les suivants, Black Cobra étaient très attendus par la frange « plus Crust » du public. Deux seulement sur scène, guitare/chant et batterie, mais le duo envoie du lourd et est bien plus puissant que certaines formations à 4 ou 5 musiciens. Le guitariste fait le show devant un public de dreadeux déchainés et d’autres totalement scotchés par la déferlante sonore. . Premiers slams et pogos de la journée dans le pit. Le set est sauvage, bourrin, genre marteau pilon de gros Crust dévastateur. Après le set j’avoue avoir eu besoin d’autre chose, comme un petit sentiment d’overdose sonore. Changement de tente et changement de style, je voulais voir le set d’Evoken sous l’Altar et, pour le coup le changement fut radical . Sur scène, 5 mecs très « straight », costumes de ville noir, visages fermés, voire haineux qui nous délivrent un Doom Death pesant, malsain et oppressant, très ambient grâce à l’appui d’un clavier aérien . Le chant quant à lui est très Death. Le bassiste est impressionnant, il fait le show sur scène , déverse sa haine avec fureur en martelant sa basse avec une tête de « Grumpy Cat » chauve à faire peur. L’aspect stoïque de l’ensemble rajoute au caractère oppressant de la musique, et incite à plonger plus profondément dans la musique, une sombre invitation au voyage, ma foi fort sympathique. Souhaitant rester dans une ambiance introspective, je restais sous la tente pour le concert d’Aura Noir , délaissant encore pour un moment la Valley Tent et Black Breath, trop Crust à mon gout, qui jouaient en même temps qu’eux. Je fus agréablement surprise par ce trio Norvégien et leur Black Thrash énervé. Un set énergique et péchu.  Déjà la fin d’après-midi et retour sous la Valley Tent dont je ne décollerais plus, enchainant tous les sets. Et pour commencer la journée, allait se suivre 3 Doom Bands venus des States et non des moindres … et comme mise en bouche, ou mise en bière, c’est selon,  un quatuor plantigrade barbu , Pallbearer. Dès les premiers accords, c’est clair, c’est lourd, trèèèèès lourd ! Du pur Doom old School bien pesant, si pesant même qu’assez vite je me suis installée à terre pour profiter de la musique, le cul au sol, la tête dans l’espace. Sur fond de rythmique profondément Doom, de belles envolées de guitare, soutenues par un chant clair, voire même cristallin à certains moments. Belle découverte. Peut-être ai-je aussi succombé à l’appel du sol pour prendre des forces pour le groupe suivant Black Pyramid, que j’attendais de revoir avec impatience depuis leur passage au Desertfest à Londres l’an dernier.  Grand bien m’en a pris car je me suis déchainée à ce concert, excellent, qui explora l’ensemble de leur disco avec un final en apothéose sur le fabuleux « Vision Of Gehenna » qui a déjà à mon sens sa place les annales du Heavy Doom . La formation est rodée, plus à l’aise même que l’an dernier je trouve, et se donne à fond pour nous livrer un set énergique avec une  section rythmique bien lourde, des mélodies ritournelles bien Heavy qui vous rentrent dans le crane et une voix qui sent bon le Jack, non vraiment un bien bon concert. nous apprendrons quelques jours plus tard par message de remerciements sur leur page Facebook que le groupe se met en stand-by pour au minimum le reste de l’année, afin de se concentrer sur leurs autres projets personnels et notamment pour Darryl le guitariste et Gein, le bassiste, la préparation d’un album de leur nouvelle formation « the Cimitar » . Venions-nous alors d’assister au chant du cygne  de Black Pyramid ?  Ils assurent que non … nous espérons qu’il n’en sera rien. En tout cas ce soir ils nous avaient bien chauffé et nous étions comme des piles électriques car un des évènements les plus attendus sous la Valley Tent de cette édition 2013  allait suivre, la première tête d’affiche de cette première journée, le célèbre trio américain Sleep, référence ultime du Doom Stoner actuel. Leur venue sur le vieux continent est rare, les plus chanceux des festivaliers auront eu l’occasion de leur voir sur scène deux semaines plus tôt à Paris dans le cadre du festival « La Villette sonique » et leurs échos enthousiastes nous faisaient langui que davantage. Et quel show que ce fut que ce concert de Sleep ! Une claque certes attendue, mais monstrueuse, avec d’entrée de jeu un « Holy Mountain » qui a mis tout le monde d’accord, faisant entrer le public dans une transe oscillatoire qu’il ne quittera plus jusqu’au final eargasmique conclut par Dopesmoker. Quel bonheur de pouvoir vivre en live les voyages qua sont Dragonaut ou autre « from beyond », les yeux rivés alternativement sur le jeu si personnel et hallucinant d’Al Cisneros, le bassiste, et la puissante énergie de Matt Pike, le guitariste. Un pur moment de bonheur donc qui nous a laissé le sentiment d’avoir vécu le meilleur show de ce Hellfest et qu’après cela il serait très très difficle à tous les suivants d’égaler cette extase auditive. Et pourtant …. La suite du festival nous réservera encore des surprises, mais nous en reparlerons en son temps. Pour l’heure c’était à Neurosis, pilier fondateur du Post Hard Core Ricain, de clôturer cette première journée. Egalement présents à La Villette Sonique, leur prestation au Hellfest était attendue elle aussi avec intérêt. Dur pour moi de rentrer dedans tant je n’arrivais pas à redescendre de Sleep, je ne pus le faire que par moment, quand l’intensité et l’émotion dégagée par le groupe était la plus forte, et naturellement sur les morceaux que je préfère ou que je connaissais, comme « Times of Grace », « At the Well », et autre « Locust Star ». Mais ce fut tous leurs grands classiques qui furent joués ce soir. Malgré ma difficulté à rentrer dedans, certainement dû également à la fatigue, ce fut un excellent show et un excellent choix pour finir en beauté cette première journée. Rompue mais satisfaite, je rentrais au campement prendre un repos salvateur. Encore deux jours d’émotions intenses à venir, autant, ménager la bête, elle n’a plus vingt ans ! - 2 eme jour - Samedi 21 juin Autant le dire de suite, je n’étais pas pressée en ce samedi car la programmation de la matinée ne m’emballait pas et comme le temps était morose, j’ai pris mon temps pour rejoindre le site. Mais je n’ai pu quand même échapper au crachin Nantais et c’est malgré tout humide que je retrouvais l’abri de la Valley Tent pour mon premier set de la journée : Uncle Acid & the Deadbeats. Une des grosses révélations Stoner psyché de ces dernières années. Un évènement en soi puisqu’il s’agissait ni plus ni moins de leur première apparition live en France. Autant dire que le Tonton était attendu… Personnellement je les avais vu un mois plus tôt en Allemagne ( cf report Freak Valley Festival) et il me tardait de revivre l’expérience. Arrivée bien en avance, ma première remarque : la Valley Tent est déjà bondée en ce début d’après-midi. . Etait-ce dû à l’intérêt suscité par le show ou à l’abri climatique offert par la tente, nous allions bientôt le savoir… Grosse attaque d’emblée avec « I’ll cut you down », histoire de commencer en beauté avec le morceau phare qui les a révélé au grand public. Direct, grosse ambiance dans l’ensemble du  public (donc ils n’étaient pas là pour s’abriter de la pluie ^^). La setlist fera la part belle au dernier album ( Mt Abraxas, Poison Apple, Mind Crawler ) et aux meilleurs morceaux de leur discographie , avec un final en apothéose sur un « over and over again » déchainé. Ce fut un set super énergique et super festif fait de mélodies addictives en diable sur fond de bon vieux Heavy Rock, le tout avec un doublon de voix cristallines totalement jouissives. Excellente prestation que j’ai d’ailleurs trouvé encore meilleure que celle du FVF.  Ovationnés par la foule en liesse qui a dansé tout du long, Uncle Acid a confirmé Live sa qualité.  Quelle magnifique façon de commencer une bonne journée de concerts. Une bonne partie du public est restée posée sous la tente pour attendre le set suivant des suédois de Witchcraft. Configuration originale, la batterie est installée à droite de la scène, tous les musiciens jouant donc sur le même plan. Le batteur a l’air d’un hippie, s’installe et fait bruler de l’encens à ses côtés. Et c’est parti pour cinquante minutes de bon Heavy Doom classique, Ça sonne très heavy 70, c’est entrainant et lourd comme du Led Zep qui aurait mangé du Black Sab. On ne peut s’empêcher de penser également à Pentagram . Les lascars sont très présents sur scène. Tous font le show et personne n’est en retrait malgré le fait qu’ils soient 5.  le chanteur est totalement possédé et en fait 3 tonnes devant un public nombreux. Un show bien sympathique mais tirant un peu la patte sur la longueur. Dès la fin du set, je filais rapidement vers la mainstage 1 et la première grosse pointure de la journée : Down. Quelle folie que ce concert, entre un Phil Anselmo qui fait  le pitre comme à son habitude et se blesse au front a force de se taper dessus avec son micro, une set list impeccable explorant toute la scène Nola et la venue sur scène de Guests prestigieux comme Jason Newsted et … Matt Pike de Sleep ! Un hommage fait à Clutch qui a annulé en dernière minute sa venue pour cause de décès dans leur famille et annonce au public qu’il feront un set exceptionnel le lendemain en remplacement. Dommage pour Clutch que beaucoup attendaient, mais retrouver Down sous la Valley pour un concert plus « intimiste », n’était pas pour me déplaire. Grosse ambiance dans le public pendant tout le show, et  beaucoup de tension dans la sécurité qui est sur les dents face aux nombreux slams qu’ils réceptionnent. Le temps de revenir à la Valley Tent , le set de Karma To Burn avait déjà commencé. Et là, le choc. Mais où est Rich, le bassiste ? Sur scène seul William, le gratteux et le nouveau batteur Evan Devine sont présents…. Parmi les journalistes, personne ne sait ce qu’il en est. Bon, ils joueront en duo, soit. Mais malgré toute l’énergie que met William pour occuper le terrain, il manque gravement la basse (et c’est sans compter sur la présence charismatique de Rich). Du coup, à devoir jouer sur tous les tableaux, William a du mal et l’ensemble est brouillon. Dommage car à la base leur Stoner instrumental est excellent, mais prévisible. Grosse déception pour moi de ce Hellfest 2013. Avec en plus un mauvais point bonus pour la non information. Est-ce la fin de K2B ? Possible … Pas de nouvelles d’eux sur leur site ou leur facebook depuis. Leur tournée continue, mais toujours sans Rich. Depuis le départ l’an dernier de leur batteur Rob, largement du à des problèmes financiers avec Rich justement, qualifié par lui d’escroc au caractère insupportable, le groupe semblait végéter… à suivre. Seule fausse note jusqu’à présent sous la Valley Tent , mais qu’à cela ne tienne, la suite allait nous la faire vite oublier. Et la suite, pour l’instant c’était les joyeux lurons de Red Fang. Le public nombreux sait que cela va être festif et trépigne d’impatience. Ils attaquent d’entrée de jeu dans le gros Stoner bourrin avec « Bird on Fire ». Tellement bourrin que le bassiste en pête sa corde de mi ce qui fait beaucoup rire ses acolytes. Comme on s’y attendait ce fut un show avec une énergie folle devant un public déchainé et pas mal de slams sur leurs morceaux les plus connus, comme « Hank is Dead », « Wires » ou encore l’énormissime « Prehistoric Dog » qui clôtura magistralement le set. Red Fang le groupe qui met la pêche et la banane …. Et qui m’a ouvert l’appétit. Il était temps pour moi de me restaurer solidement pour la première fois de la journée, chose nécessaire pour affronter la soirée qui n’annonçait énorme. Et tout d’abord avec un set exceptionnel à plus d’un titre, celui de Manilla Road première tête d’affiche de ce deuxième jour sous la Valley Tent. . Depuis plus de 30 ans, Mark Shelton et ses acolytes œuvrent pour le dieu Heavy Metal, et sans pour autant avoir reçu le succès commercial de beaucoup, ils n’en sont pas moins devenus au fil des ans un groupe de référence dans le cœur des érudits du Heavy Epic old School. Leurs apparitions en France sont très rares et il était hors de question pour moi de louper un instant de cette occasion de pouvoir enfin les voir sur scène, moi qui suis fan depuis quasiment leurs débuts. De plus, suite à la défection de Master of Reality, ils avaient proposé de rallonger leur set, donc on allait avoir droit à 1 h 30 de show, un luxe sur un festival ! Une bagatelle pour Mark Shelton qui avait fait au Metal Assault  en février dernier un show de 3 heures pour fêter les 30 ans de leur album « Crystal Logic »   … Les papys ont de la ressource ! Et quel concert que ce fut ! J’en ai encore des frissons sur les bras.  Intro avec « Only the Brave » issu de leur dernier album « Mysterium » sorti en début d’année puis plongée directe par la grande porte dans l’essence même de Manilla Road avec « Open the Gates » et c’était parti pour une bonne leçon de Heavy, une culotée de première, mise à tout le monde par Maitre Shelton, virtuose du manche et véritable show man. 30 ans plus tard, pas une once d’énergie de perdue, vaillants comme aux premiers jours, Manilla Road mérite bien la place qu’on lui donne sur le podium du panthéon du Heavy Metal, c’est clair. Une setlist variée couvrant l’ensemble de leur carrière avec des points d’orgue comme « Witches Brew » « Mystification », « Crystal Logic » ou encore « Necroplolis » sur laquelle ils finiront le show et une belle communion avec le public, de quoi placer ce concert parmi les meilleurs de ce Hellfest 2013. Après le set de Manilla Road, je fis une infidélité à la Valley Tent pour aller sous l’Altar voir une partie du set de Candlemass que je n’avais jamais vu sur scène non plus. Le concert était déjà bien entamé, mais je voulais une autre dose de nostalgie avec l’un des autres piliers de mes années 80, revivre l’effet qu’un Epicus Doomicus Metallicus m’avait fait. Perdu …. Autant avec Manilla Road l’émotion et l’énergie était intacte, autant avec Candlemass, je n’ai pas ressenti grand-chose. Peut-être fut ce dû à la part belle faite aux morceaux issus de leur dernier album, je ne saurais dire, mais même des morceaux excellents comme « Bewitched », « Emperor of The Void » ou l’inévitable final sur « Solitude » ne m’ont pas fait vibrer plus que ça. A moins que « l’effet Mark Shelton » ait eu sur moi une persistance qui rendait la suite trop fade … possible. J’ai bien peur qu’il faille que je revoie Candlemass dans d’autres conditions, pour infirmer ou confirmer mes impressions. Comme la veille avec Neurosis, la clôture de journée sous la Valley Tent était dévolue à un groupe de Post Hardcore introspectif, Cult Of Luna. Et encore une fois excellent choix et encore un set fabuleux sous la Valley. une méchante claque , un voyage jouissif dans les profondeurs de l’espace infini . Cult Of Luna , un soir de pleine Lune, une véritable expérience mystique même je dirais ! Sur scène une ambiance très sombre et brumeuse, bleutée et lunaire. Des musiciens assez statiques au jeu de scène limité mais totalement dans leur trip, pas de communication avec le public. Mais la communion est là, dans la musique, juste dans la musique, qui nous harponne dès les premiers accords de «  the weapon » et ne nous lâchera qu’aux derniers de « In wave of » . Un voyage « Vertikal » qui explorera les trois derniers albums, mais essentiellement le dernier, l’excellent « Vertikal » justement. Un très grand moment encore de ce Hellfest 2013 et c’est, à la fois vidée et comblée que je rentrais au campement, souriant béatement à la lune qui guidait mes pas dans la nuit. 3eme jour Dimanche 23 juin Jusque-là ce Hellfest tenait toutes ses promesses et l’affiche de ce 3eme jour était bien alléchante, donc malgré une nuit courte, pas question de s’attarder au campement de nuit plus que nécessaire. Et si mon campement de jour sous la Valley Tent avait été majoritaire les deux premiers jours, ce 3eme jour il allait être quasiment exclusif, n’ayant prévu d’en sortir qu’en fin de soirée pour un final en mainstage avec Ghost.  Ce dimanche matin donc, le premier set sur ma liste commençait à 11 h 40, et je ne voulais pas le louper. Truckfighters au petit déjeuner, c’est comme manger un Ovomaltine , de la dynamite ! Leur passage au Desertfest à Londres au printemps m’avait fait grosse impression et il me tardait de reprendre une dose de leur Stoner Desert survitaminé pour mon petit déjeuner perso.  Attaque directe avec « Desert Cruiser » , leur morceau le plus connu et à mon sens le meilleur, histoire de réveiller d’emblée le public et c’était parti pour un show énergique et festif . Comme à son habitude le guitariste est un vrai zébulon sur scène, il coure et saute partout, ce qui ravira les plus talentueux et les mieux équipés des photographes, et fera pester les autres (dont je fais partie … le bougre, je l’ai eu quand même en plein vol … flou, mais je l’ai eu !) Une bonne mise en jambe que ce concert ma foi, même si en comparaison le show du Desertfest m’a semblé encore plus punchy (et le Zébulon encore plus déchainé. peut-être était-ce aussi dû au fait que le public était moins nombreux qu’à Londres et qu’il était somme toute encore « tôt » . Changement total d’ambiance et changement de continent pour le concert suivant des allemands de My Sleeping Karma. Et je ne m’attendais pas à prendre une telle claque dès le matin … Mes aïeux quel concert ! un pur déchargement d’ondes positives, un voyage spatial sur un tapis volant qui morceau après morceau éveille un à un nos shakra. Pour nous mener à l’extase audiorgasmique. Leur Stoner Pysché , largement instrumental est spatial, introspectif et planant tout en étant puissamment énergique. Leur univers est explicitement orientalisant et trippant à l’images des visuels dont certains étaient présents dans le décor ou des titres joués ce soir ( ahimsa, ephedra … ) Sur scène les mecs sont radieux, souriants et dégagent vraiment de good vibes. Le public très nombreux est heureux, sourire bloqué. Encore une fois nous venons assurément de vivre un des grands moments de ce Hellfest 2013 sous la Valley Tent. Embarquement pour la suède pour les deux concerts suivants, Graveyard et Spiritual Beggars . Avec Graveyard, on revient à un bon gros Heavy Stoner bien old School, Le son est d’emblée très fort . Les (charmants) suédois de Graveyard nous ont livré un set bien pêchu, carré où j’ai noté  de belles envolées de guitares, mais au final, je ne fus pas emportée et transcendée par leur musique. Ce qui ne fut pas le cas du show de Spiritual Beggars qui lui par contre m’a emballé ! Quelle fraicheur ! Michael Amott, le charismatique lead guitar s’éclate, joyeux, prend visiblement un plaisir fou dans son slide Project et je trouve qu’il est même plus à l’aise que dans Arch Enemy, son groupe « principal ». une setlist « classique » avec « Left Brain Ambassador » en entame et un final hallucinant avec l’enchainement de longues jams sur « Blind Mountain » et « Euphoria », pendant laquelle le groupe fait chanter le public en transe, final qui n’en finit pas de finir à notre plus grand plaisir. Grosse ovation du public.  Ce fut un show extrêmement festif avec un putain de groove, des grattes acérées un clavier à la Deep Purple très présent, et une super interaction avec le public. Le show a ravi à la fois les amateurs de Stoner et ceux de bon vieux Heavy Rock Seventies, et ce fut pour moi un bien bon concert. Retour aux States avec le set suivant de The Sword, mais on reste dans la veine Heavy Rock seventies que pour les deux précédents, par contre le show m’a semblé moins énergique, ou alors je commençais à me lasser parce que sur album j’apprécie pourtant leur musique plus que là. Il m’a semblé aussi qu’il y ai eu quelques problèmes de balance en début concert , les vocaux semblaient trop en retrait. Le public était  nombreux, mais au vu des T Shirt arborés ci et là, pas mal avaient l’air d’être là en avance, histoire d’être bien placés pour le concert suivant …. Le show improvisé à l’arrache de Down en remplacement de Clutch.  L’ambiance est fébrile pendant le changement de scène sous la Valley qui rapidement est pleine à craquer. Ambiance fébrile aussi du côté de la sécurité qui s’est largement renforcée et qui semble un peu sur les dents. Consignes particulières pour les photographes présents. C’est clair, tout le monde s’attend à un évènement de grande envergure. Phil Anselmo nous avait annoncé la couleur la veille, cela allait être exceptionnel, donc pas question de rater ça. Ce le fut ! Et ô combien ! Le genre de concert que les fans inconditionnels de la scène Nola n’ont jamais vu jusqu’à présent et que l’on ne reverra certainement pas de sitôt. Heureux nous autres qui pourrons dire plus tard « j’y étais ! ». Dès l’entrée en scène du groupe, un spectateur du premier rang tend un énorme bang à Phil, qui l’attrape et tire deux grosses bouffées d’entrée de jeu sous les yeux ravi du public mort de rire. C’est bon, on est parti pour du grand n’importe quoi, ça va être la fête. Phil nous avait également dit la veille qu’ils joueraient aujourd’hui uniquement des morceaux et cover inédits sur scène, parole tenue. Nous n’avons pas eu le droit à un concert de Down , mais réellement à un pur hommage à la scène Nola. Début de Set avec 2 inédits de Down effectivement, puis ce fut le Florilège, reprises de Eyehategod, Crowbar, Corrosion of Conformity, Jason Newsted venant encore en guest sur un morceau. Le public est déchainé, aux anges. Les slams s’enchainent. On sent bien que le concert s’est décidé à l’arrache et que c’est avant tout une grosse jam cadeau pour les festivaliers. Anselmo, qui pendant tout ce Hellfest se fera remarqué un peu partout sur les scènes et en dehors parait un peu fatigué, et ce n’est pas le gros bang pris dès le début qui a du arranger la sauce, et il se donnera moins que la veille. Il chante deux morceaux et passe le relai avant de revenir plus tard au chant. Pas de blessure aujourd’hui, les coups de micros sur la tête de la veille ont du le calmer aussi. Très grosse ambiance donc pour ce fabuleux concert qui verra son paroxysme aux  premiers accords de « walk » de Pantera. Un final rêvé, obligé même oserais-je dire et tant espéré par le public. C’est une véritable vague d’acclamation, l’ensemble de la Valley Tent saute et danse aux rythmes de ce véritable hymne Nola, et c’était juste grandiose. Grand moment de cette décidément excellente édition 2013, c’est clair. Rompue, hachée menue, mais heureuse, je m’écroulais au sol pour un long sitting sous la Valley, sur le côté de la scène, histoire de reprendre mes esprits. De toute façon, la suite de mon programme se passait encore ici pour un bon moment. Je restais d’ailleurs ainsi posée avec des amis pendant tout le set de Danzig. « Relégués » sous la Valley Tent, ceux-ci étaient initialement prévus en clôture de festival sur la mainstage 2. Mais nous apprîmes la veille un autre changement de dernière minute (décidément), Ghost ne jouerait pas sous la Valley Tent mais permuterait avec Danzig. Stratégie ? Problème ? Surprise prévue d’avance ? Je ne sais, mais personnellement cela ne m’arrangeait pas , car non seulement je n’avais pas prévu de voir Danzig, mais cela voulait dire que j’allais devoir faire un choix draconien pour ma clôture de festival , ayant initialement prévu de finir avec Swans … bref. Comme les autres concerts du même créneau ne m’emballaient pas plus que ça non plus ( Lordi, Marduk), autant rester là et se reposer pour être d’attaque pour les derniers concerts . Le set de Danzig, vu de loin , par temps de brouillard, (d’où j’étais assise je ne voyais quasiment pas la scène et le spectacle visuel du groupe, donc la dessus , je ne pourrais pas juger, ça m’avait l’air assez granguignolesque et farfelu mais sans en avoir l’essence) ne m ‘a en tout cas pas donné envie de me relever pour profiter vraiment du concert. Pas de quoi s’en relever la nuit quoi. Musicalement on a eu le droit à une sorte de rétrospective de carrière, classique et style très variés, allant du Classic Rock au bon gros punk en passant par des ballades limites pop. Le public, nombreux a l’air content. Ne possédant malheureusement pas le don d’ubiquité, je décidais finalement de ne pas faire de jaloux et de scinder mon final personnel en deux. Je restais donc encore pour un moment sous la Valley pour le début du concert de clôture. L’an dernier, le Hellfest avait misé sur un groupe on ne peut plus expérimental pour le final sous la Valley Tent avec les rois du Drône, Sunn O))) et cette année encore le choix avait porté sur un groupe expérimental, des légendes du Post Punk barré, les New Yorkais de Swans. Grand bien leur en a pris ! Autant le dire de suite, vivre l’expérience Swans n’est pas de tout repos. Leur musique est éprouvante, introspective, fait de longues plages aériennes ultra minimalistes parfois à la limite du drône et de déferlements brutaux, assourdissants à la limite de la cacophonie. L’auditeur est bousculé jusque dans ses tripes, chahuté d’un univers émotionnel à un autre, sans préavis. Si vous apportez une résistance, l’ensemble pourrait vous paraitre trop chaotique, difficile d’accès, mais pour peu qu’on lâche prise et que l’on s’ouvre à leur univers, l’expérience est un pur ravissement pour les sens. Sur scène, une formation à 6 musiciens, dont deux percussionnistes, avec comme chef d’orchestre, Michael Gira, à la guitare et au chant. Et quel leader ! Totalement envouté, son chant et son jeu ont l’art de vous posséder littéralement. D’ailleurs tous paraissent possédés sur scène. Le public, lui, est moins nombreux, doucement doucement les festivaliers se rentrent ou alors peut être changent de scène, mais ceux qui restent semblent littéralement scotchés, beaucoup sont assis, en plein trip. Il fut difficile pour moi d’interrompre l’expérience et cruel de m’arracher de la Valley Tent, tellement je trouvais cela bon, mais je voulais vraiment revoir Ghost sur scène …. Je filais donc en mainstage 2 au beau milieu du concert pour finir mon Hellfest avec eux. Quelle riche idée de clôturer ce Hellfest 2013 par une Grand-Messe ! Un joli pied de nez par la même aux détracteurs et aux diabolisateurs de l’évènement, et mine de rien un joli coup « marketing » aussi. Allons donc danser à la messe ! Car Ghost, c’est avant tout foutrement dansant. C’est un réel contraste entre le visuel blasphématoire de Papa Emeritus et de ses moines acolytes et la musique que je qualifierais de « Heavy Dance » rafraichissant. Etant une grand fan du Blue Oyster Cult,  forcément je ne peux rester insensible à Ghost tant leur influence est présente. On ne peut non plus s’empêcher de penser à King Diamond, ou plutôt Mercyful Fate , tant au niveau des vocaux que du visuel par exemple. Un concert de deux heures durant lequel nous avons eu le droit à quasiment l’intégralité de leurs 2 albums « Opus Eponymous » et « Infestissumam » devant un public très nombreux pour l’heure tardive (et qui aurait eu en effet bien du mal a loger sous la Valley Tent). Mis à part quelques problèmes techniques vers la fin du concert ce fut un show bien festif et bien sympa. Le groupe a pris en envergure et en notoriété depuis leur dernier passage au Hellfest 2011 sous une Terrorizer tent blindée à l’époque et un son que j’avais trouvé moyen moyen. Ils ont pu en mainstage prouver leur valeur, et c’est tant mieux. Déjà 3 jours de passé, déjà terminé ….. C’est toujours un moment assez spécial que la fin d’un festival, chacun est vidé, rompu mais n’a pas envie d’en finir, voudrait que l’instant dure encore et encore …. Et la fête continua pour beaucoup, chacun à son campement, pour profiter encore des amis, des rencontres et de ce formidable rassemblement annuel qu’est le Hellfest ? Tout le monde se donnant bien sur rendez-vous l’an prochain pour une nouvelle édition qui soyons en sur sera encore de très bonne qualité. En ce qui concerne ce Hellfest 2013, je n’ai pas peur de dire que ce fut pour moi mon meilleur à tout point de vue. Qualité de la programmation, shows exceptionnels, ambiance, le top. Dur de redescendre dans le monde réel, mais il faut bien. J’ai trainé la patte jusqu’au lundi après-midi avant de me décider à lever le camp et laisser Clisson derrière moi, mais avec des images, des souvenirs plein la tête qui me feront tenir jusqu’à l’an prochain, enfin j’espère …. Meilleures prestations : - Sleep - My Sleeping Karma - Manilla Road - Cult Of Luna - Down Meilleur groupe « Découverte » : - Bison  Déception : - Karma To Burn Pour compléter ce report, n’hésitez pas à aller jeter un œil sur les galeries Photos des 3 jours dont voici les liens Hellfest 2013 – Photo Report jour 1 Hellfest 2013 – Photo Report jour 2 Hellfest 2013 – Photo Report jour 3

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