Masterplan – Noum Initium

Masterplan n’est pas le genre de groupe qui fait beaucoup parler de lui. Fondé en 2002 par Roland Grapow et Uli Kusch après leur départ d’Helloween, il est resté depuis relativement discret, souffrant de nombreux et récurrents changements de line-up. Le premier, et peut-être le plus dur à surmonter, fut le départ d’ Uli Kusch en 2006. Depuis, le groupe n’a pas cessé de les enchaîner, voyant notamment le départ de leur chanteur, Jorn Lande, en 2006, son retour en 2009 et son nouveau départ en 2012 ! Année qui vit également leur bassiste, Jan S. Eckert, et Mike Terrana qui remplaçait Uli Kusch, quitter le groupe. De la formation initiale ne restent donc que  Roland Grapow, et le claviériste Axel Mackenrott...

Novum Initium a donc été enregistré avec un nouveau line up inédit : Martin Marthus Skaroupka, ex-batteur de Cradle of Filth ;  Jari Kainulainen, ex-bassiste de Stratovarius ; et au chant Rick Altzi, lui aussi un vétéran, entre autre membre de Thunderstone, At Vance, Sandalinas...

Comment progresser et s’affirmer malgré des changements incessants ? Comment réussir à construire une unité et ne pas donner l’impression d’une simple collection de musiciens racolés dans l’urgence et faisant chacun sa prestation de son côté ? C’est une question qu’on peut se poser, et malheureusement un souci récurrent pour les formations ne parvenant pas à rester stable. Et qui se pose donc avec Novum Initium. Le groupe a-t-il réussit à continuer sur sa voie malgré les difficultés, ou s’y est-il englué pour au final produire un album dénué de personnalité ?

Il y a en tout cas une chose qui est claire : la qualité des compositions est là. Riches, variées et servies par une production somptueuse. Très fortement mélodique, avec une grande abondance de clavier mais subtilement dosé, souvent un peu en retrait, de tel sorte qu’il n’empiète pas sur les guitares. Un excellent morceau de heavy mélodique arrivant à équilibrer harmonie et puissance. On notera particulièrement la qualité et la force des riffs de Pray on My Soul ou Black Night of Magic. Quelques chœurs également ça et là, en appuis au chant principal ou en intro.

Le chant malheureusement, est un peu inégal. Rick Altzi est un bon chanteur, il n’y a pas à dire. Sa voix un peu rauque est chaude et accroche l’oreille. Mais il lui manque un peu de flexibilité pour monter dans les aiguës, ou pour descendre dans les basses. Il lui manque parfois, notamment sur Return from Avalon, la capacité à soudainement monter en puissance qui surprendrait l’oreille et ferait d’une bonne chanson un chef d’œuvre. Il excelle sur les passages plus rock ou plus typiquement heavy tels que ceux qu’on trouve sur Pray on My Soul  ou Betrayal, mais il peine à suivre les grandes envolées lyriques de Return from Avalon ou No Escape

Pour autant, il serait injuste de dire que tout est de la faute de Rick Altzi ; ce n’est pas le cas, loin de là. Il a certes ses défauts, mais un compositeur de talent comme celui qui a réalisé Black Night of Magic, s’il avait mieux connu son chanteur, ses capacités, sa personnalité, aurait pu s’adapter à lui et en tirer tout son parti. Ce qui n’est pas le cas ici, où de manière générale les compositions « écrasent » un peu le chant sous leur puissance. Un effet amplifié par cette production extrêmement nette et lisse, dont le revers est de souligner impitoyablement le plus petit défaut.

Au final, un bon album aux parties instrumentales très élaborées et travaillées, mais dont le chanteur serait sans doute plus à l’aise sur du heavy pur jus que sur cette version mélodique tendant fortement vers le power metal. A mi-chemin entre At Vance et Thunderstone, il semble hésiter entre les deux, chercher un juste milieu…

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