Mat Sinner – Back to the Bullet

Si Mat Sinner est essentiellement connu pour son rôle au sein de Primal Fear au côté de Ralf Scheepers et pour la fondation de son autre groupe, Sinner, on a parfois tendance à oublier qu’il avait par ailleurs réalisé un album solo en 1990 ! La réédition de Back to the Bullet par AFM Records permet donc de redécouvrir ce disque un peu oublié.

Il est vrai que 1990 cela commence à dater, et entre temps le gaillard a fait un sacré chemin ! Commencée en 1982 au sein de Sinner avec lequel il a depuis sorti une bonne quinzaine d’albums, sa carrière connut un tournant en 1997, quand il s’associa avec Ralf Scheepers pour fonder Primal Fear, avec les suites que l’on sait. Le succès et la gloire que son propre groupe n’avait pu obtenir furent cette fois au rendez-vous.  Et par la suite Mat continua son chemin, intégrant récemment Voodoo Circle au côté d’Alex Beyrodt et David Readman.

Mais en 1990, quand parut Back to the Bullet, rien de tout cela n’était encore arrivé. Mat Sinner n’était que le leader d’un groupe de heavy metal parmi beaucoup d’autres, se débattant dans les difficultés et les changements de line-up – et d’ailleurs à ce moment là en plein break.

En tout cas, le présent album n’a rien de mélodique : du heavy pur jus, avec un souffle hard rock – rock’n’roll comme on n’en fait plus aujourd’hui ! Des riffs lourds et saturés, exécutés avec maestria.  Ceux de Tear Down the Wall ou Crying in the Wires notamment, méritent d’être cités.

Des chœurs, chantant seulement quelques mots à intervalles réguliers pour marquer un effet de puissance, sont utilisés sur pratiquement chaque titre. La plupart du temps, ils se contentent de scander le titre de la chanson, qui fait office de refrain. Il n’y a que sur Face to Face qu’ils prennent un rôle plus important.

Quand à Mat Sinner, il est l’âme de l’album. Logiquement, son chant a été très mis en avant par la production. C’est SON album, et il y montre tout ce dont il est capable.

On sent un disque à la croisée de différentes époques. Face to Face notamment, avec ses chœurs travaillés, ses solos de guitare claire et un son très propre, sonne déjà assez heay mélodique. Down Under Cover ou Back to the Bullet en revanche, témoignent de l’influence du hard rock des années 90. Et In the Name of Rock 'n' Roll est bel et bien rock’n’roll !

Curieusement, il s’agit plus d’une déclaration d’amour que d’un hymne tel que peuvent l’être We Will Rock You ou Rock and Roll All Nite. Il a besoin du tonnerre des batteries, du grondement des guitares nuit après nuit, même si le chemin est long ! Un titre mi-heavy  mi-rock’n’roll chargé d’une certaine nostalgie, un peu comme si son compositeur semblait craindre que tout cela disparaisse…

 

Globalement, chaque chanson a sa personnalité et son sel propre. Comme la surprenante Crazy Horses avec ses soli imitant des hennissements, et ses riffs un martellement de sabots ! Un titre particulier, où le heavy se teinte d’une touche de psychédélisme en un mélange inédit.

Call My Name a le charme discret des ballades de cette époque. Un amoureux abandonné promettant à sa belle de venir à son secours quand elle « appellera son nom »… Un petit souffle d’Iron Maiden dans l’atmosphère, un petit souvenir de rock psychédélique dans les dernières notes ciselées une à une suivant une ligne improbable…

A noter que Wildest Dream n’a rien à voir avec la chanson d’Iron Maiden, parue treize ans plus tard sur Dance of Death. Celle qu’on a là est plutôt rock, le chant prenant parfois des inflexions à la Cure, sur des parties calmes alternant avec des montées en puissance brutales à la limite du thrash.

Un titre comme Every Second Counts a également un attrait assez particulier. Le chœur scandant « Ooh oh oh oh every second counts » donne une curieuse ambiance, rappelant vaguement le rockabilly et l’insouciance de cette époque, alors que les paroles sont en vérité plutôt sombres… Pas autant il est vrai que celles de Crying in Wires, avec son refrain « overdose, overdose », et la dureté que prend soudain le chant de Mat Sinner.

Au final, on prend plaisir à découvrir ou redécouvrir Back to the Bullet, premier album solo d’un musicien qui n’avait pas encore battit la réputation internationale qu’il a aujourd’hui, mais savait déjà très bien ce qu’il voulait : faire ce qu’il aimait, c'est-à-dire du rock ! Du rock sous toutes ses formes et toutes ses tendances, du rock et encore du rock ! Et c’est bel et bien ce qu’il a fait par la suite.

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