Operadyse – Pandemonium

Operadyse est un jeune groupe de power symphonique originaire de Montpellier qui relève aujourd’hui le défit du premier album. Fondé en 2006 par Damien Marco, la formation a déjà réalisé un EP " Hope Era Dies " en 2009, qui a pu voir le jour grâce à leur victoire à la compétition rock " Duels Rock ".

Encore un petit nouveau dans une scène déjà bien remplie, et lourdement dominée par quelques groupes jouissant soit d’une réputation bien établie (Helloween, Gamma Ray), soit de musiciens supersoniques (Dragonforce, Firewind) ou tout simplement capables de mobiliser des moyens pharaoniques avec orchestre, chœurs d’opéra et une pléiade de guests prestigieux (Rhapsody, Kamelot). Mais cela n’empêche pas que, périodiquement, une nouvelle formation surgisse et sans moyens particuliers, simplement au talent, s’y taille sa place. Il y a, par exemple, le grand-frère Adagio, l’un des très rares groupes français à avoir réussi à s’exporter et – quel heureux hasard – lui aussi originaire de Montpellier ! On souhaite donc à Operadyse de connaitre le même succès, et si possible pas les mêmes difficultés et un line up un peu plus stable.

Premier constat, l’aspect symphonique est particulièrement marqué. L’influence de Rhapsody ou Freedom Call est claire, très claire même, aussi bien dans les paroles des chansons et leurs titres (Celestial Sword, Keeper of the Flame, Fairies Secret Garden, Pandemonium…) que dans la musique : chant à la Rhapsody, longues parties instrumentales symphoniques, chœurs et mélodies classiques-folk… Pas de doutes, on est dans l’Epic Power metal jusqu’au dernier point d’orgue !

Le chant de Franck Garcia rappelle étonnamment celui de Fabio Lione. En plus aigu, plus clair, avec par moment cette sonorité cristalline si particulière, mais une technique de chant assez proche, nettement en rupture avec un chant heavy à la Sonata Arctica. Un artiste à surveiller, qui pourrait bien se révéler une étoile montante de la scène power mélodique française.

Car le fait est qu’il étonne par son talent et son caractère. Il n’hésite pas à prendre des risques dès la première chanson, se risquant dans des passages assez techniques, parfois obligé de forcer légèrement sa voix. Il faut croire qu’il n’est pas dans ses habitudes de détimbrer, car il préfère tenir la note jusqu’au bout quitte à risquer le couac – qui heureusement ne vient pas ! Il lui arrive également de descendre dans les graves, en particulier au début d’Arkanya, où il chante en mode « doux », comme pour une ballade. Il alterne souvent les deux, passant sans transition des graves aux aigues.

Par moment un peu de chant féminin apporte une note de variété. On peut notamment l’entendre sur Arkanya ou The Path, et il assure intégralement la ballade finale, Frozen. Il arrive également qu’une deuxième voix masculine vienne dialoguer avec la première. Sans oublier les chœurs à la Rhapsody saupoudrés ça et là, comme au début d’Unfold Legend.

Bien que dominées par les passages symphoniques, les compositions n’en comportent pas moins de très bons riffs et solos saturés, notamment sur Fairies Secret Garden. L’ensemble est riche, puissant, certaines chansons comme Arkanya évoquant un véritable tourbillon de couleurs. Alternance des rythmes, chants masculins et féminins dialoguant, ambiances finement construites via des morceaux instrumentaux variés et très soignés… L’ambiance épique est au final très peu marquée – un peu plus sur Pandemonium – le groupe préférant développer son propre univers, nettement plus original qu’une énième glorification de la chevalerie.

Les membres d’Operadyse semblent également posséder une impressionnante culture musicale, et n’hésitent pas à caser dans leurs compositions des passages symphoniques élaborés et inattendus, notamment dans Unfold Legend où certaines parties rappellent carrément la musique du XVIIème siècle !

On note cependant, il faut bien le dire, quelques petits défauts de jeunesse. Comme cette intro instrumentale, Rise, brutalement coupée au mixage sur la fin, d’où un faux raccord avec Celestial Sword. Une petite erreur sans importance et facile à éviter mais mal placée, et qui perturbe le premier contact avec l’album – même si par la suite on l’oublie vite. Par moment, les compositions semblent également légèrement moins inspirées, comme si le compositeur avait eu une hésitation passagère. Mais rien qui, au final, ne nuise à l’ensemble.

Au final malgré quelques défauts de jeunesse, Operadyse a réussit à faire quelque chose d’original, et se positionne sur un créneau intermédiaire entre power metal et metal symphonique. Un premier album qui se révèle une bonne réussite et ménage de nombreuses surprises. Un groupe à découvrir et à suivre !

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