In Extremo au Trabendo – 23/10/2013

18h01. En catimini, on troque la chemise, le veston et les chaussures de cuir noirs pour un T-shirt noir, un sweet noir et des baskets. Un coup d’œil à droite, un coup d’œil à gauche… Personne, on peut y aller ! On passe sur la pointe des pieds devant le bureau du chef plongé dans une conférence téléphonique de la plus haute importance. C’est bon, personne n’a rien remarqué ! Finit le travail, en route pour In Extremo !

Et bien, il y a bien du monde qui y va ! Hein quoi ? Là c’est Children of Bodom !? Ah ok… Mais dans quelle autre ville en France peut-on avoir deux concerts de deux grands groupes de metal à cent mètres l’un de l’autre !!! Voici la vraie salle, cachée dans la verdure.  Comme on peut s’y attendre, elle n’est pas très remplie… Mais la qualité remplace la quantité : pour venir à In Extremo à deux pas de Children of Bodom il faut être vraiment fan (ou ne pas aimer Children of Bodom, ou plus probablement les deux) !

L’attente se fait longue – très longue même. On apprendra plus tard que c’est la faute à une première partie, annulée au denier moment. Du coup, l’attente se prolonge presque deux heures, et quand enfin paraissent les musiciens, la salle est sous pression !

Quand dans la demi-obscurité quelqu’un se glisse derrière la batterie, c’est l’explosion. Et c’est sous les hurlements de joie qu’apparaissent, dans l’ordre, les musiciens modernes (Van Lange et Die Lutter, respectivement guitaristes et bassistes), les musiciens médiévaux (Dr. Pymonte, Flex der Biegsame et Yellow Pfeiffer, tous trois multi instrumentalistes) et enfin, la crinière blonde plus ébouriffée que jamais, dans une veste noire ornée de broderies exubérantes, Michael Robert Rhein en personne, « Das letzte Einhorn » (« la dernière licorne »), chanteur et fondateur d’In Extremo !

L’homme qui réalisa son rêve de fusionner rock et musique médiévale, et parvint à produire un son d’un genre et d’une qualité pratiquement unique, faisant de son groupe une référence musicale. Un grand musicien, aussi enthousiasmé par la poésie médiévale que par le punk et, ce qu’il m’avait été donné de découvrir au Hellfest 2012, une sacrée bête de scène.

Et le concert commence enfin sur Kunstraub, titre éponyme du dernier album sorti le 27 septembre dernier – autant dire que c’est tout récent.Rapidement, quelque chose me saute aux yeux. Au Hellfest, leur show avait été mémorable. Ici c’est différent : petite salle beaucoup m oins de monde… Et pourtant ils ont l’air beaucoup plus heureux d’être là ! Au Hellfest, ils faisaient leur show, et ils le faisaient bien. Mais ils gardaient quelque chose d’un peu distant – comme s’ils n’étaient pas tout à fait sûrs d’être dans le bon festival devant le bon public. Ici ils savent que les gens sont là pour eux, et ils leurs en savent gré. Et même s’il n’y a pas de pyrotechnie, même si la scène est trop petite pour y faire leurs acrobaties, ils donneront le meilleur d’eux même. En fait, la fusion entre le groupe est son public est impressionnante.

Bien entendu, les nouvelles chansons ne sont jamais les plus appréciées. Mais l’ambiance commence à grimper quand le groupe enchaîne avec l’un de ces anciens succès : Frei zu Sein, littéralement « être libre ». Rien de tel qu’un hymne à la liberté pour lancer l’ambiance…

Celle-ci monte petit à petit, au fur et à mesure des chansons. Comme on peut s’y attendre, beaucoup proviennent du nouvel album, huit chansons sur un total de quatorze. Elles forment le gros de la setlist, entrecoupée par quelques anciens succès que tout le monde connait par cœur (enfin au moins le refrain) et hurle à l’unisson, quand bien même on ne comprend strictement rien aux paroles (l’allemand médiévale c’est pas facile).

Et le public, complètement déchainé, chante, danse, hurle et saute à l’unisson. Sur scène, les musiciens semblent tout aussi à leur aise. Les « médiévaux » alternent cornemuses, vielle à roue ou à archer et chalémie au fil des chansons. Doctor Pymène nous gratifie de son solo de harpe qui fait l’entrée de Vollmond ; Micha Rhein se contente lui de la mandoline.Et c’est ainsi qu’on arrive (beaucoup trop vite) à la dernière chanson ; Micha Rhein annonce qu’elle sera en Français. Le farceur a oublié de préciser quel français ! En l’occurrence les paroles sont… En occitan. Ai Vis Lo Lop (littéralement « j’ai vu le loup »), antique berceuse de Provence…

Et c’est déjà la fin. Mais il y aura bien un rappel ? « Herr-Manelig ! Herr-Manelig ! » Scande la foule. Peut-être leur chanson la plus célèbre… Il est vrai que cette chanson médiévale suédoise, où une femelle troll tente de séduire un « gentilhomme » en lui promettant richesses et bonheur, possède une mélodie et un charme inimitable. Et, se pliant au jeu et au caprice de leurs fans, le groupe revient sur scène et interprète le titre, déchaînant une nouvelle explosion de joie. Deux anciens succès, Spielmannsfluch et Mein Rasend Herz viennent compléter le rappel. Et Micha Rhein propose aux spectateurs de se retrouver ensuite au bar. Ainsi s’achève le concert, un grand moment de metal et de musique médiévale ! Et merci à Julien pour les photos n°2 et 3 !

Setlist :

  • Kunstraub
  • Frei zu sein
  • Himmel und Hölle
  • Feuertaufe
  • Vollmond
  • Der die Sonne schlafen schickt
  • Küss mich
  • Gaukler
  • Unsichtbar
  • Alles schon gesehen
  • Liam : Mein Rasend Herz
  • Belladonna
  • Lebemann
  • Ai Vis Lo Lop

Rappel :

  • Herr Mannelig
  • Spielmannsfluch
  • Rasend Herz

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