Orphaned Land au Divan du Monde – 7/11/2013

Si la place Pigalle est célèbre pour diverses raisons, ce n’est certes pas pour sa scène metal. Pourtant c’est là qu’on va ce soir : direction le Divan du Monde, pour le concert d’Orphaned Land ! Pour ceux qui ne la connaissent pas, ce n’est pas une très grande salle. Avec sa galerie supportée par des colonnes en faux marbre, ses potiches et lanternes chinoises au bar et le rideau peau-de-panthère sur les côtés de la scène, un concert de metal n’est pas le genre de spectacle qu’on s’attend à y voir !

The Mars Chronicles

La première parte est déjà commencée. Un petit groupe français, pas encore très connu et difficilement classable. Les quatre musiciens sont habillés en blanc, le visage également maquillé en blanc. Généralement classé dans le metal alternatif, le groupe utilise d’un côté des guitares assez agressives, et de l’autre un chant masculin clair assez atmosphérique. Malheureusement, l’acoustique assez médiocre fait qu’on perd une bonne partie des nuances du chant. On en discerne une partie, on devine ce qu’on rate, ce qui est un peu frustrant.

Par ailleurs, avec son côté un peu « planant », leur musique n’est pas exactement ce qu’on attend en première partie de Orphaned Land. On regrette un peu que ce ne soit pas nos compatriotes d’Arkan qui  tiennent ce rôle, comme cela avait été le cas il y a trois ou quatre ans, et aurait permis de nous mettre directement dans le thème.

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Khalas (Arabic Rock Orchestra)Changement d’ambiance radical. Un batteur et deux guitaristes jouant un hard rock assez classique… Et un chanteur arabe traditionnel. L’ensemble est totalement inattendu, et pourtant les deux vont incroyablement bien ensemble, à un point presque hallucinant. Quelques sampler de musique orientale avec, et voilà le travail. Sur fond de vidéo de derviches tourneurs, le groupe affiche son incroyable mélange de style.

Le chant est issu d’une tradition millénaire, et vient soudain se mêler à une musique que l’on connait. On découvre une culture qui pour beaucoup nous est totalement inconnue, et que l’on ne serait probablement pas allé explorer sans ça. Le public est très largement conquis – mais pas au point de venir danser sur scène comme ils le proposent ! Le groupe semble particulièrement heureux, et reconnaissant au public français de leur faire un accueil aussi enthousiaste. Pour la dernière chanson, ils annoncent une surprise.

Dans la demi-obscurité, une grande silhouette chevelue surgit soudain. Kobi Farhi en personne, chanteur d’Orphaned Land, est venu soutenir ses amis et assurer le chant ! Une petite photo « pour montrer à leur maman que y a des gens qui aiment leur musique et que c’est pas juste du bruit » et le concert s’achève.

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KloneEncore un groupe français, et encore un changement d’ambiance radical. Un groupe plus ou moins expérimental difficile à classer, jouant un hard rock-heavy un peu progressif et atmosphérique. Le résultat est un peu planant, très différent de ce qui précède ou ce qui suit. Même si leur son est bon on ne peut s’empêcher de se poser la question : pourquoi eux ?

La foule les accueil avec enthousiasme, mais on sent bien qu’elle a un peu du mal à se mettre dans l’ambiance après un groupe aussi atypique qu’Arabic Rock Orchestra. Même si ce choix est peut-être directement celui d’Orphaned Land, on s’interroge un peu dessus.

Le groupe joue environ trois quart d’heure, termine sur une chanson dédiée à leur guitariste, Julian, qui va quitter le groupe à l’issue du concert : The Dreamer's Hideaway, une chanson qui donne envie de découvrir le reste de l’album.

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Orphaned Land

Dès les premières notes de Through Fire And Water l’ambiance explose. Premier constat, le groupe a renoncé à ses déguisements en Jésus ou en juifs orthodoxes. L’ambiance est moins à l’autodérision qu’elle a put l’être il y a quelques années. Leur nouvel album, All is One, marque une évolution musicale, mais aussi une évolution dans l’attitude et dans le discours.

Le groupe n’a en tout cas rien perdu de son talent. Sur scène, Kobi Farhi a toujours autant de charisme, et ses musiciens de qualités techniques. Beaucoup de chansons viennent du nouvel album, mais on retrouve avec plaisir les anciennes qui ont fait leur renommée : Barakah, The Kiss of Babylone… Dans la salle, l’ambiance est magnifique, la foule totalement déchainée.

Avant de se lancer dans Brother, Kobi Farhi prend la parole. Comme nous le savons sûrement, il y a une guerre en cours en Palestine, explique-t-il. Mais arabes et juifs sont frères : d’après les textes sacrés, les arabes descendent d’Ismaël et les juifs d’Isaac, les deux fils d’Abraham. Le reste, dit-il, est de la politique. Ils sont en tournée avec des palestiniens, des turcs, des français, et ils arrivent à vivre tous ensemble… Dans un bus. Si eux y arrivent, pourquoi pas les autres ? Le guitariste de Khalas, arrivant sur scène, l’embrasse et lui passe un keffieh autours du cou. Le keffieh est, faut-il le rappeler, l’un des principaux emblèmes palestinien, indissociable de Yasser Arafat… Qu’un arabe la remette à un juif est donc un symbole politique fort.

Avec un autre groupe qu’Orphaned Land et une autre personne que Kobi Farhi, ça ne passerait tout simplement pas. Ca sonnerait faux. Mais dans ce cas précis les choses sont différentes. Il sait pertinemment qu’il ne résoudra pas le problème de la Palestine, mais il veut montrer ce qu’il a réussit à construire avec les moyens dont il disposait. Il a besoin de croire que, quelque part, il y a une solution.

Un peu plus tard, une autre chanson parle cette fois de la guerre en Syrie. Comment, demande Kobi Farhi, des adultes comme nous peuvent-ils laisser les enfants mourir sous les bombes ? Orphaned Land n’y peut rien. Leur seule arme, dit-il, c’est la musique.

Ils dédient ensuite une chanson au guitariste de Klone quittant son groupe. Ils ont du tourner ensemble quelques temps, ce qui a du créer des liens ! C’est ensuite le chanteur de The Mars Chronicles qui les rejoint le temps d’une chanson, puis le guitariste pour la suivante. Kobi Farhi remercie le public parisien à plusieurs reprises, le déclare extraordinaire. Il rappelle également que le premier label d’Orphaned Land était français – Holy Records, qui produisit leur premier album Sahara.

Un rappel, et pour Norra el Norra, la dernière chanson il demande à tout le monde de sauter sur place, conformément à la tradition ! Et toute la salle s’exécute avec enthousiasme.

C’est fini. Un bon concert, où le groupe aura fait le show, et où Kobi Farhi aura presque exclusivement chanté en chant clair, avec juste un petit passage de growl. A l’évidence, Orphaned Land a évolué…

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The Mars Chronicles
Constant Show
Abyss
Transcending the Stone
Scars of Age
Hell is Born

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Khalas
Amoona
Ala Remshe
1001 nights
(Unknown)
Bdek Za'afe
(Unknown)

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Klone
The Eye of Needle, Part 2
Give Up the Rest
All Seeing Eye
Immaculate Desire
Rocket Smoke
The Dreamer's Hideaway
Army of Me

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Orphaned Land
Through Fire And Water , All is One
All Is One
Barakah
The Kiss of Babylon (The Sins)
The Simple Man , All is One
Brother, All is One
Birth of the Three (The Unification)
Olat Ha'tamid
Let the Truce Be Known, All is One
Sapari
Ocean Land (The Revelation)
Drum Solo
Our Own Messiah
(feat Devy Diadema from the … more)
Children
(feat Sébastien Ollive - Bass … more)
El Meod Na'Ala
In Thy Never Ending Way
Encore:
The Beloved's Cry (Only Kobi and Yossi on stage)
Norra el Norra (Entering the Ark) / Ornaments of Gold

10 thoughts on “Orphaned Land au Divan du Monde – 7/11/2013

  1. Superbe chronique, j’ai découvert Khalas et Orphaned récemment, par des amis qui les ont vu durant la tournée, et les échos que j’en ai eu sont très proches !

    • Merci ! C’était vraiment un super concert. D’Orphaned Land je te conseille particulièrement l’album Mabool, c’est un des plus réussis !

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  7. Starbuck, i Bostoni to ligo pou eida (giati apo vdomada tha pame gia voltes ekei) einai poli omorfi. Emeis menoume se proastio kai einai panemorfa, se dasos!Isida, nai, nai! Tha se paroume gia voitheia!:-)))

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