Interview d’Operadyse – Partie I

D’abord merci pour cette interview ! Pas trop fatigué après toute une journée à en donner ?

(Rire) Si mais c’est une journée positive ! Présenter son album c’est plutôt cool !

Et d’ailleurs, félicitation pour cet album, le tout premier d’Operadyse donc ! Peux-tu nous raconter rapidement l’histoire du groupe – même si je sais que tu en fais partie depuis moins longtemps que d’autres ?

Ca a commencé en 2006, avec Damien, Jennifer et très rapidement Bastien les a rejoints, puis d’autres gens ; et ils ont fait l’EP « Hope Era Dies » qui a été tiré à a peu près 500 exemplaires. Juste après les autres membres les ont quittés, et il ne restait plus que Jennifer, Bastien et Damien. Fin 2009 Stefan les a rejoints à la basse, puis Manu qui cherchait un groupe sur Montpellier, et un ami commun l’a mis en contact avec Damien et ça c’est fait comme ça. Moi je suis arrivé en juin 2011, c’est Damien qui m’a contacté par facebook et c’est tombé à un moment où j’avais le temps de me consacrer à autre chose que Spheric Univers Experience, mon autre groupe, et où professionnellement j’avais également un peu plus de temps à consacrer à la musique. Et la leur m’a plu !

Et comment est-ce que Damien t’avait repéré ?

Il avait chez lui un CD promo de Replica avec une vidéo, c’était Anima, le deuxième album de Spheric, et il s’est dit que celui-là ça pourrait le faire. C’est bizarre parce que moi avant de me lancer dans le prog à la base j’étais plus Magnum, Helloween, Symphoni X, plus power speed que forcément prog.  Donc c’est super bien tombé !

C’est vrai qu’Operadyse c’est très marqué power metal, autant le chant que les compositions !

Ca c’est le travail de Damien (rire) ! Parce qu’il en a mis un bon paquet d’instruments derrière, il a bien étoffé sans tomber dans le pompeux. C’est ce qui m’a attiré vers sa musique, je trouvais qu’elle avait quelque chose de très actuel, dans le manga, jap anime, toutes les tendances un peu mélangées…

Et toi, quelle est ta formation musicale ?

J’ai commencé le piano à huit ans, à la base je suis claviériste ; à quinze ans, mon groupe local de garage avait besoin d’un chanteur, et comme personne ne voulait c’est tombé sur moi, et j’ai appris comme ça ! J’ai pris une dizaine de cours vers vingt ans, puis j’ai fait le conservatoire pendant une année, et j’ai passée une licence de musique à Nice. Mes parcours scolaire et musical se sont entrecroisés ! J’ai enseigné la musique pendant deux ans dans des collèges, puis j’ai été dans l’automobile comme commercial ; là rien à voir avec la musique (rire) ! Les autres du groupe, je ne connais pas trop leur parcours, mais il y avait largement l’envie, les capacités et les choix musicaux qui m’intéressaient. On se complète un peu tous, mais ce qui nous réunit c’est avant tout le choix et les compos de Damien. Si 90% de la musique a été composée par lui, c’est parce que il a eu la chance aussi de n’avoir que des bonnes idées et que ça nous plaise (rire) ! Évidemment il nous proposait, ça n’est pas du tout un tyran ! A chaque fois c’était « bon les gars ça vous plait ? » et il a eu la chance que à chaque fois ça soit « wah, vas-y Damien envoie la purée ! » (rire)

Avec un premier album on ne sait jamais sur quoi on va tomber, mais honnêtement, quand j’ai vu la quantité de choses et d’imagination qu’il y avait là dedans j’ai halluciné ! Où est-ce qu’il va chercher tout ça Damien ?

Je vais te donner une piste : son guitariste préféré c’est celui d’Era ! Donc c’est quelque chose de posé, au niveau de la musique et des ambiances, on n’est pas là pour mitrailler et enchainer ! Ca ce n’est pas son truc, ce n’est d’ailleurs pas forcément le notre ; il y en a qui font ça mieux que nous et dont c’est le truc. On ne veut pas réinventer le style. On entend souvent  « vous faites du power c’est du cliché », etc. Et en ce moment il faut avouer qu’il ne se passe pas énormément de choses dans le power ; donc on pourrait avoir tendance à dire « oh non encore du power ! » Mais j’ai vraiment sentit quelque chose de frais dans ce qu’il faisait et le fait d’avoir un peu de jap animation, cela me donnait une image qui m’allait. Je ne me voyais pas chanter sur le dos d’un dragon, je me laissais juste bercer par ce que j’entendais et ça me procurait assez d’émotion pour me donner envie de faire du bon boulot. Il y a vraiment beaucoup d’influences différentes dans ses compositions…

Forcément, il y a du Helloween, du Rhapsody, mais aussi du Dark Moor, du Gamma Ray… Mais au lieu d’avoir un travail sur les guitares uniquement, c’est un travail sur l’orchestral. C’est pour ça qu’on a eu des petites critiques du type : « c’est dommage, si la guitare avait été un petit peu plus en avant ça aurait été mieux »… A mon avis, c’est ce qu’on va faire dans le prochain album. Surtout le travail du mixage, on va essayer de les rendre un peu plus grosses mais mises en avant par des solos… Il y en a un petit peu, mais on pense que c’est juste la dose qu’il faut ; sans exagérer pour montrer que « tiens regarde, le sweet on arrive à en passer quatre d’affilés »… Ce n’est pas du tout le but de Damien. Il y a des groupes qui ont réussi à s’imposer sans ça, comme Nightwish ; ils ont réussi à faire de la chanson dans le metal, symphonique et à grande échelle ! Et ça, ça a ouvert des portes à énormément de groupes.  Mais on ne veut pas non plus faire ce qu’ils ont fait. Donc les structures qu’il nous a proposées ne sont pas forcément très logiques : on n’a pas couplet-refrain-couplet-refrain-solo-couplet-refrain. On essaye de proposer des instants de musique agréable. Si tu n’aimes pas soit tu attends dix secondes, soit tu passes à la chanson d’après soit tu changes de groupe ! (rire)

Il y a quelque chose qui m’a étonné, sur Unfold Legend certains passages instrumentaux me rappelaient carrément la musique du XVIIème ! Le baroque, ce genre là.

Sincèrement, je pense qu’il l’a fait à l’instinct. Damien a pris des cours de guitare, etc mais ce n’est pas quelqu’un qui a pris des cours d’harmonie, qui a fait le conservatoire avec des cours de solfège classique. Il fait comme ça vient, il compose tout sur son ordi, au synthé plus qu’à la guitare d’ailleurs, et la guitare vient après. Quand il nous balance des idées elles n’y sont pas encore ! Ce n’est pas quelqu’un qui se met en avant ou met en avant son instrument ; il propose d’abord une structure globale, et si ça nous on marche avec !

Il y a aussi un énorme travail au niveau des ambiances… Dans Fairies Secret Garden notamment, la boite à musique et le vent au début, les deux chants qui se répondent, les murmures vers la fin… 

Après il y a beaucoup d’arrangements qui sont venus par la suite, beaucoup de peaufinage. Des choses qu’on remarque moins, et pourtant c’est un travail titanesque ! A la batterie, Manu nous a fait un travail absolument gigantesque ! L’album demanderait presque une écoute seulement pour la batterie ! Par exemple, remarquer pourquoi il fait ce break-là : par moment il en envoie, il en envoie, il en envoie, mais ce n’est pas pour montrer ce qu’il sait faire ! Même s’il dit que c’est l’un des albums les plus durs qu’il ait fait ! Il accompagne les solos de Damien, il m’accompagne au chant, il accompagne les chœurs, la petite clochette… Il est toujours là. Rien n’a été fait dans le vide. Même si l’album fait environ 50 minutes, et qu’on n’est pas sur un double CD d’une heure et demi, il se passe plein de choses. Beaucoup de groupes sortent des trucs simplement parce que leur label leur met la pression pour qu’ils sortent quelque chose. Tu l’écoutes, tu te manges quatre fois le refrain par chanson et tu en as très vite marre !

On dirait que tu as écouté le dernier Rhapsody !

Même pas ! (rire) Mais c’est un peu ce que tout le monde m’en dit. Alors je vais laisser passer un peu de temps et je l’écouterais un peu après, pour me faire ma propre opinion sans qu’elle ait été influencée. Mais de ce qu’il en ressort… Je n’étais déjà pas très convaincu par ce qu’ils avaient fait dernièrement ; ça ne me plaisait pas du tout. Pour moi, les deux premiers albums c’est le top du top. Après, ils ont fait plein de choses géniales ; ils sont même montés au sommet, mais ça me touchait moins. Même si je reconnais qu’ils sont allés à fond dans ce qu’ils pouvaient proposer, mais pour moi Rhapsody of Fire c’est d’abord Rhapsody.

Et tu as écouté celui de Luca Turilli ? Il m’a plus rappelé ce que vous faites dans Operadyse, au niveau de l’approche.

Damien oui. Les derniers Luca Turilli non, je ne les ai pas encore écoutés, les premiers oui, je les connais. Damien est fan aussi, sinon il ne se serait pas lancé dans ce style, mais je pense que c’est aussi parce que c’est le style qui lui permettait de s’exprimer le mieux, notamment dans tout ce qui était orchestral. C’est un grand fan de Hans Zimmer donc forcément, metal plus Hans Zimmer, l’un des seuls styles qui puisse le raconter avec des quêtes épique, etc c’est le power metal symphonique !

 Et toi tu y trouves ton compte aussi niveau chant ?

Oh oui ! Mais avant d’y trouver mon compte, c’est Damien qui m’a dit bon voila, moi ce que je veux mettre en avant c’est la mélodie, mais pas seulement la mélodie-chant, la mélodie d’un thème guitare, d’un thème violon… Il faut que ce soit riche en mélodies. Et faire de belles choses quitte à paraitre kitch. Du moment que l’auditeur se dise « c’est kitch mais j’aime bien. Parce que je trouve ça beau, bien fait et bien composé. » Le but c’est de faire quelque chose de propre avec plein d’énergie positive !

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