Conférence de presse de Ghost

Non, ce n’est pas dans l’ambiance froide et humide d’une crypte des tréfonds de Paris que Ghost organise sa conférence de presse ! C’est dans l’ambiance chaude et chaleureuse du Hard Rock Café de la rue Montparnasse, à deux pas de la place de l’Opéra, qu’un Nameless Ghoul est venu répondre aux questions d'une salle entière de chroniqueurs, qui l'attendent patiemment.

Encore peu connu dans l'Hexagone, GHOST (Ghost BC aux USA) est l'une des plus grandes sensation musicale et visuelle de ces derniers mois. Ce mystérieux groupe suédois s'est retrouvé tête d'affiche "surprise" du Hellfest en juin dernier et à la une du magazine Rock Hard pendant tout l'été.  Mais qui se cache derrière l'inquiétant rictus du Papa Emeritus II (chant) et sous les masques de ces cinq  Nameless Ghouls qui l'accompagnent ? Le mystère reste intact et suscite bien des rumeurs...

Mais voila le Nameless Ghoul, en grande tenue ! La robe noir, le capuchon, le masque... Le costume est impressionnant, mais la voix est juvénile – et presque un peu intimidée ! On ne saura pas qui se cache derrière le masque, mais sa voix le rend d’emblée sympathique. Et les questions commencent, centrées sur leur prochain EP : une chanson live et quatre reprises de groupes aussi variés qu’ABBA, Roky Erickson, Army Of Lovers ou Depeche Mode !

Quand ils ont créé le groupe, s’attendaient-ils à ce que Ghost ait un tel succès, qui les conduirait à travers les grands festivals, du Hellfest au Rock in Rio ? Dès le début ils avaient une idée très précise de l’image qu’ils voulaient donner aux gens. Ils savaient qu’ils avaient de quoi leur procurer de fortes émotions. Mais le Rock in Rio reste quelque chose de purement dément !

Pourquoi avoir fait cet EP juste après le deuxième album ?  Ils ne voulaient pas que les deux se mélangent. Mais ils avaient le matériel pour faire l’EP et voulaient l’utiliser.

Ghost est actuellement en tournée en Europe. Pourquoi n’y a-t-il pas de date à Paris ? Parce que cela c’est fait comme ça ! Ils ont fait le Hellfest, le Sonisphere, ont enchainé avec une tournée aux Etats-Unis, et puis se sont rendus compte qu’ils n’avaient jamais fait de concert en tête d’affiche en France. Cela viendra, ils aimeraient revenir l’an prochain, peut-être en mars.

Sont-ils en train de préparer un nouvel album ? Oui, ils sont en train de le construire. En effet, ils sont actuellement en tournée et c’est le moment où ils composent ! C’est pour eux le moment le plus créatif, là où l’on sent ce dont les chansons ont besoin pour venir à la vie ; car ce sont des périodes où on baigne vraiment dans la musique. Ils ont une centaine de concerts de prévus au total, ce qui laisse pas mal de temps pour composer ! C’est un processus délicat, sensible.

Le succès est une arme à double tranchant. N’ont-ils pas peur de perdre le contrôle, leur aura de mystère, et notamment que leur identité soit révélée, comme d’autres groupes avant eux ? Plus leur succès grandit, et plus ils s’imposent de discipline. Le moyen, paradoxalement, est de rester le plus proche possible des gens. Faire comprendre que le mystère fait partie du charme du groupe, et qu’il ne faut pas le dévoiler.

Il y a beaucoup de spéculations sur leurs identités, sont-ils au courant ? Oui, et il y a parfois des hypothèses surprenantes !

Comment c’était de travailler avec le légendaire Dave Grohl, batteur de Nirvana et fondateur des Foo Fighters (NR : et dont l’ami Rich vous a présenté la biographie) ? Il a énormément de présence ! Mais c’est surtout quelqu’un de très humain. Quand on est en sa compagnie, on oublie vite que c’est le gars de Nirvana !

Pourquoi associer des costumes si sombres et une musique si pop ? Ils ont commencé par construire l’image qu’ils voulaient donner. Ils étaient tous de grand fans de rock’n’roll, et quand ils avaient treize ou quatorze ans certains groupes utilisaient des déguisements. C’était avant internet, les informations ne circulaient pas aussi vite. Tout repose donc sur le fait qu’ils sont des fans, et sur cette idée de quelque chose de caché.

Comment ont-ils été reçus en Amérique du Nord ? Les groupes fondamentalistes religieux ne les ont-ils pas mal accueillis ? Non, il n’y a pas eu de soucis. Parfois des familles entières venaient, les parents accompagnant leurs enfants, et certains avaient l’air plutôt surpris et de ne pas apprécier ! Quand on ne connait pas, ça peut en effet faire un choc.

Leur musique actuelle est très simple, très catchy. Envisagent-ils de faire quelque chose de plus complexe, plus progressif ou atmosphérique ? A priori ce n’est pas la direction que prend le groupe dans l’immédiat. Mais de son point de vue de guitariste (ah tiens c’est le guitariste !) leur musique n’est pas tout à fait là où elle devrait en être. Le dernier album était peut-être un peu trop axé sur le chant, le prochain devrait avoir plus de parties instrumentales.

Quel est le point commun entre ABBA, Depeche Mode et Ghost ? Pour Depeche Mode ce serait la façon de gérer le contact, et l’aspect sombre de la musique. Pour ABBA, ce serait plus musical. Le côté doux. C’est un énorme groupe, mais il ne s’est jamais senti intimidé par eux. Mais évidemment, la philosophie de Ghost est différente !

Dans certaines chansons comme Ritual ou Year Zero, on hésite à trouver les paroles drôles ou effrayantes. Lequel de ces deux effets est visé ? Les deux ! Mais cela dépend du point de vue. C’est un rire diabolique !

Et lui, personnellement, est-ce qu’il croit en Dieu ou au diable ? Il croit qu’il existe une force supérieure mais que toute tentative de la cerner ou de l’expliquer est vaine.

Y-a-t-il des artistes avec lesquels ils aimeraient coopérer ? Beaucoup évidemment, mais le fait est que celle avec Dave Grohl résulte finalement plus du hasard. Et en pratique c’est souvent le cas. Certaines collaborations fantastiques sur le papier peuvent se révéler totalement infructueuses.

Finit. Une petite séance dédicaces-photo s'en suit. Plus qu'à attendre mars pour les revoir !

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