Black Messiah – Heimweh

Un an à peine, et déjà de retour ! Cette fois Black Messiah n’a pas trainé pour sortir son nouvel album ! Il y a un an, The Final Journey avait fait une impression un peu mitigée ; c’est maintenant Heimweh. Entre les deux le line-up c’est plus ou moins stabilisé, seul le guitariste Meldric a été remplacé par un certain Ymir. Un progrès pour un groupe ayant changé de line-up plus souvent qu’à son heure, mais qui de toute façon reste l’œuvre principale de son leader, Zagan, chanteur, guitariste, violoniste et ex-bassiste du groupe ! C’est dire si Black Messiah est son enfant chéri.

Fondé en 1994 à Gelsenkirchen, petite ville industrielle de la Ruhr, Black Messiah mena depuis une existence tumultueuse marquée par de nombreux départs et arrivés, et parvint bon gré mal gré à sortir six albums à de nombreuses reprises salués par les critiques. Cependant, deux albums sortis à si peu d’intervalle cela parait toujours suspect, et difficile de ne pas partir avec une certaine méfiance… Alors ? Chef d’œuvre né d’une subite bouffée d’inspiration ou production plate sortie sous la contrainte de faire vite ?

Et bien les avis peuvent diverger et on ne va pas aller jusqu’au chef d’œuvre, mais le constat est là : l’album mérite qu’on s’y arrête.

Depuis The Final Journey, le style a clairement changé. Globalement, l’aspect symphonique a été retiré de la plupart des chansons, et ne reste plus que sur certains titres ou sur des passages bien précis au sein des chansons, clairement typés folk. Le chant clair qui alternait avec le chant black a également disparu. Il ne reste plus que le chant black, sauf sur trois passages.

L’album se présente donc comme une alternance de deux styles opposés : d’un côté un black-pagan austère, presque minimaliste, et de l’autre un folk germanique riche et varié. Globalement, le mélange fonctionne bien, la partie délicate étant évidemment les transitions.

L’ensemble est également très marqué alémanique, ne serait-ce que parce que l’intégralité du chant est en allemand, mais également dans les parties folk.

Le titre où cette tendance est la plus marquée est sans doute Wildsau, avec son chant clair un peu guttural, ses passages d’accordéon  et le fond musical à base de violon, batterie et guitare sèche. S’il faut un peu plus que des rudiments d’allemand pour en comprendre les paroles, on pourrait croire à un paysan de Souabe racontant, mi amusé mi penaud, les sottises commises dans sa folle jeunesse ! Curieusement, sur les refrains le chant redevient black, et les rifs saturés remplacent la musique d’ambiance. Des couplets folks et un refrain black metal, voilà qui est original.

C’est un autre type de chant clair qui officie sur les parties folk de Edmund Von Ostanglien et Heimweh, chant grave de style lyrique. Un bon ajout, qui apporte au groupe richesse et originalité. Sur Edmund Von Ostanglien, c’est encore le chant black et son armada de guitares saturées que l’on entend sur le refrain. L’alternance des deux chants est intéressante ; leurs styles sont très différents, presque opposés, mais au final se complètent bien. La question qui demeure sans réponse est : pourquoi un groupe de black pagan a-t-il consacré une chanson à un roi d’un minuscule royaume anglais du IXème siècle, dont on ne sait pratiquement rien si ce n’est qu’il fut martyrisé par les vikings et comme tel est fêté comme saint par l’église !

Heimweh ne comporte elle pas de chant black, mais des chœurs féminins sur les refrains. Un titre mélancolique, doux et symphonique, que l’on pourrait qualifier de balade de l’album.

In the Name of Ancients Gods, Jotunheim, Nidhögg et Die Quelle der Weisheit sont en revanche de purs morceaux de pagan. Les passages mélodiques ne suffisent pas toujours à rompre l’austérité de ces titres qui, malgré leur qualité, manquent malheureusement un peu de variété. Le chant black notamment, bien que puissant et rauque à souhait, n’as pas l’expressivité d’un chanteur de Windir ou de Mytothyn. Les riffs auraient également gagné à plus de diversité. C’est dommage, car les parties instrumentales sont bien travaillées et intéressantes.

Au final, Black Messiah a évolué vers un metal plus tranché, où les parties folks et les parties black sont clairement séparées. Il faut donc, sommes toute, l’écouter avec deux oreilles différentes, un exercice qui ne sera sans doute pas du gout de tout le monde. Le groupe aurait également gagné à donner plus de relief aux parties black.

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