Battleaxe – Metal Sanctuary

Ah les anciennes légendes plus ou moins oubliées qui ressurgissent de nulle part et se reforment à grand renfort de tambours et trompètes ! Dans le genre, il est douteux qu’on fasse un jour mieux que Battleaxe, groupe fondé dans les années 80, et dont le dernier album remontait à… 1984.

Et avant d’aller plus loin, précisons une chose : les musiciens ont parfaitement compris que beaucoup de gens auraient quelques arrière-pensées (voir riraient franchement) à voir un groupe se reformer dans de telles conditions, et la première chanson de l’album est, en substance, là pour dire qu’ils s’en fichent totalement. Un magnifique passage de chant uniquement accompagné d’orgue et de battements de grosse caisse, proclamant leur existence à la face des siècles et leur amour inconditionnel du heavy metal !

En bref, si ces quatre musiciens se sont retrouvés presque trente ans après les tourbillons de leurs folles jeunesses, c’est parce qu’ils avaient un boulot à terminer. Quelque chose qu’ils n’avaient pas fini à l’époque, et sur quoi ils avaient décidé de revenir. Bon, ils se doutaient bien que derrière un certain public attendait cela depuis des années, mais n’est-ce pas une raison de plus ?

C’est pendant l’été 2007 que Dave King et  Paul Atkinson, respectivement chanteur et batteur du groupe, envisagèrent de ressusciter Battleaxe. Ils parvinrent à convaincre leurs deux comparses,  Brian Smith (basse) et Mick Percy (guitare) de les rejoindre, et l’aventure débuta.

Le résultat ? Un morceau de heavy metal si pur et si typique des années 80 qu’on a l’impression d’un voyage dans le temps ! Bon d’accord, entre temps les moyens de production et la qualité des supports se sont incomparablement améliorés, mais à part ça on y est. Un déferlement de riffs déchainés, de chant furieux se terminant immanquablement par des excursions toujours plus haut dans les aigus et les décibels !

Dave King n’a strictement rien perdu de ses capacités vocales. Sa voix n’est ni cassée ni éraillée, elle grimpe toujours aussi haut sans difficulté apparente. Le hurlement final de Shock and Awe notamment, qui se prolonge pendant quinze bonnes secondes à particulièrement haute fréquence, laisse rêveur quand à l’inébranlabilité de ses cordes vocales ! Il fait également de temps en temps des descentes dans les graves, notamment sur Kingdom Come.Des chœurs aussi parfois, des voix graves scandant quelques phrases en écho au chant principal, notamment sur A Prelude To Battle / The Legions Unite.

Dans ce contexte, on va même presque jusqu’à apprécier l’absence de guitare rythmique, qui laisse les lignes de basse et de guitare nettes et bien dégagées, et confère à l’ensemble un cachet « old school » inimitable. Il est vrai que Brian Smith et Mick Percy sont deux forts bons ouvriers. Il est rare de distinguer les lignes de basses aussi nettement, notamment sur Revolution. Du travail à l’ancienne comme on savait le faire à l’époque diraient les vétérans !

Quelques titres plus élaborés au niveau des ambiances, notamment Spirit of The Fallen : bruitages divers, murmures… Le style de Devil Calls s’écarte également un peu des autres. Un style un peu folk, un peu musique de film, une petite touche de fantaisie… En revanche, l’ambiance épique de Kingdom Come et ses parties instrumentales claires préfigurent en quelque sorte le power metal.

Par contre, on est presque étonné par le côté très « rebelle » des paroles – voir limite anarchiste. « Nobody cares this fucking laws ! » hurle Dave King. Et on se prend à réfléchir. De nos jours, de tels discours n’arrachent plus qu’un vague soupir de lassitude. Des thèmes trop entendus, ressassés avec de moins en moins de conviction politique et de plus en plus d’immaturité – voir bien souvent totalement hypocrite. Mais dans ce contexte de replongée dans les années 80, c’est différent. On ne s’approfondira pas sur les facteurs historiques qui l’ont engendré, mais c’était le début du mouvement… La musique nous donne à imaginer ce qu’était cette époque, à nous qui ne l’avons pas vécue.

Un album réservé à ceux désirant s’immerger de tout leur être dans la grande épopée des débuts du metal. A ceux là, Battleaxe offrira un moment du pur bonheur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>