Interview de Mylidian (I)

Un groupe qui base ses albums sur un jeu de rôle, ce n'est pas courant... C'est la démarche entreprise par Mylidian et que va nous expliquer plus avant leur sympathique guitariste, Mortek.D’abord, merci pour l’interview ! Et félicitation pour le nouvel album, le deuxième de Mylidian donc. Pour ceux qui ne connaissent pas encore le groupe, peux-tu le présenter rapidement ?

Mylidian est né en 2001, et nos trois premiers albums – le troisième est encore à venir -  introduisent le monde de Mylidian tel qu’il a été imaginé dans un jeu de rôle ; c’est une grande introduction pour raconter comment il a été créé. Musicalement, c’est une sorte de heavy avec des voix un peu extrême, des orchestrations et des refrains accrocheurs. Voila !

J’ai vu que c’est Armendar, votre chanteur, qui a créé le monde de Mylidian et le jeu de rôle avec l’aide d’un de ses amis ; et toi quand est-ce que tu as rejoint la barque ?

En fait je jouais déjà avec Armendar avant qu’on crée Mylidian, dans le groupe Phoenix. Et donc quand le jeu de rôle a été créé et que les premières parties ont été jouées, on a décidé que ça pouvait faire une bonne base pour créer, peut-être pas jusqu’à un nouveau style mais d’apporter une nouveauté dans le metal, où on mélange vraiment des voix black, death, lyriques, heavy, des grosses guitares, des orchestrations ; et moins compartimenté. C’est vraiment se servir du monde et du concept de Mylidian pour faire une musique.

Tu as suivi la création du jeu et du monde, ou tu as découvert le résultat à la fin ?

Je suis arrivé un peu après les premières parties, ensuite j’en ai fait quelques-unes, mais j’avais suivi un peu au fur et à mesure la création du monde.

Si j’ai bien compris le concept, ça se passe dans les années 90, et c’est l’arrivé d’une sorte d’Antéchrist avec une Eglise basée sur la technologie ?

C’est ça, il y a un mélange entre la religion et la technologie, et après le scénario c’est l’arrivée sur terre de sept entités, les sept seigneurs, qui se livrent une guerre. Il y a Antoine, le personnage principal - au début de l’histoire il est adolescent - et plusieurs de ses acolytes, qui vivent un certain nombre de quêtes initiatiques et de péripéties qu’on va suivre, et donc l’arrivée des sept seigneurs dans le deuxième album.

L’ambiance de l’ensemble et l’univers de base rappellent un peu des BD comme les Technopères ou la Caste des Métabarrons ; elles l’ont inspirées ?

Non, je ne pense pas ; c’était plutôt inspiré de jeux comme Shadowrun ou Cyberpunk, et certains autres jeux comme Vampire, où il y a des systèmes de clans avec des patriarches, etc. Pas vraiment religieux mais une hiérarchie.

Quand j’ai commencé à écouter l’album, j’ai eu une grosse surprise au début de la deuxième chanson. Ca commence calme, avec une intro symphonique très travaillée, et d’un coup il y a ce chant pas du tout lyrique qui arrive ! Je ne sais pas comment tu le décrirais, punk hardcore ?

Oui, punk hardcore ou plus proche des chants deathcore qu’on peut trouver sur la scène actuelle ; Soilwork on n’est pas à ce point là mais oui, plus gutturale que heavy en effet.

Et tu n’as pas peur que ça prenne un peu de court l’auditeur ?

S’il est pris de court, je dirais presque tant mieux ! Après s’il n’aime pas tant pis ! Mais l’objectif, ce n’est clairement pas de faire du heavy symphonique. Le but c’est vraiment d’avoir cette violence, cette sorte de noirceur qu’on peut trouver aussi soit dans les arrangements soit dans les voix ; par contre on va retomber sur des refrains plus américains ou suédois, plus accrocheurs et mémorisable. Après, il y a d’autres chansons avec des couplets avec des voix lead claires ; c’est vraiment suivant quel personnage parle, dans quel état il va se trouver. On n’a pas vraiment de barrières ni de styles-types pour les voix.

Vous avez une chanteuse aussi, Béatrice Descamps. Question peut-être complètement idiote : elle n’a pas envie de chanter en style hardcore elle aussi ?

Heu je ne sais pas ! Après, comme je te disais, le style dépend vraiment du personnage et de la scène, donc on ne pousse pas forcément en fonction de ce qu’on a envie d’entendre, on essaye d’avoir une chanson homogène mais on compose en fonction du découpage et des scènes qu’on a envie de raconter. On découpe d’abord les scènes, et après on compose en fonction de l’histoire qu’elles racontent.

Il y a pas mal de scènes de combat j’ai eu l’impression ?

Oui, c’est vrai il y en a pas mal ! Ce sont les sept seigneurs qui arrivent et qui commencent à se livrer des batailles, jusqu’à l’arrivée du dernier sur la dernière chanson.

Quand on y réfléchit, c’est tout de même un drôle de choix de baser sa musique sur un jeu de rôle. L’idée vous en est venu comment ?

Ca a été proposé, à l’époque on faisait du heavy avec des influences un peu classiques mais on cherchait vraiment quelque chose pour se démarquer, quelque chose de nouveau, et j’ai trouvé que ça pouvait faire un bon support ; c’était un certain challenge aussi, de ne pas composer des chansons en vrac et après prendre les meilleures ; mais vraiment se dire « on compose les chansons pour telle ambiance, pour faire ressortir telle émotion avec tels arrangements, donc oui, c’est un petit challenge qu’on s’impose à nous-mêmes ! Mais ça permet d’avoir un album qui raconte quelque chose au final, et pas juste cinq chansons qui blastent d’affilé.

Au final ça tient un peu du metal opéra à la Rhapsody ou la Nightwish – en plus énervé.

On essaye d’avoir ce côté moins linéaire que ce qu’on peut avoir dans un Rhapsody ; plusieurs timbres de voix, comme dans certains autres metal opéras qui se sont fait ces dernières années… Toujours essayer de surprendre, pour pas que l’auditeur se dise juste « bah tient la chanson elle s’écoute comme ça » d’un bout à l’autre de l’album, c’est vraiment d’avoir des timbres, des sons, des passages qui relèvent l’attention. Comme les bouts en français par exemple, on fait ça exprès pour attirer l’attention de l’auditeur sur certains discours, certaines déclamations du personnage.

Vous n’avez pas peur que ce soit un frein pour l’exportation à l’international ?

Non, sur le premier album il y avait le même principe, et à l’étranger c’est sorti comme ça. C’est resté en français. Donc on s’est dit que bon, on pouvait garder des parties en français. Ca rajoute vraiment un plus ; quand on écoute le titre on se dit « tient qu’est-ce qui se passe ? Ils chantent en français ! » Et ça attire l’auditeur, comme si quelqu’un lui parlait en direct.

(à suivre)

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