Truckfitghters – Universe

Ah le stoner, son inimitable mélange de rock et de metal et ses ambiances futuristes … Parmi ces formations, les suédois de Truckfitghters n’ont certes pas la notoriété d’un Fu Manchu ou d’un Orange Goblin, mais Universe n’est que leur quatrième album, et ils ne demandent qu’à monter.  Et ce ne sont pas les opportunités qui manquent dans le petit monde en pleine ascension  du stoner.

Bien que revendiquant l’esprit californien et l’amour du désert  la formation est née en Suède, de l’association du guitariste Niklas ‘Dango’ Källgren et du bassiste et chanteur  Oskar ‘Ozo’ Cedermalm. Après plusieurs changement, le batteur Andre ‘Poncho’ Kvarnström complète aujourd’hui le trio. Officiant dans un style « desert rock » à la Kyuss, on ne peut pas dire que le groupe ait énormément de concurrence dans son pays natal.

Quand on voit des japonais faire du folk metal irlandais ou des suédois faire du hard rock californien on a, c’est légitime, quelques doutes. Mais on peut tout de suite se rassurer : l’album de Truckfighters sonne parfaitement juste. Contrairement à un tomahawk indien made in China, le résultat est solide et d’excellente  qualité !

Le chant d’ "Ozo“ Cedermalm est très proche du rock psychédélique. La plus part du temps très doux, comme sur Mind Control, il sait se faire plus énervé, notamment au début de Convention. Parfois il évoque le rêve, des circonvolutions de lumières tournantes et changeantes, des bribes d’images et de couleurs dansant sur un rythme précis et calculé. Parfois, sa voix prend un accent prophétique ou inspiré, comme une vision de l’avenir traversant le soudainement le non-sens du rêve. Et parfois, on se retrouve transplanté sur une plage de Californie, le sable sous les pieds et le Pacifique devant les yeux !Comme dans tout bon album de stoner, le contraste se fait avec les guitares : lourdes et saturées, réalistes et brutales, puis soudain légères et tout aussi oniriques que le chant. Leur jeu est riche et varié, « Dango » et « Ozo » faisant assaut de technicité, comme une concurrence amicale où chacun entraine l’autre.

En dehors de Convention, qui fait un peu moins de deux minutes, les titres sont longs (entre quatre et treize minutes) et suivent plus ou moins le même schéma : de longs morceaux hypnotiques, alternant riffs lourds et guitares claires, et soudainement un accent imprévu ou une ligne de guitare qui, d’un seul coup, crée la surprise et accroche l’oreille.

En revanche, la batterie manque légèrement d’imagination, et fait un peu figure de pièce rapportée, on sent bien que le groupe est dominé par le duo du guitariste et du chanteur-bassiste. Plus d’inspiration au niveau des parties de batterie aurait encore enrichi l’album, même si en l’état il offre déjà plus qu’il n’en faut à l’oreille.

Truckfitghters est donc dans la lignée claire et indélébile d’un Kyuss de la grande époque. Un album qui ravira les amateurs de stoner type « desert rock », et encouragera les non initiés à découvrir le style.

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