Skid Row – United World Rebellion: Chapter One

A la question « Skid Row est-il mort et enterré ? » la plupart des gens répondent oui sans trop hésiter. Il est vrai que la trajectoire du groupe, amorcée en 1987 et s’étant depuis poursuivie vaille que vaille, n’est pas facile à suivre. Nombreux sont ceux qui considèrent qu’il ne s’est jamais remis du départ de son emblématique chanteur Sebastian Bach en 1996. Les deux albums qui suivirent, Thickskin en 2003 et Revolutions per Minute en 2006, ne convainquirent pas les fans, déçu de voir le groupe mythique relégué au rang de formation hard-rock heavy ordinaire… Pour autant le groupe garde son aura, et on en a vu de plus mal en point effectuer de spectaculaires remontées.

Avec cinq albums produits en vingt-sept ans d’activité, Skid Row n’est pas non plus très prolifique – mais comme chacun sait, on ne mesure pas l’importance d’un groupe à l’ampleur de sa discographie. Un nouvel EP reste donc un évènement, d’autant qu’ils n’en avaient plus sorti depuis B-Side Ourselves en 1992. Au programme donc cinq nouvelles chansons inédites avec un nouveau changement à la batterie, Rob Hammersmith remplaçant Dave Gara.

Mais il faut auparavant ouvrir une parenthèse. Car pour Skid Row, on peut grosso modo découper les auditeurs en deux catégories : ceux qui avaient vingt ans en 1995 et les autres. Pour les premiers, il incarne la nostalgie d’une jeunesse enflammée, ayant vibré au rythme de Youth Gone Wild, 18 and Life ou I Remember You. Pour les autres, il représente, selon les cas, une révolte d’adolescent ou un délire de vieux.

Simpliste certes, mais pas tant que ça quand on observe à quel point le groupe exploitait le thème « jeunesse libérée » - insouciance totale résultant de la fin de la guerre froide, fin de la menace nucléaire, prospérité économique considérée comme devant durer éternellement…

Mais il n’y a pas que l’image, il y a aussi la musique. Et sur ce point, pour les uns comme pour les autres, le constat sera simple et rapide : Skid Row continue dans sa voie de groupe de hard rock-heavy old school tout ce qu’il y a de plus classique qui est désormais la sienne. Des compositions propres et carrées ; un son net et énergique. Johnny Solinger est un bon chanteur, énergique et énervé. Il utilise généralement un chant très rythmé, qui amplifie l’effet de martellement global des chansons ;  en revanche il évite les hurlements suraigus. Aucun rapport avec le charisme et les capacités vocales de son prédécesseur, mais d’incontestables qualités.

Les chœurs en revanche son peu nombreux, et ceux de This Is Killing Me ou Get Up ne sont pas particulièrement utiles, trop courts et placés un peu trop en retrait, servant seulement à accentuer le rythme. C’est dommage, car ils auraient pu apporter plus de puissance aux titres, qui en l’état en manquent un peu.

Bon travail des guitares également, officiant dans un style proche du trash intéressant. De bons solos, notamment sur Stitches, quelques riffs bien placés et efficaces sur Kings of Demolition… Une chose au moins qui n’a pas changé.

Mais cinq chansons, c’est trop court pour se faire une idée de où en est le groupe, sept ans après leur dernier album. Il faudrait notamment l’une de ces ballades dont Sebastian Bach avait le secret pour vraiment se rendre compte du chemin parcouru et restant à parcourir…

Pour ce qu’on entend du bon travail donc. Mais peut-on se contenter de faire un album honnête quand on a atteint le rang de légende ? Peut-on se recycler quand on a représenté la révolte adolescente d’une génération ? Deux questions qui valent pour un nombre considérable de groupes. Dans le cas de Skid Row une chose est sûre : ce n’est pas avec cet EP qu’on aura la réponse.

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