Jello Biafra and the Guantanamo School of Medecine. Paloma, Nîmes, 18/04/14

Alors que l'on sirotait les premières bières dans le large patio de l'excellente salle Paloma, le trio Nîmois The Last Brigade a ouvert les festivités. Un peu de rock brutal pour nous  mettre en bouche, simple, carré et pêchu.

Le public était encore éparse lorsque les Guantanamo School of Medecine sont montés sur scène pour commencer à mettre un joyeux bordel. Ralph Spight et Kimo Ball aux guitares, Larry Boothroyd à la basse et Paul Della Pelle derrière la batterie. La salle s'est remplie en un instant, jeunes et moins jeunes, quelques gamins des moins jeunes, de grands sourires sur les lèvres mais l'émotion était encore retenue. Est­ ce que c'est Jello Biafra en vrai qui va débarquer ?

Et ben oui, le vrai ! Avec un peu de bide en plus, mais surtout sa veste à carreaux, son chapeau et sa canne, pour une entrée théâtrale sur The Brown Lipstick Parade.

Commençons par la corruption ! Ainsi donc, les politiciens américains sont des "Illumi­ nazis" dans un gouvernement de "Corrupt­a­saurus Wrecks". Jello ­que l'on sait maître en Spoken Word­ ne nous a pas loupé avec ses introductions.

Il en fallait pourtant peu pour présenter le second morceau, l'excellentissime John Dillinger.  Bien sûr là, tout le monde était bien réveillé, hyper rassuré que OUI ce soit le vrai Jello, donc salle pleine à craquer d'un public affamé de bonne musique et de bonnes paroles. Et on en a eu ! Pas seulement Jello avec des gars qui l'accompagnent, mais un vrai groupe  de scène. Certes il n'y a que Jello qui se soit adressé au public (en même temps vu le débit, il valait mieux), mais les autres étaient bien là, tout sourires, les deux guitares en pleine forme, le bassiste et le batteur infatigables. Du punk rock de vrais pros, on connait le background de ces musiciens. Tantôt intenses et agressifs, tantôt drôles et festifs, contrastant avec la dureté et le cynisme des mots. Toujours agités, y'a pas de doute.

Ils reviennent à la charge. Et parlons d'austérité, ha ! New Feudalism, histoire de pas perdre le rythme. Puis Jello change un peu de voix et joue au Yuppie cynique et enragé, sur le punk de plus en plus rapide de Road Rage. Les Etats Unis d'Amérique prennent cher ce soir, on continue avec Barackstar O'Bummer. La rage perpétue, plus hardcore, issue du triste constat de l'état du monde, avec Middle East Peace Process et ses riffs assassins. "I don't want to live in a world like this, You don't want to live in a world like this, We don't want to live in a world like this, No one should have to live in a world like this…"

Et puis… California Über Alles. Comme toujours ils placent quelques morceaux des Dead Kennedys, ceux qu'on veut entendre, ben oué forcement. Je pensais que je ressentirais plus de nostalgie, en fait, ils la remanient super bien et lui donnent un deuxième souffle, comme toutes les autres reprises des DK. Plus de disto sur les grattes, la sauce des Guantanamo School of Medecine est un peu plus complexe, plus rock, mais ne dénature en rien les originaux.

Toujours aussi théâtral pour en mettre une couche sur les banques : Werewolves of Wallstreet. Non sans nous rappeler les scores effrayants du Front National, Jello n'a pas  hésité à citer Marine, histoire d'introduire… Panic Land. Forcement. Et l'effet sur le public  n'était pas des moindres. En bon prêcheur, Jello propose que l'on ne se dispute pas, que l'on prône la discussion, pour que les gens se réveillent "Don't argue, communicate!"…  Puis il nous a secoué dans tous les sens. Panic Land, donc !

S'en sont suivis un énergique Nazi Punks Fuck off, Hollywood Goof Disease, et de plus en plus spectaculaire, Chemical Warfare, pour finir avec Pets eat their Master. Evidemment JB a piqué une tête dans la fosse compacte.

La pause était courte et au retour, Jello a volontiers échangé son Tshirt contre celui qu'un gars lui tendait, en opposition à l'extraction du gaz de Schiste. (MP : hé, toi qui a fini avec le Tshirt de Biafra, si tu me lis, bravo mec !)

Au tour de Monsanto d'en prendre une couche, avec la terrifiante The Cells that will not Die. Retour aux sources, c'était l'extase sur Holiday in Cambodia. La chanson va fêter ses 34 ans, et pourtant…

Dernière pause, dernier rappel, c'est la conclusion. Kill the Poor, ben oui, en voilà une solution ! Trêve de plaisanterie, Jello Biafra and The Guantanamo School of Medecine nous quittent sur une invitation au sabotage, "fight the power !", "remember who you are!", et la dorénavant incontournable Shock­U­Py.

Le merci, l'ovation, et chacun est reparti avec le sourire aux oreilles et les disques sous le bras.

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