Interview de Nightmare – Partie II

 

(suite)

Et par contre, il y en a une qui m’avait l’air optimiste, c’est Forbidden Tribe.

C’est très, très spirituel, ça se verra dans le clip. On a un super scénario la dessus. En fait c’est sur les indiens, mais c’est pas un documentaire sur les Apaches hein ! C’est plus spirituel. Ils ont été exterminés, mais l’esprit est resté. Il a gagné sur l’avidité des blancs qui les ont exterminés, l’esprit est au dessus tu vois. Le refrain dit bien ce qu’il veut dire : « In the lair of the forbidden tribe/ Wisdom is much stronger than our lies ». C’est sur l’avidité du blanc qui a exterminé les indiens ; mais ils ont pu tuer leurs tribus mais pas leur esprit. Il est toujours au dessus de toi. Et on a un super réalisateur qui est en train de travailler sur un clip qui va être génial, on travaille dessus dimanche ; on aura des images qui vont être tournées à Dubaï pour la partie groupe – là je te donne un scoop – et la partie clip est magnifique, parce qu’on a réussit à créer… Je ne sais pas si tu as vu la pochette du single, avec cet indien, mais on a réussit à créer cette ambiance. Il y a l’esprit de la chanson pas juste un documentaire sur les indiens. Et puis nous on a un cadre super pour tourner, à Grenoble, dans les montagnes, on a de supers paysages pour ça.

[caption id="attachment_16962" align="aligncenter" width="464"] Photo réalisée en 1910 par Edward Curtiss[/caption]

C’est leur spiritualité qui te plait ?

Non, je ne suis pas branché mysticisme ou ce genre de trucs, mais par contre je pense que ce qui en est ressorti de ces populations là, c’est vraiment quelque chose de puissant.

Et tu penses que c’est un esprit qui est toujours vivant chez les indiens ?

Aujourd’hui tout le monde les a oublié, mais là bas, chez eux… J’ai vu il n’y a pas longtemps un reportage qui m’a vraiment marqué sur les Lakotas, et c’est tout à fait ça. L’esprit est là. « Forbidden tribe » ça veut dire ce que ça veut dire ! Ils vivent en autarcie totale, mais ils ont une puissance d’esprit qui est là.

Je vais encore te contredire, tu as dit que tu n’étais pas très branché mysticisme, mais pas mal de chansons ont l’air assez ésotériques ! Bon bien sûr tout est interprétable, mais des titres comme Necromancer, Invoking Demons, Ghost in the Mirror

Alors je ne le suis pas du tout, mais par contre je suis super intéressé par ce genre de trucs ! Parce que « être » et « être intéressé » c’est deux choses très différentes ! C’est parce qu’il y a des thèmes forts là-dedans, après je n’ai rien à voir avec des sectes ou tu ce que tu veux, mais ce sont des sujets qui m’ont toujours intéressé. Un titre comme Last Fly to Sirius sur Cosmovision, c’est un morceau totalement à fond là dedans. C’est « on s’en va vers Sirius donc tchao », la secte qui se flingue… On a toujours été plus ou moins attiré par ce genre de sujets. Donc tu as raison, il y a un petit côté mysticisme, sans qu’on soit dedans mais on en parle. Ce sont des thèmes forts, qui collent avec une musique comme le metal.

Qu’est-ce qui t’as mis sur ce genre de thèmes ? Un reportage, un livre que t’as lu, ou juste une accumulation de choses comme ça…

Tu cherches toujours un peu des sujets « qui collent » à la musique, à l’atmosphère de la chanson. Un morceau comme Necromancer par exemple, tu vois la tête du riff, si tu fais un texte dans le genre sex, drugs and rock’n’roll, un truc à la Blackrain, ça va pas le faire !

Et je me demandais, Ghost in The Mirror c’est une histoire de ce genre aussi ?

Non, c’est l’histoire d’une personne. Après c’est très imagé, mais c’est une personne qui fait le point sur sa vie, et il se regarde dans un miroir, et il voit un fantôme, il se voit comme un fantôme. Si tu veux le refrain c’est « I live in the dark again, I’m the ghost in the mirror » ; c’est-à-dire qu’en fait il veut s’échapper, mais il n’a pas de moyen de s’échapper. On pourrait interpréter ça comme un gars qui est emprisonné dans sa cellule, qui n’a plus de vie, qui est entre quatre murs et qui y finit sa vie, et son seul moyen de s’extérioriser c’est un miroir. Il veut partir à travers le miroir mais il n’y arrive pas puisqu’il refuse de lui-même d’être un fantôme. Du coup il fait le bilan et finalement il n’y a rien qui se passe, et ça revient sur le refrain, « I live in the dark again, I’m the ghost in the mirror »…

Il y a aussi une chanson dont le style tranche pas mal avec le reste de l’album j’ai trouvé, c’est la balade The Bridge is Burning.

The Bridge is Burning c’est quelqu’un qui vit une relation à distance – ça peut être aussi personnel, vu que moi j’ai ma copine qui habite loin, mais ça n’a rien à voir avec elle, nous tout se passe bien, mais c’est sur le pont qu’il y a dans ce genre de cas, et le fait que c’est très difficile d’avoir une relation à distance. Ca peut être interprété comme une relation amoureuse qui part en cacahuète, ou différemment, avec un être qui est proche mais qui s’en va à cause de la distance… « The bridge is burning » ça veut dire ça ; c’est que les ponts qui existent dans les relations à distance que tu peux avoir, à partir du moment où tu n’as pas fait le pas de casser cette distance, et ben le pont ne vas plus aller, tout tombe. Ca colle bien à l’esprit du morceau, à ses arpèges.

Ce qui est amusant avec Nightmare – mais que d’autres groupes font aussi tu vas me dire – c’est que vous laissez toujours à l’auditeur le choix d’interpréter la chanson.

Oui, parce qu’on fait toujours des choses imagées. On n’est pas très précis, et du coup il y a plusieurs possibilités d’interprétation, et c’est mieux d’ailleurs. Parce que sinon c’est pas intéressant ! Moi je dis toujours que les textes – d’ailleurs s’ils n’avaient pas fait la connerie d’imprimer mal dans le livret, je ne sais pas si tu as vu – les textes sont vachement important, donc c’est vrai que c’est vraiment important de les lire tout en écoutant au casque, tranquillement.

Ok… Une dernière question : maintenant c’est quoi vos projets ?

Ce soir release party à Lyon, demain à Grenoble, mercredi on part à Dubaï, dimanche on finit le clip – la partie non-musicien, on tourne à Dubaï, ensuite on est au Hellfest, au Wacken derrière, on a un autre festival qui vient de tomber, je ne l’ai même pas encore dans les dates, c’est le Durbuy Rock, en Belgique, ensuite on est à Dijon, et après on a une tournée européenne qui va de octobre jusqu’à… On est super chargé jusqu’en décembre ! Pas de soucis par rapport à ça !

Dans ce cas je pense que je vous verrais bientôt, merci pour tout !

Merci à toi !

 

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