Anathema – Distant Satellites

Si il est un groupe à qui on ne peut pas reprocher un manque d'évolution au cours de sa carrière, c'est bien Anathema. Pour rappel, ce groupe anglais s'est formé au milieu des années 90 et proposait à l'époque un Doom/Death très lourd. Au fil des années, la formation a fait évoluer son style pour arriver à un rock progressif très planant et enivrant. C'est dans ce dernier que s'inscrit cet album, Distant Satellites.  
Avant de nous pencher sur la musique à proprement parler, parlons de l'artwork. Alors que depuis quelques temps, le groupe nous avait habitué à un bleu omniprésent, correspondant à chaque fois aux sonorités lumineuses des albums, on a ici une pochette aux teintes noires et rouges. Ce changement annonce-t-il un album plus sombre ?  
Les premières notes retentissent et là pas de doutes, c'est du Anathema qui passe, la signature musicale du groupe est omniprésente. On pourra du coup reprocher un manque d'innovation. En effet, on retrouve des très grandes similitudes avec l'album précédent. L'atmosphère reste néanmoins beaucoup plus pesante. Une sorte de "jumeau maléfique" de Weather Systems.  
Les titres s'enchainent parfaitement, nous immergeant dans cette ambiance noire, pas forcément glauque, mais tourmentée. On retrouve quelques relents de l'époque où Anathema pouvait faire ressortir nos cotés torturés (rappelez vous de One Last Goodbye)… On voguera entre des chansons assez rock dans l'esprit (Lost Song Pt.1) ou plus posées (Anathema, pur joyau de mélancolie). Il n'y a qu'arrivé à "You're not alone" que nous serons étonnés... Ce titre est le point faible du disque : sorte d'interlude aux sonorités semi électronique, pas mauvais en soi mais contrastant beaucoup trop avec le reste. Son utilité est franchement discutable d'autant plus qu'il est suivi d'un autre interlude monocorde, un son quasi-religieux servant à introduire "Distant satellites", titre inhabituel par ses sonorités mais pas désagréable. Tout comme "Take Shelter", sorte de lumière au bout du tunnel sur laquelle se finira l'album.  
  Au final on a un album réussi, très semblable à Weather Systems au début, mais qui après une rupture franche nous montre une autre facette d'Anathema. Un coté légèrement électro qui n'est pas sans rappeler l'excellent groupe Antimatter. Ce n'est clairement pas le meilleur album du groupe mais on a quand même dans les mains un excellent CD que l'on prendra plaisir à écouter et qui saura révéler ses secrets sur plusieurs écoutes. C'est ce genre d'album qui vous apparaitra différent selon votre état d'esprit. Un kaléidoscope de sentiments allant de la nostalgie à l'espoir en passant par la tristesse. Un disque qui plaira autant aux fans qu'à ceux qui cherchent à découvrir la facette rock prog du groupe.

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