Interview Monkey3

Lors du dernier Desertfest à Londres,  les Lausannois Monkey3 ouvraient le bal à l'Electric Ballroom. Entre soundcheck et début de concert, Walter, le batteur recevait le Pavot Enragé en loge pour une petite discussion bon enfant autour d'une bière. Occasion de parler de leur dernier album, du changement de line up et de leurs projets . Tout d'abord, bien contente de vous revoir . On va commencer par parler de votre dernier album, « The 5th Sun » . C’est votre septième opus, et le premier qui a été produit par Napalm Records Exactement, on a la chance d’avoir rencontré Napalm, et d’avoir signé pour cet album. Ils nous ont beaucoup, beaucoup aidés. Qu’est-ce qui a changé depuis que vous avez signé chez eux ? Disons qu’on a eu vraiment beaucoup de bonne promo, ça fait beaucoup pour le groupe. On a pu revenir un peu mieux dans la scène Stoner, qu’on a avait un peu perdu de vue pendant une période, suite à des problèmes de management de l’époque. Donc, voilà beaucoup de bonne promo, on travaille aussi avec des gens avec qui on travaillait déjà à l’époque, qui nous ont toujours beaucoup aidés, qui ne nous ont pas oubliés… Sound of Liberation, tout ça ? Oui, ce sont eux qui nous bookent. Ils (Napalm Records) ont super bien bossé ; non seulement ils ont sorti le nouveau, mais ils ont aussi réédité les anciens, ce qui était une belle surprise, parce qu’à la base on pensait surtout au nouveau, et on ne pensait pas du tout qu’ils auraient fait tout ça.  Donc voilà, pour le moment tout se passe bien, on a eu des bonnes ventes donc ils sont contents. Et au niveau de l’enregistrement, ça a changé quelque chose pour vous d’être avec une Major ? Non, pas du tout, on n’a jamais eu la pression en fait. Tu sais, c’est une musique tellement particulière qu’on ne programme pas exactement nos compositions, on fait pas du mainstream pour faire un tube, donc bon. Justement, quel est votre processus de composition ? Oh, tu sais, je pense que c’est comme pour beaucoup de groupes, on fait des jams sessions au local. Après y a toujours quelqu’un qui apporte une idée, c’est souvent Boris ou Guillaume, qui ont des instruments plus mélodiques, parfois on se concerte… C’est très aléatoire en fait, ça peut autant venir de quelqu’un en particulier que d’une jam session… Après on prend certaines parties, on arrange le morceau, on bosse dessus… Ce dernier album, je le trouve plus pêchu, plus Heavy que les précédents, est-ce que c’est plus de contribution de Boris au niveau de la gratte ? Non, non, je pense que c’était un peu la rage des années précédentes où on a eu des gros problèmes, on a eu beaucoup de difficultés, je pense que le côté plus pêchu qui s’entend c’est peut- être un peu pour ça. C’est arrivé sans qu’on y réfléchisse, naturellement. Je pense vraiment que ça vient de là, puisque comme je te l’ai dit on ne calcule jamais vraiment la direction que prendra l’album musicalement. Voilà, je pense que c’est automatiquement ressorti de l’intérieur de nous, toute cette rage qu’on avait, voilà ! (rires) La sortie de « The 5th Sun »  a été accompagnée par une grosse tournée, 21 dates dans toutes l’Europe, c’est pas mal! Comment avez-vous ressenti l’accueil du nouvel album pendant la tournée ? Très bien. La promo de Napalm a beaucoup aidé, on a eu des soirées superbes, d’autres un peu plus difficiles, mais dans le sens où on jouait en début de semaine, des choses comme ça.  Malgré tout, on a eu beaucoup plus de monde que ce qu’on pensait. C’est un peu fatiguant, mais on a eu de très bons échos, et surtout le terrain était super bien préparé, merci à Napalm et à Sound of Liberation ! Ces derniers ont d’ailleurs très bien fait leur travail de booking, autant dans des clubs ou on avait déjà joué que dans d’autres qu’on ne connaissait pas encore A peine un mois après la fin de la tournée, vous annonciez le départ de Picasso, votre bassiste. Pourquoi ce départ ? Tout simplement, il a voulu changer de vie. Il avait plus vraiment envie de faire de la musique pour le moment. Rien à voir avec le fait que vous ayez signé avec une Major donc ? Non non, pas du tout. On a ressenti qu’il avait moins l’envie déjà un peu avant en fait. Tu sais on est toujours un « petit groupe », avec des conditions particulières. C’est pas évident tous les jours, et je peux comprendre qu’à un certain âge t’as envie de changer de vie, de te poser un peu. Ou d’arriver à en vivre ? Non pas du tout. Tu sais, vivre de ta propre musique c’est très très difficile, il y a vraiment très peu de groupes qui y arrivent, surtout dans notre milieu. C’est un milieu super et une belle famille, mais cette musique reste difficile à démarcher, dur de passer à la radio, etc. Donc vous avez des boulots à côté ? On a chacun un boulot ouais. On essaye de donner le maximum, on bosse à 50%... Pour le moment on a la chance avec notre musique de ne pas avoir à mettre de l’argent dedans, d’avoir un petit cachet après les tournées pour pouvoir payer nos loyers ! (rires) Lors de l’annonce du départ de Picasso, vous annoncez également son remplacement par Kevin, comment vous l’avez trouvé ? On a voulu auditionner des bassistes, et on a mis une annonce, tout simplement, sur un site spécialisé pour la recherche de musiciens. Après on connaissait un peu son groupe, on le connaissait un peu de vue et tout, mais pas personnellement. Il s’est donc présenté, on l’a rencontré, on l’a auditionné, on lui a donné quelques grosses pièces pour lui foutre un peu la pression ! (rires) Il est arrivé, il a assuré, il connaissait les morceaux, il a bien bossé,  il a bien acquis tous les sets et les morceaux. Il a vraiment donné beaucoup de lui-même. On est très satisfaits, parce qu’on ne pensait pas trouver quelqu’un qui apprendrait aussi vite ! Et en l’occurrence, bonne ambiance ! Lui était notamment bassiste dans Black Willows. Est-ce que vous avez aussi d’autres projets musicaux à côté ? On est libres d’avoir chacun d’autres projets à côté. Boris en a un, moi j’en avais un j’ai arrêté, Guillaume pour le moment pas. Pour nous, tant que ça n’entraîne pas de difficultés avec Monkey3, pourquoi pas ! Vous pensez que les influences musicales de Kevin vont amener quelque chose de plus, de nouveau aux compositions ? Sûrement que ça amènera quelque chose de nouveau ! Ce sera un peu la surprise parce qu’on n’a pas encore eu le temps de faire ça avec lui, on a attaqué directement avec les concerts. D’ailleurs, vous avez déjà composé des choses pour un futur album ? Walter :  Non, pas encore, mais on compte s’y mettre après la tournée. Ce sera un peu plus calme cet été, et on a va attaquer ça. Donc ouais effectivement ça va être la surprise, je pense qu’il y aura quelque chose de nouveau, Kevin pourra y amener ses idées et son expérience, étant donné qu’il a aussi fait de la guitare… Bref, ce sera la surprise, mais je pense que ce sera une bonne surprise ! Vos influences musicales à chacun ?  Quels sont les groupes actuels que vous aimez par exemple ? Actuels ? Qu’on aime ? Disons que personnellement y en a pas des masses… Même s’il y a des très bonnes choses dans le milieu. Disons qu’on est restés branchés sur les sons de notre époque à nous, des choses un peu plus Old School, du Hard Rock, etc. On écoute ce qui sort actuellement, mais on ne s’y attarde pas plus que ça, on est des vieux cons ! (rires) Là, vous restez les 3 jours pour le Desertfest ? Non, on rentre demain à la maison, niveau budget on est un peu short, aller-retour donc voilà ! Vous allez voir d’autres concerts après votre set ? Quels groupes tu aurais envie de voir ? Sûrement oui ! J’ai pas vraiment vu les groupes qui passaient dans les autres salles, mais j’irai faire un tour, pas de préférence particulière. Vous pensez quoi de la scène Psyché/Stoner actuelle ? Il y a de très bons groupes, ça commence un peu à s’élargir, par exemple avec Napalm qui a fait son label annexe (Spinning Goblin ) qui pousse un peu ce milieu là, chose qui n’existait pas avant. Ils ont vu qu’il y avait du potentiel dans ces groupes et qu’il y avait une demande. Ce style de musique a toujours été là, mais il y a un soutien un peu plus prononcé. Le milieu grandit un peu plus qu’il y a dix ans. Etant un groupe instrumental, qu’est-ce que vous voulez dire avec votre musique ? Un message ? Le message ? Passez une bonne soirée, un bon moment. Pas de message particulier. La musique c’est un partage. Partager un beau moment avec le public, faire en sorte qu’il s’éclate, qu’il plane ! (rires) Merci Walter de nous avoir accordé un peu de ton temps . Mot de la fin ? Cool d’être à Londres, petit rêve qui se réalise, j’espère que tout le monde va passer une bonne soirée, et on va essayer d’envoyer un peu la sauce quoi ! Et ce fut effectivement une bonne soirée et un bien bon concert. La preuve en image avec l'intégralité de leur set  ICI 

2 thoughts on “Interview Monkey3

  1. Eh, pas hyper bavard les gars on dirait !
    Clair que ça doit pas être évident de concilier le boulot avec une tournée européenne… Mais c’est cool si Napalm se met au stoner.

    • pas bavard quand on fait de l’instrumental, je trouve ça plutot raccord.
      Et en ce qui concerne Napalm, leur branche Psyche/Stoner, Spinning Goblin existe depuis 2011. Ils ont déja une vingtaine de groupes sous leur aile (et pas des moindres dans le milieu) et même de grosses pointures, comme Monster Magnet par exemple

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