Interview d’Arcania – Partie I

Aujourd’hui, rencontre avec un jeune groupe français aussi doué que sympathique, bien décidé à porter son message : le thrash old school n’est pas mort ! Et c’est dans l’ambiance chaleureuse du Dr Feelgood que nous avons discuté de leur deuxième album récemment sortit : Dreams Are Dead.

D’abord, merci pour cette interview et félicitation pour le nouvel album ! Pour ceux qui ne connaissent pas encore le groupe, est-ce que tu peux vous présenter rapidement ?

Merci à toi, au contraire ! Arcania est un groupe qui existe depuis quinze ans maintenant, c’est un groupe de potes d’enfance ! On a commencé on avait treize- quatorze ans, on n’avait qu’une envie c’était de faire comme les groupes qu’on écoutait en CD et dont on passait des après-midi entière à mater les DVD de live, du coup on voulait faire pareil. Aucun de nous ne jouait à l’époque, et du coup on s’est dit « on va faire un groupe ! » On a commencé à bosser, on a enregistré une démo, deux démos, à faire quelques concerts, on a eu pas mal de tuiles, de changement de line up… On a sorti deux albums du coup : Sweet Angel Dust en 2010 et Dreams Are Dead qui sort là, en 2014. Voilà, c’est un résumé un peu succinct, en quinze ans il s’en passe des choses mais voila !

C’est sûr ! Et vous avez aussi perdu l’un des vôtres pendant ces quinze ans…

Oui… Gaby … C’était un des fondateurs du groupe, on l’a fondé tous les trois avec Cyril, le guitariste-chanteur et moi, et Gabriel est décédé dans un accident en 2003. Du coup on a choisi de continuer… Ca fait partie des gros moments noirs du groupe, mais voila on est toujours là… Ca nous a forcément influencés, d’un point de vue musical et sur l’orientation musicale du groupe, ça c’est clair et net, mais voila ça fait partie de la vie.

Il y a trois chansons que j’ai trouvé vraiment énormes dans cet album, c’est Rise and Never Fall, Dreams are Dead et Suffering for an Answer ; ils auraient fait tous les trois de bons morceaux phares, et de bons titres pour un CD. Pourquoi est-ce que vous avez choisi Dreams Are Dead ?

Merci pour les trois ! Moi aussi j’adore Dreams Are Dead, j’adore la jouer aussi ! C’est vraiment un de mes morceaux préféré de l’album ! Pourquoi celle- ci ? Parce qu’en fait Dreams Are Dead c’était le concept de base. Ce n’est pas un concept album mais c’était un peu l’idée générale qu’on voulait lui donner. Donc le titre était déjà là avant la chanson ; c’est tombé sur celle-ci parce que ça collait parfaitement mais en fait c’était vraiment ces rêves qui sont tronqués et un peu changeants… Donc voila, c’était vraiment l’idée générale de l’album !

Vous aviez un exemple précis en tête de rêve fichu ?

Oui, en l’occurrence déjà rien que la mort de Gaby ça en fait partie ; mais c’est aussi toute cette vision qu’on a quand on est gamin de la musique et du monde en général qui est tronquée quand on passe au monde adulte ; et là on arrivé les pieds sur terre et justement, ce côté magique et féérique n’existe plus… C’est un peu ça en fait. Nos rêves de gamins ne sont plus ce qu’ils étaient. Ils ont changé, ils ont évolué, il y a toujours des rêves mais c’est plus les mêmes !

Mais ils se sont réalisés en un sens ?

Peut-être pas encore ! (rire) Ils ont changé on va dire. On n’a rien atteint pour l’instant !

Je suis là en train de t’interviewer pour votre deuxième album, et je suis le vingtième de la journée !

Oui c’est sûr ! (rire) On va dire que c’est un cheminement qui y amène ! Ca avance lentement mais sûrement ! Mais bon voila, donc pour en revenir à ces trois titres, Rise And Never Fall c’est vraiment pour ma part le titre que je trouve le plus bourrin de l’album ; Dreams Are Dead l’est peut-être pas mal aussi…

J’aurais dis plus violent mais dans le sens dur.

Dur ? Oui, c’est vrai. Et Suffering for An Answer, oui, un petit côté ground du début, qui amène sur cette partie un peu bourrine, puis sur cette fin très lancinante… Il y a un bon contraste.

Et toi, est-ce qu’il y a des questions pour lesquelles tu serais prêt à souffrir pour avoir la réponse ?

Très bonne question ! (rire) Oui ! Oui, bien sûr. Mais il y a aussi certaines questions pour lesquelles on souffre et dont on n’aurait pas voulu avoir la réponse ! Parce que généralement c’est ça qui nous fait souffrir, c’est qu’on a une réponse qu’on n’aurait pas voulu avoir ! Enfin pour ma part, ce n’est peut-être pas forcément ce qu’a voulu dire Cyril là-dessus, mais oui. Et justement l’inverse est vrai aussi. Si on souffre pour avoir la réponse qu’on n’aurait pas voulu avoir forcément on souffrira et on se donnera la peine d’avoir cette putain de réponse !  Voila mon état d’esprit, en tout cas ça n’engage que moi ! (rire)

Belle réponse ! Par contre, en regardant un peu l’historique du groupe je me suis aperçu qu’au début vous chantiez en Français. Qu’est-ce qui vous a amené à passer à l’Anglais ?

Oui, ça fait longtemps qu’on y est passé, c’était en 2004 ! C’était les premières démos où on chantait en français, mais sur l’EP il y a trois chansons en français et une en anglais. C’est à ce moment là qu’on a commencé à y passer. Après c’était un choix global, on en a beaucoup discuté ; moi je trouve que c’est une langue qui s’y prête plus, peut-être pas forcément sur tous les trucs… Cyril reste persuadé, et on en reparlera sûrement, qu’on peut faire un truc bien – c’est un fan de Bertrand Cantat, de son côté parolier ; et il se dit qu’on pourrait avoir un Bertrand Cantat dans le metal ; ça n’a jamais été exploité, et pourquoi pas, essayer de faire vraiment un bon côté parolier tout en faisant du metal. C’est peut-être un objectif, on y reviendra peut-être, je ne sais pas, ça dépendra du futur et des chemins qu’on aura pris à ce moment là.

[caption id="attachment_17243" align="aligncenter" width="380"] On était jeune à l'époque ![/caption]

C’est le côté onirique, un peu dur, qui l’intéresse ?

Peut-être aussi… Mais tu vois, on en parlait déjà avant toutes ses histoires… Noir Désir ce n’est pas que ça mais c’est un mec torturé malgré tout ; et ces paroles sont justes magnifiques, c’est super bien pensé, c’est de la poésie quoi ! Pourquoi pas… Est-ce que ça peut coller avec le metal, je ne sais pas.

Il y a une grosse nouveauté sur le dernier album, c’est que maintenant il y a un peu de chant death sur certaines chansons.

Oui ! En fait, comme on est arrivé sur des morceaux qui étaient plus durs, plus techniques, moi j’aime beaucoup de le death et David aussi – David Potvin, qui nous a enregistré – mais Cyril déteste ça, il ne voulait pas le faire, mais pour servir la musique on disait que là il fallait vraiment que ce soit un peu plus agressif. Déjà sur Sweet Angel Dust il en avait mis un peu par-ci par-là, là c’est vraiment parcimonieux aussi, il y en a pas tant que ça ! Ca a été dur, on a ramé pas mal mais du coup ça sert pas mal la musique je trouve. Plutôt que ça reste, je ne vais pas dire linéaire au niveau du chant parce qu’il y a beaucoup de parties différentes, mais oui, un petit poil d’agressivité en plus quoi. Il ne le fera pas en live, je ne pense pas – ça m’étonnerait en tout cas (rire) – mais au moins c’est sur l’album !

Et tu penses qu’il y en aura aussi dans les albums suivants ? C’est un truc que vous allez garder ?

Très bonne question ! On verra en fonction des compos, de l’ambiance globale du morceau, de l’album, même du riff en question… On verra ! Mais maintenant il est peut-être un peu moins réticent à en rajouter un par-ci par-là, donc je ne sais pas. On verra pour le prochain ! (rire)

Ça dépendra des retours qu’il a peut être ?

Oui, mais que je pense qu’il a son idée déjà bien précise du chant, de ce qu’il veut en faire, et ce n’est même pas une question de retour, c’est voir si ça sert la musique ou pas. S’il sent que ça ne la servira pas, il ne le fera pas, ça c’est clair. Tout dépendra de l’orientation musicale du prochain album ! On verra !

D’accord ! Il y a un autre truc qui m’a vraiment impressionné sur l’album, c’est les solos ; surtout que tu m’as dit que vous étiez tous autodidactes ! Vous avez du passer beaucoup d’heures à regarder des vidéos !

Nico a vraiment fait un super boulot ! C’est notre nouveau grateu soliste ; on avait joué avec son groupe à Brest, en 2012 je crois, et il a une super technique, un super mec tout court ! Super zikos, et il a fait un super travail sur cet album. Il a enregistré que les solos mais ils sont vraiment bien pensés… Moi j’aime beaucoup ce qu’il a fait.

(à suivre)

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