GAMMA RAY – EMPIRE OF THE UNDEAD

Quatre ans depuis To The Metal en 2010, on peut dire que Gamma Ray a pris son temps ! Oh bien sûr la période entre les deux a été bien remplie : tournée sur tournée, albums live, EP, etc. Mais voila : de nos jours, un délai de quatre ans entre deux albums passe pour long. Et on a tendance à considérer que le résultat doit être à la hauteur.

Or, quand on est un groupe comme Gamma Ray, avec tout pile un quart de siècle d’existence et une discographie bien remplie, difficile de réinventer la poudre à chaque nouvelle production. Le power metal n’est plus depuis longtemps quelque chose de nouveau. Ceux qu’on considérait comme des imitateurs des formations classiques sont eux-mêmes devenus des formations classiques, que copient à leur tour de nouveaux venus. Helloween, Gamma Ray, Blind Guardian, les fondateurs sont toujours là. Comment continuer à tenir sa place tout en évitant de passer pour statique ? Un défi auquel il peut être bien difficile de répondre…

Bref, Empire of the Undead est attendu au tournant, et il n’a pas intérêt à décevoir son monde. Le groupe le sait, et nous a ménagé quelques surprises.

Et la première arrive dès le début. Original d’ouvrir un album sur une ballade qui gagne progressivement en puissance pour se transformer en un très bon morceau de power metal, avec riffs et chœurs aux accents épiques. On se débarrasse de l’invariable morceau instrumental d’intro d’une minute qui n’apporte strictement rien à l’album, et on rentre directement – mais néanmoins en douceur – dans le cœur du sujet.

Etonnante également l’agressivité de certains titres, inhabituelle pour Gamma Ray. Demonseed, avec ses riffs saturés, courts et martelés, son tempo moyen et son peu d’éléments symphoniques, sonne très heavy. Le chant est tantôt hurlé, tantôt clair et puissant, les paroles dans la veine « fantastique sombre ». Un titre qu’on pourrait dire à la Iron Maiden, rappelant The Reincarnation of Benjamin Breeg ou Ghost of The Navigator ! Mais la patte est bien celle de Gamma Ray.

Quand à Pale Rider, elle tourne carrément au trash : les guitares se font rapides et ultra-saturées, le chant violent et distordu…  Les refrains, eux, sont assez curieux, le chœur y chantant quasi sur une seule note assez grave. Par moment une voix parle, à demi couverte par les guitares, racontant quelque chose au sujet d’un démon.

Cette noirceur contraste avec l’exubérance de Hellbent, Empire of the Undead ou I Will Return. De purs morceaux de power metal, avec batterie déchainée, riffs et solos supersoniques et chant exaltant l’héroïque-fantaisie ! Bref, du Gamma Ray de la grande époque, qui prouve que le groupe a encore des choses à dire dans le style qui a fait sa gloire. La qualité est là, les refrains et les riffs restent dans la tête, les aspects mélodiques équilibrés pour accroitre la puissance des compositions, et qui plus est on devine déjà qu’elles devraient très bien passer en live. Que demander de plus ?

Master of Confusion en revanche, sonne un petit peu plus prog. Des petites expérimentations, principalement au niveau du chant mais aussi au niveau des guitares, parsèment la composition. Bien intégrées, elles lui apportent une touche particulière – qu’on appréciera ou pas.

Parfois aussi une touche de lyrisme à la Rhapsody, comme sur Born to Fly :

Flying high, like an eagle

Touching rainbow in the sky…

Un aspect qui curieusement ne revient pas du tout sur la ballade, Time for Deliverance, plus ambitieuse et aux ambiances plus nuancées.

Pour résumer, avec Empire of the Undead Gamma Ray prouve qu’il est toujours aussi solidement ancré à la tête de la scène power mélodique. Non seulement il continue à produire des chansons dans sa veine classique sans qu’elles sonnent comme des redites, mais il arrive également à incorporer des éléments nouveaux, à évoluer petit à petit sans pour autant se dénaturer. Deux choses auxquelles beaucoup de formations échouent, et qui distinguent les grands groupes des bons.

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