GOTTHARD – BANG!

Quand Steve Lee et Leo Leoni décidèrent en 1992 de fonder un groupe et lui donnèrent le nom d’un massif voisin de leur ville natale de Lugano, ils ne s’attendaient surement pas à rencontrer un tel succès à travers la planète. Et probablement encore moins qu’un jour, l’un d’eux disparaitrait avant le groupe. Vingt-deux ans plus tard, Gotthard est devenu l’une des icones mondiales du hard rock. Il en est aujourd’hui à son onzième album, et au deuxième sans Steve Lee. Après son décès dans un accident de moto en 2010, on se doute que le choix de continuer n’a pas été facile. Mais c’est celui qu’ils ont fait. Et Nic Maeder a donc été choisi pour remplacer l’absent.

Il a fait ses preuves ses preuves sur Firebirth, a montré que Gotthard pouvait continuer avec lui. Oh bien sûr ce n’est plus tout à fait la même chose. Ce n’est pas LA voix. Mais c’est un bon chanteur, et la vie continue.

Et visiblement le groupe a des choses à dire. Treize chansons plus une intro, plus d’une heure de musique ! Un album long et riche, à appréhender en plusieurs écoutes. Sur le fond, toujours ce hard rock très mélodique avec riffs lourds et guitares saturées judicieusement disposés. Mais dans le détail, un petit quelque chose de changé. Visiblement Nic Maeder a prêté la main aux compositions, et ça s’entend.

Le plus inattendu, c’est peut-être la présence de chant féminin sur Maybe et Thank You. Il est assuré par Melody Tibbits, une chanteuse américaine. Pas la peine de chercher dans ses souvenirs : ce n’est pas une artiste de réputation internationale, ni l’égérie d’un groupe célèbre. Elle est actuellement professeur de musique dans un lycée privé américain de Lugano, où elle a pu rencontrer les membres du groupe. Sur la ballade Maybe, elle est en duo avec Nic Maeder. Leur association fonctionne bien, et sa présence apporte une touche d’originalité.

Dans les surprises, il y a également Mr. Ticket Man. Un titre à l’ambiance particulière, soulignée par les chœurs scandant le refrain « Go... Go... Go... That?s the ticket! » On ne sait pas qui est ce « ticket man » à qui il s’adresse avec tant d’ironie et de jeux sur les sonorités.

Une chanson qui contraste radicalement avec l’autre balade, C’est la Vie. Beaucoup plus sombre et mélancolique que la plupart des productions de Gotthard, on ne peut pourtant pas la considérer comme une chanson triste. Au contraire, elle rejette le fatalisme et la résignation, affirme la nécessité de croire en ses rêves pour pouvoir changer le monde. Un titre optimiste donc, se terminant sur la conviction que « You gonna change the world ». L’accompagnement d’accordéon lui donne une petite allure folk-rock inattendue.

Pour le reste, on revient aux fondamentaux du hard rock. Des titres comme Get Up 'n' Move On, Jump the Gun, My Belief ou Red on a Sleeve nous ramènent tout droit à la grande époque de Led Zeppelin et Scorpions. Puissants et énergiques, mêlant chœurs et guitares saturées, ils témoignent d’un genre déjà ancien mais toujours bien vivant.

Certains, notamment What You Feel ou Feel What I Feel, présentent un aspect mélodique plus marqué, avec chœurs et passages instrumentaux agrémentés de guitares sèches, d’orgue… Des titres plus doux, pas vraiment des balades puisqu’ils s’appuient sur des riffs et des guitares peu saturées, au contraire de Maybe et C’est la Vie.

Mais quel que soit le style de la chanson, le chant de Nic Maeder en reste le principal acteur. Impressionnant de variété et d’expressivité, il présente une grande richesse de nuances et véhicule très bien les émotions et l’état d’esprit des chansons. Parfois sombre, parfois débordant d’énergie, il résume la philosophie exprimée sur C’est la Vie, et qui est au fond celle de Gotthard : ne pas renoncer à ses rêves et continuer d’avancer.

Avant de conclure, un mot sur la dernière chanson, elle aussi un peu inattendue. Une balade de dix minutes intitulée Thank You, au tempo lent et où le chant, souvent doublé ou soutenu par des chœurs, est accompagné par un piano. C’est également le deuxième titre où apparait Melody Tibbits, en solo cette fois. Qui le groupe remercie-t-il ainsi ? Les interprétations peuvent diverger… Mais plus probablement, tous ceux qui les soutiennent.

Bang ! prouve que Gotthard fait toujours partie des grands groupes de hard rock. Leo Leoni et ses compagnons ont décidé d’aller de l’avant, et ont recruté un chanteur qui en vaut la peine.

3 thoughts on “GOTTHARD – BANG!

  1. ça donne envie ta chronique..j’ai lâché le groupe après dial hard et G…ça vaut peut être le coup de taper dedans ..merki..

    • Merci Blacky :)
      Moi j’ai vraiment bien aimé, si tu le prends j’espère que tu l’aimeras aussi. Tu me diras ce que t’en penses !

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