THE SIXXIS – HOLLOW SHRINE

Aujourd’hui, cap sur Atlanta ! Dans cette douce ville de Géorgie, nous allons à la rencontre d’un jeune groupe de rock local, mêlant une foule d’influences pour un son indéfinissable : The Sixxis. Son histoire commence en 2006 quand Vladdy Iskhakov décide d’abandonner provisoirement le violon et son travail au sein d’un orchestre classique pour fonder un groupe en compagnie de son ami, le guitariste Paul Sorah, et trois autres musiciens : le bassiste Mark Golden, le batteur JBake et le guitariste Cameron Allen. Chacun y apporte ses influences, tirées du rock et du heavy metal mais aussi de la musique classique, du funk, du bluegrass, du jazz... Le but : tout fusionner dans un rock progressif puissant et riche.

Leur carrière décolle véritablement 2012, où une série de concert leur vaut d’attirer l’attention d’un certain nombre de pointures du genre. S’ensuit une tournée en Europe en première partie de The Winery Dogs, et une invitation au très prestigieux Progressive Nation At Sea, peut-être le seul festival de rock et de metal au monde se déroulant sur un bateau dans la mer des Caraïbes… Après ces diverses réussites et un EP de cinq titres en 2013, The Sixxis présente donc aujourd’hui son premier album, Hollow Shrine.

Le résultat ? Un rock progressif teinté des multiples courants musicaux qui ont pu naître et croître aux États-Unis – et ils sont nombreux. Les guitares sont résolument saturées et sonnent assez heavy, le chant généralement doux mais capable d’attaques soudaines. Et les compositions sont une fusion de tant d’influences qu’il est difficile de les démêler. L’ensemble se veut par ailleurs accessible, avec des chansons dépassant rarement cinq minutes et un seul titre instrumental, Coke Can Steve.

On ne peut donc pas vraiment décrire Hollow Shrine. Trop de choses différentes s’y croisent. Par moment, on reconnaît – ou croit reconnaître – un passage inspiré du classique, de la musique afro-américaine au sens large… Difficile d’être plus précis. Il faut écouter soi-même et se faire son avis.

Globalement, c’est un rock progressif assez doux, généralement en mid-tempo, très travaillé au niveau des ambiances. Waste of Time notamment, avec ses répétitions et sa façon de débuter sur un style agile, aérien, mérite qu’on lui prête intérêt. Quelle est cette manière de perdre son temps dont ils parlent au fait ? Renseignements pris auprès du groupe, il s’agit de l’un des amis du chanteur, Vladdy… Un ami cher et doté de très grands talents, et d’un talent encore plus grand gaspiller ses dons. C’est donc un titre à la fois assez léger, pour marquer l’inutilité de ses actions, et d’une certaine tristesse, chargé de regrets.

De manière générale les ambiances des chansons sont d’ailleurs assez sombres, voire chargées d’une certaine nostalgie, particulièrement marquée sur Forgotten Son et Home Again.

Le chant oscille entre une tessiture douce pour les passages calmes, et une autre aigüe, marquant les passages plus énergiques. Il sait osciller entre ces deux extrêmes avec des effets intéressants, comme ceux d’Opportune Time. Les guitares, elles, utilisent plusieurs registres : tantôt heavy, tantôt plus hard rock, tantôt progressif. A chaque fois leur travail est impeccable. Elles font preuve d’une bonne technicité, sans pour autant donner dans la démonstration. Le titre instrumental, Coke Can Steve, est de ce point de vue intéressant, avec ses compositions assez complexes et néanmoins dynamiques et entrainantes.

La basse est souvent assez présente, ce qui renforce le côté nostalgique et un peu sombre. Sur Nowhere Close en particulier, qui renoue avec la grande tradition du solo de basse.

The Sixxis est donc un groupe de rock assez hors norme et à peu près inclassable. Technique mais abordable, doux mais énergique... A chacun de s’en faire son idée.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>