Interview de Lacuna Coil

Non, pas du tout ! SI je suis à Pigalle aujourd’hui ce n’est pas pour… Heu bref. C’est pour rencontrer Lacuna Coil qui, de retour de Grèce où il vient d’achever sa tournée et avant de repartir à Milan pour de là s’envoler vers l’Angleterre, est à Paris pour faire la promotion de leur nouvel album, Dark Adrenaline. Et c’est Andrea Ferro qui a eu la gentillesse de répondre à nos questions, et de nous livrer son point de vue sur les évolutions suivies par Lacuna Coil.

Le Pavot Enragé : Bonjour Andrea et merci pour cette interview. Et d’abord félicitation pour ce nouvel album !

Andrea Ferro : Merci ! Tu l’as déjà écouté ?

Le Pavot Enragé : Oui bien sûr, et j’ai beaucoup aimé ! Ce nom, Dark Adrenaline, est-ce que c’est une allusion au premier album de Deftones ? Ou rien à voir ?

Andrea Ferro : Oh non, j’aime beaucoup cet album de Deftones, et Deftones en général et tous leurs albums, mais non, il n’y a pas de rapports. Basiquement, nous avons besoin d'un nom qui résume le style de musique que nous allions mettre dans cet album, c'est à dire quelque chose d'à la fois puissant et sombre (« dark »). Alors on voulait un titre qui représente bien ces deux aspects de l'album, et aussi le côté très énergique des chansons. Et nous avons réfléchi tous ensemble, et d'abord nous avons pensé à « black », mais cela faisait trop cliché, et ce n'était pas tout à fait ce que nous voulions. Alors nous avons pensé à « dark », et ok c'est tout autant cliché, mais c'est le bon mot pour décrire l'obscurité – le meilleur évidemment ! Et après « adrénaline » c'était un mot très fort et porteur de beaucoup d'énergie et cela allait parfaitement ! Je pense que ça pourrait aussi faire un bon titre pour un jeu vidéo ou un film, c'est un titre très fort. Et il représente le côté à la fois sombre et très énergique de l'album.

Le Pavot Enragé : La pochette résume bien le concept elle aussi... La bouteille d'adrénaline « Lacuna Coil » vide.

Andrea Ferro : Oui ! Basiquement, nous avons créé cette “adrénaline noire” dont est fait l'album, et d'ailleurs tu verras sur le DVD bonus qui est dans l'édition spéciale, il y a un petit film composé de six mini clips, un pour chaque membre du groupe, et qui développe le concept de cette adrénaline noire. L’histoire, en gros, Cristina a reçu une injection de cette substance, et elle a des visions tout au long de ces clips, avec des thèmes sombres genre thriller ou films d’horreur. Et c’est en lien avec la pochette, évidemment. Et il y aura aussi une autre édition, avec une autre version de la pochette, et celle-ci a été conçue par Marco, notre bassiste, et ce sera dans le style - tu as peut être vu la pochette du single Trip the Darkness ? Marco a fait l’autre dans ce style, et elle sera dans une édition spéciale que tu pourras recevoir en la commandant par mail ou par courrier, au même prix que la version normal. Edition limitée.

Le Pavot Enragé : Et qui a composé pour cet album ?

Andrea Ferro : De manière générale, c'est Marco qui est le principal compositeur du groupe. En général, il commence par travailler un bon bout de temps aux compositions, après quoi il nous donne les démos des chansons à moi et Cristina, et nous travaillons dessus, d'abord séparément puis tous ensembles, chez Marco. Il a une nouvelle maison, et au sous-sol il s’est aménagé un petit studio avec des micros, et tout le matériel… Très simple, mais bien suffisant pour la pré-production ! Et nous nous rencontrons comme ça tous les jours pendant trois mois. C’est facile de travailler de cette manière, parce que tout est si naturel, l’environnement si simple et relaxant ; du coup nous pouvons travailler tous les jours, discuter de quelles chansons on va garder, pour n'avoir que les meilleures sur l'album... Et après nous les chantons, ou juste Cristina ou moi, cela dépend de la chanson. C'est comme ça que nous travaillons pour la pré-production. Après, le producteur viens et écoute tout, et il fait des propositions pour ce qu'il pense que l'on peut améliorer, dans la structure de la chanson ou les paroles, et une fois d'accord nous les jouons tous ensembles, avec les autres musiciens, pour bien en fixer chaque partie. Et après on commence l'enregistrement.

Le Pavot Enragé : Est-ce que vous avez tous les mêmes influences, dans le groupe ?

Andrea Ferro : Plus ou moins… Quand Marco compose, la plupart du temps c’est la nuit, parce que c’est plus pratique pour lui. Et il prend sa guitare et joue en regardant la télé par exemple ; il aime mettre des documentaires de guerre ou des films d’horreur, ou des documentaires à propos de tueurs en série et ce genre de choses, et il coupe le son. SI bien que quand il joue il peut s’en inspirer pour imaginer la musique qui irait avec, tu vois. C’est pour cela que ce qu’il produit est souvent un peu sombre et assez heavy ! Ou alors il peut être en voiture en train de conduire tout en pensant à quelque chose d'autre, tu sais quand on conduit en mode « pilote automatique », et tout d'un coup il entend quelque chose à la radio, et il se le repasse dans la tête et le retient. Et la fois suivante il essaye d'en faire une mélodie ou un riff pour les guitares... C'est comme ça qu'il mène la conception de l'album, et après moi et Cristina nous arrivons avec nos idées à nous. Et oui, nous avons des influences différentes, mais nous les mettons toutes ensembles dans le même morceau. Et ça marche, parce que nous nous connaissons vraiment bien tous les trois, et nous travaillons ensemble depuis le tout début de Lacuna Coil, alors je pense que nous avons appris. Il y a une alchimie naturelle qui se crée, dans ces moments là... Tous les trois nous savons de quoi est fait Lacuna Coil, nous connaissons l'essence de sa musique.

Le Pavot Enragé : Marco, toi et Cristina, vous êtes un peu les leaders...

Andrea Ferro : Nous sommes les membres originels du groupe, et nous sommes toujours là... Parfois également les guitaristes nous proposent leurs compositions, mais c'est plus rare. La plupart du temps c'est Marco.

Le Pavot Enragé : Justement, au tout début vous étiez un groupe de metal gothique ?

Andrea Ferro : Oui.

Le Pavot Enragé : Et maintenant, plutôt neo metal...

Andrea Ferro : Je dirais plutôt de metal alternatif avec des influences de dark. Je pense que quand nous avons fait nos albums “Comalies” et “Unleashed Memories” nous étions dans un metal gothique du genre de Paradise Lost, Type O Negative ou Tiamat... Et donc nous essayons d'avoir le son de ces groupes. Et puis nous en avons appris un peu plus, nous en avons fait un peu plus, expérimentant et progressant dans notre carrière, et nous avons commencé à incorporer des éléments différents, qui petit à petit nous ont conduit à un son plus personnel – et différent bien sûr. Aussi je pense que nous sommes le résultat de cette évolution, depuis le metal gothique jusqu'à notre son d'aujourd'hui. Mais si on écoutes le nouvel album, on voit qu'il y a un peu de tout je pense ; il y a des chansons qui sont plus connectés à nos racines aussi bien que des chansons plus modernes et aux styles plus diversifiés. Et c'est le résultat de nos idées, parce que je pense que nous sommes maintenant arrivé à maturité.

Le Pavot Enragé : Le groupe a évolué, mais toi personnellement, est-ce que tu penses que tu as évolué depuis In a Reverie ?

Andrea Ferro : Oui, je pense que nous avons tous muris ; nous nous sommes améliorés et avons appris de toutes ces expériences que nous avons eus, albums après albums. Aussi je pense que le son que nous avons maintenant est le résultat de ces trois derniers albums, Shallow Live, Karma Code, et Comalies, parce que ce sont les albums où nous avons vraiment pu développer notre style -  nous aimons également tous les albums précédent bien sûr, mais comme je l'ai dit ils essayaient plutôt de se rapprocher d'un autre son. C'est normal, toutes les bandes commencent avec dans les oreilles le son de leurs groupes favoris tu sais,  et petit à petit tu apprends à faire ton propre son. Mais nous aimons toujours les anciens albums bien sûr ! Mais maintenant, ils font partie de notre histoire. (rire)

Le Pavot Enragé : Ok... Et à quoi fait référence la chanson “The Armys Inside” ?

Andrea Ferro : The Armys Inside fait référence à l'énergie et au courage que l'on est capable de trouver en soi-même dans les moments durs. Quand on doit se battre, et qu'on sait qu'on va devoir se battre pour changer les choses ou s'en sortir, tu sais. C'est un peu comme un combat avec sois même tu sais, un combat avec la façon dont tu vis. Le but est de surmonter ça et d'être prêt à se battre. Même si on a l'impression d'être dans un vraiment mauvais moment on dois toujours se battre pour rendre les choses meilleurs, parce que si on s'enfonce dans la dépression et qu'on s'enferme dans ses problèmes, alors on ne s'en sortira jamais. Alors, même si on a l'impression qu'on arrivera jamais à surmonter ça, on doit trouver l'énergie pour y arriver et aller de l'avant. On doit se battre pour trouver la meilleur façon de vivre sa vie et ne pas en rester là, parce que c'est ta vie, tu comprends. Parce qu'il faut toujours se battre pour obtenir des choses meilleurs. Ca n'est pas facile bien sûr. Mais c'est le message de la chanson.

Le Pavot Enragé : Ce n'est pas une adrénaline si sombre que ça tout compte fait !

Andrea Ferro : Non, pas vraiment sombre, mais c'est comme une guerre interne, parce que c'est dur à faire, qu'il faut se battre... C'est difficile ! Mais même si on est dans ce genre de moments sombres, il faut se rappeler que, dans la vie, toutes les choses qui en valent la peine commencent en général par des moments difficiles. Et il y a toujours un petit peu de lumière, un petit espoir d'aller ailleurs, même si on vit dans l'obscurité... Ca ne rend pas les choses plus faciles, mais cela veut dire que vous pouvez chercher la bonne manière de l'utiliser.

Le Pavot Enragé : C'est une de tes chanson préférée ?

Andrea Ferro : Hum… J'aime toutes les chansons, et si non elles ne seraient pas dans l'album tu sais, mais je pense qu'il y a différentes chansons que j'aime pour différentes raisons. Je peux aimer une ballade pour ses mélodies et les sentiments qu'elle fait naitre, mais je peux aussi aimer des chansons beaucoup plus heavy pour leur puissance. Aussi j'aime toutes les chansons pour des raisons différentes, et je ne peux pas dire pour une chanson « ok celle-ci c'est ma favorite », pas de cet album ni d'aucun autre de nos album ! Bien sûr il y en a certaines que tu écoutes plus que d'autres, mais je pense que, quand tu fais un album, toutes les chansons sont un peu tes bébés ! Alors tu ne peux pas vraiment choisir laquelle tu aimes le plus. Tu sais, certains bébés sont plus beaux, certains sont laids mais tu les aimes tous parce que ce sont tes chansons !

Le Pavot Enragé : C'est peut être une fausse impression, mais il m'a semblé que dans cet album tu avais un peu un chant à la Linking Park...

Andrea Ferro : Tu trouves ? Pourquoi pas, ça n'est pas une mauvaise chose ! C'est juste que l'on ne me l'avait encore jamais dit ! (rire) De Linking Park, j'aime surtout les quatre premiers albums, je pense que ce sont vraiment de très bons albums, après je pense qu'ils se sont un peu perdu. Ils écrivent toujours de bonnes chansons je trouve, mais c'est plus difficile de les suivre maintenant. Mais je pense qu'ils font toujours de super mélodies dans leurs chansons, et c'est ce que j'aime d'eux. Ce n'est peut être pas mon groupe de rock préféré mais je trouve qu'ils font toujours de grandes chansons ! Et je pense que ce que nous avons en commun, peut être, est le fait d'avoir une voix rauque, pas « claire », et pourtant mélodique. Et je pense que c'est ce que nous avons le plus en commun tu vois, la façon dont nous chantons. Mais beaucoup d'autres groupes ont ce genre de chant.

Le Pavot Enragé : C'est vrai... Je ne sais pas pourquoi, ton chant m'y a fais particulièrement penser !

Andrea Ferro : Pourquoi pas ? Je n'ai rien contre cette idée. Tant que tu me compares à des bons chanteurs, je suis ok ! (rire)

Le Pavot Enragé : Peut être que c'est aussi à cause de la façon dont vous avez évolué, qui ressemble un peu à la leur... Tout comme vous ils ont suivi leur chemin....

Andrea Ferro : C'est vrai ! Et c'est aussi ce que j'aime chez eux ! Même chez un groupe comme Metallica, j'aime le fait que, même en étant un immense groupe ils continuent à évoluer. Peut-être que parfois ils se trompent, il y a certains de leurs albums que je n'aime pas, Death Magnetic surtout, je ne l'aime pas vraiment. Mais je pense qu'ils sont vraiment courageux de changer à chaque album, et c'est une bonne chose pour un groupe ! Bien sûr sure cinq ou six  albums ça ne peut pas être une réussite à tous les coups tu sais ; parfois on s’égare un peu, parfois on fait un grand album. Mais j’aime les groupes qui se fixent ce genre de défis. Je n’aime pas les groupes qui se répètent toujours et toujours à chaque enregistrement, et refont encore et encore les mêmes chansons. Je n’aime pas ça. Pas pour moi, ce genre de trucs ! Ca ne me correspond pas. Et puis je n'aime pas non plus les gens qui essayent de ne changer que de toutes petites choses d'album en album, parce que je n'aime pas les gens qui regardent trop en arrière. Nous, nous voulons aller de l'avant, nous ne pensons qu'à l'étape suivante, nous cherchons à rendre le son meilleur – nous faisons ce que nous pensons devoir faire. Peut être que certains fans préfèrent les anciens albums parce qu'ils sont attachés à leur sons, ou peut être parce qu'ils ont grandis en écoutant ces chansons, et c'est pour ça qu'ils sont connecté à ce type de son. Et quand on change ils ne peuvent plus nous suivre. Mais c'est la vie tu sais, c'est comme ça. Il faut aller de l'avant. La vie ne va pas à reculons !

Le Pavot Enragé : Certes... Cela étant, il n'y as pas énormément de groupes de metal en Italie, mais parmi les plus connus, on ne peut pas dire que votre compatriote Luca Turilli ait beaucoup ce soucis d'évoluer !

Andrea Ferro : C'est vrai, mais je pense qu'il est difficile de faire évoluer ce genre de musique. Il y a certains type de musique qu'il est vraiment très dur de faire progresser, parce que tu peux faire mieux ou pire mais difficilement incorporer de nouvelles choses. Le power metal, c'est un genre de style qui est assez limité : la batterie fait « tatata tatata », les guitares vont vite, et le chanteur fait dans les « haaaaaaaaaaaaa », et qu'est-ce qu'on peut faire de plus avec ça ? On peut chanter plus grave... C'est difficile de bouger ça. C'est vraiment un style de musique très cliché ! On peut aimer ça mais c'est assez limité je pense, et c'est pour cela que tu peux toujours faire de bonne chansons, mais ajouter de nouveaux éléments, là tu auras vraiment du mal. Et beaucoup de groupes ont déjà fait la même chose...

Le Pavot Enragé : C'est vrai, mais pour le metal gothique c'est difficile aussi ! Tristania ou Sirenia en particulier, ont vraiment beaucoup de mal à évoluer...

Andrea Ferro : C'est vrai... Mais si tu regardes tous les groupes qui étaient populaires quand nous avons commencé, dans les années 90, tous les groupes de metal sont à peu près resté au même niveau, ou même ont perdu... C'est difficile d'évoluer tu sais, même pour un groupe comme HIM par exemple, c'est dur. Ils font des bonnes chansons, mais c'est tout ce qu'ils peuvent faire. C'est très difficile d'incorporer de nouveaux éléments quand vous avez toujours été un groupe de rock gothique. Alors que nous, nous avions l'habitude de switcher de temps en temps, quitte à défendre le résultat. Et nous avons été critiqués pour ça bien sûr mais au final nous pouvons toujours faire ce que nous voulons faire. Nous pouvons faire un album avec des chansons très heavy ou des balades, ou des chansons mélodique avec d'énormes chœurs, parce que nous n'avons jamais été catégorisé sous un cliché. Une fois catégorisé, comme Iron Maiden par exemple, après ce sera difficile, parce qu'il y a un moment où le style de musique que vous faite baisse en popularité, que de nouvelles tendances s'imposent. Et à ce moment là, où êtes-vous ? C'est difficile... Peut être que vous arriverez à revenir, bien sûr, mais quand un groupe est catégorisé sous un cliché, c'est très difficile d'en sortir.

Le Pavot Enragé : Cela dépend du type de metal... Beaucoup de groupes de metal extrême y sont arrivés.

Andrea Ferro : Tu penses à Sklipnot ? C'est vrai, mais il y avait toujours eu beaucoup de mélodies dans leur musique, et ils faisaient aussi bien des balades que des chansons hyper heavy. Ils ont toujours été ouverts musicalement. Ils ne se sont pas enfermés dans ce type de metal, comme l'a fait par exemple Morbid Angel – même si Morbid Angel a déjà changé beaucoup de chose dans sa musique ! Mais non, quand tu as pris ce genre de direction c'est difficile aussi.

Le Pavot Enragé : Et maintenant, vous êtes de nouveau en tournée, et vous allez partir aux Etats Unis... Vous êtes heureux d'aller la base?

Andrea Ferro : Oui, nous sommes très contents ! Nous savons que cela va être une très longue tournée. Ca sera épuisant et au bout de deux ou trois mois ça va commencer à devenir vraiment dur mais c'est un endroit vraiment très important pour nous et pour notre musique,  parce que c'est là bas que notre groupe attire le plus d'attention. Alors nous devons aller là bas, et nous allons tourner d'abord avec Megadeth, Motorhead et Volbeat, puis en tête d'affiche, et après en Amérique du sud avec Hatebreed et Lamb of God, et après retour aux States pour le Radio Festival, et après retour en Europe pour les festivals de l'été... Alors nous allons être très occupés cette année ! Ca va être vraiment bon, et nous sommes vraiment impatients que l'album sorte et que les gens l'écoutent. Ca va être beaucoup de travail mais c'est bon d'avoir du travail plein la tête ! C'est très positif, tu sais.

Le Pavot Enragé : Et comment sont les concerts en Amérique ?

Andrea Ferro : J'aime vraiment beaucoup les gens là bas, parce qu'il y a vraiment beaucoup de diversité. Quand tu fais on une tournée en Europe, si par exemple tu joue avec un groupe de black metal,  la plupart des spectateurs seront des metalleux fan de black metal. Alors qu'en Amérique tu peux voir des gens habillés comme des rappeurs ou des chanteur de blues afro-américain ou des chinois, et ils sont tous là pour voir le groupe et simplement parce qu'ils aiment sa musique. Donc oui, ce que j'aime là bas c'est que les gens sont vraiment ouverts d'esprit en ce qui concerne la musique. Du coups on peut jouer avec des groupes comme Lambr of God ou Sklipnot, et personne n'y trouveras à redire ! Alors qu'en Europe, souvent c'est plus difficile. Si on met ensemble des groupes trop différent on risque d'avoir droit à des réflexions du genre « trop mou » ou « pas assez violent »... Ce qui est stupide à mon avis, parce que dans tous les cas c'est de la musique, c'est du rock ! Après tu peux très bien ne pas aimer le groupe et aller boire une bière au barre pendant son show, ça ne me dérange pas, mais pourquoi dire que tu ne peux pas jouer avec ce groupe ? Tu sais, nous avons été en tournés avec à peu près tous les types de groupes, et nous n'avons jamais eu de problèmes ! Nous avons été en tournée avec Dimmu Burgir, In Flames, Rhapsody, et tous les types de styles, et des groupes de tout type, et nous avons toujours été les bienvenus. Alors pour nous la tournée la bas sera vraiment importante. Mais celle en Europe aussi, bien sûr !

Le Pavot Enragé : Et vos premières tournées européenne c'était avec Moonspell et Skyclad je crois, un bel exemple de diversité de styles ! Vous avez toujours des contacts avec eux ?

Andrea Ferro : Oui, nous étions devenus bons amis, et d'ailleurs nous avons également fait notre première tournée américaine avec Moonspell. Et plus tard, nous avons fait des enregistrements ensemble, et nous sommes vraiment bons amis. Aussi, chaque fois que nous nous voyons, c'est comme de revoir des amis. La dernière fois que nous nous sommes vus c'était au Graspop, où nous devions jouer. Aussi j'ai regardé leur show, et après nous les avons vus, et c'était une bonne soirée entre amis. Ils sont comme des frères pour nous, et nous avons des masses de choses en commun !

Le Pavot Enragé : Et Skyclad ?

Andrea Ferro : Skyclad, nous avons fait une fois une tournée avec eux, mais après ils ont un peu disparu – enfin pas vraiment, mais ils n'ont plus tellement fait de tournées. Nous sommes toujours en contact avec Martin, leur chanteur d'origine, mais comme ils ne sont plus sur les routes nous ne pouvons plus les voir – sauf sur internet mais ce n'est pas vraiment les voir...

Le Pavot Enragé : Une petite question d'actualité pour terminer, la reformation de Black Sabbath dans le line up d'origine, qu'est-ce que tu en penses ?

Andrea Ferro : Tu sais, les reformations de groupes me laissent toujours sceptique, parce que la plupart du temps elles ne sont pas faites pour les bonnes raisons. Pour être honnête, nous avons déjà joué avec Blask Sabbath reformé, ils avaient le line up d'origine quand nous avons joué au Ozzfest pour la première fois, en 2004, ils étaient déjà réunifiés avec  Ozzy et Geezer Butler et Bill Ward ! Et maintenant encore une fois ! Mais c'est un groupe classique et de très grand musiciens, et si on ne les a jamais vu avant c'est l'occasion.

Le Pavot Enragé : Mais cette fois Dio est mort, ça change un peu la donne, peut-être ?

Andrea Ferro : Oui, surement, mais je pense qu'ils peuvent être bon surtout si ils font leur tournée en jouant leurs chansons classiques. Je ne pense pas qu'ils ont vraiment besoin de jouer les derniers albums, parce que je ne pense pas que ça sera la même alchimie qu'ils avaient avant, après avoir été séparés tant d'années.  C'est dure d'avoir la même énergie, de retrouver la façon dont on travaillait ensemble... Mais bien sûr je pense que ça vaut le coup d'aller les voir en live, ce sera une grande tournée surement !

Le Pavot Enragé : Ils ont déjà un concert de prévu à Milan, tu iras les voir ?

Andrea Ferro : Je ne sais pas... SI je suis à Milan à ce moment là ! Mais tu sais je les ai déjà vu des tas de fois, parce que nous avons fait tant de festivals ensemble, et j'ai aussi vu Ozzy en solo, et aussi du temps d'Heaven and Hell, quand Ronnie était là, alors finalement j'ai vu toutes les versions de Black Sabbath !

Le Pavot Enragé : Ok, time out… Merci beaucoup pour tout !

Andrea Ferro : De rien !

2 thoughts on “Interview de Lacuna Coil

  1. Tu a echappé au drame avec la comparaison du chant « à la façon de Linking Park » !!
    Interview très interessante, bravo !

  2. Merci Nad :)
    Oui, c’est pas passé loin, heureusement qu’il aimait le groupe !
    Mais ouai, j’ai bien aimé l’itw, c’était sympa. C’est vrai que les évolutions de Lacuna Coil ont vraiment pas fait l’unanimité, mais du coup toute la discussion sur les groupes qui n’évoluent pas, c’est intéressant.

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