INTERVIEW DE STICKY BOYS – PARTIE I

Aujourd'hui, rencontre avec Sticky Boys. Un jeune groupe français qui a décidé de se remettre au hard rock à l'ancienne et qui nous présente aujourd'hui leur deuxième album : Make Art.

D’abord, merci pour à toi l’interview et félicitation pour le nouvel album ! Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, peux-tu présenter rapidement le groupe ?

Merci à toi ! Sticky Boys c’est trois gars qui font du rock’n’roll : un bassiste, un batteur, un guitariste-chanteur. Ca fait quatre-cinq ans qu’on est formé, le trio est stable et on a envie de rester en trio !

J’ai lu sur internet qu’avant Sticky Boys vous aviez déjà beaucoup joué ensemble ?

Oui, avec le batteur en tout cas. Avec Tom on avait monté une bonne dizaine de projets avant, un peu de tout, du punk au thrash et au death en passant par la fusion… Bref voila on a fait beaucoup de choses, et des projets qui ont toujours avortés ; et à un moment on a décidé de se lancer dans quelque chose, peut-être pas de neuf mais en tout cas de frais et qu’on avait envie de faire, et c’est ce projet qui a été monté. Et curieusement ça n’a jamais aussi bien marché, peut-être justement parce qu’on se connaissait depuis longtemps et qu’on savait qu’il y avait cette même envie. On voyait les choses de la même manière… Et à un moment donné on a passé une annonce pour trouver un bassiste, et ça a été tout de suite le bon ! Un gros coup de bol !

Vous aviez envie de revenir aux racines, musicalement ?

Oui ! On avait vraiment envie, on était passé par mal de trucs, et le classique rock et le hard rock c’est quelque chose qu’on a toujours entendu on s’est dit « bon, pourquoi aller s’embêter à faire d’autres styles ? » Surtout qu’on a lancé le projet à deux ! Donc évidemment à deux c’est tout de suite plus facile de faire sonner quelque chose de plus simple, de plus direct, plutôt que d’essayer de faire des parties trop compliquées qui seraient très difficiles à mettre en place et à arranger… Voila. On a fait des choses épurées au départ, et puis petit à petit ça a donné ça !

Il y a une chanson qui résume assez bien votre conception de la musique et de la façon d’en faire, j’ai eu l’impression, c’est celle qui a donné son nom à l’album, Make Art : « listen to your heart and free your minds… »

C’est ça ! C’est un peu notre leitmotiv ! Oui, c’est complètement ça. On fait ce qu’on a envie de faire et ce qui nous plaît. Et j’espère que ça durera !

Et tu penses que c’est une recette qui peut marcher avec tout le monde ?

Pour nous oui en tout cas ! Et pour les autres… Le problème, c’est que si tu te mets la pression à te dire « je vais faire ça, je vais faire ça, je vais faire ça » tu ne vas pas y arriver. A moins d’être un forçat de travail et de rigueur ! Alors que si tu te dis « tiens je vais faire ça pour me faire plaisir » et puis petit à petit te dire « quand même on se fait plaisir mais j’aimerais bien réussir à faire ça… » Tu sais qu’il faut bosser un petit peu plus, et tu bosses comme tu peux, à ton rythme, selon ton boulot, selon ta vie, selon ce que tu peux. Alors petit à petit les choses se mettent en place et tu deviens capable de croire un peu plus à ce que tu fais… Imagine un coureur de cent mètres, qu’est-ce qu’il fait ? Il fait plusieurs entrainements par semaine pour essayer de gagner sa course. En même temps il le fait aussi parce qu’il a envie, parce que ça lui plait de courir. Le mec qui va se dire « moi j’ai envie de gagner une médaille et je vais faire que courir » ça m’étonnerait qu’il y arrive… C’est cette notion un peu de feeling, laisser parler ce qu’il y a au fond de toi quoi…

Sur internet, j’ai également vu qu’il y avait un truc assez atypique dans votre carrière, c’est que c’est plutôt aux Etats-Unis que vous avez été repérés et que vous avez commencé à émerger.

En fait c’est pas tant repéré par les américains, c’est juste qu’on a eu la chance d’avoir des petits messages d’attention et d’encouragement de groupes américains, dont Nashville Pussy. On avait bien sympathisé avec les Donnas, un groupe de rock’n’roll américain qui avait joué en France. Et du coup on avait des retours positifs, les petits frenchies de l’autre côté de l’Atlantique, quand tu as les compliments d’un groupe que tu connais et que tu écoutes chez toi t’es assez content !  On n’a pas percé aux Etats-Unis, on ne passe pas sur les radios US tu vois ! (rire) Mais oui c’est vrai, et c’est plutôt agréable.

[caption id="attachment_18256" align="aligncenter" width="584"] The Donnas.[/caption]

Tu penses que ça pourrait être une solution pour les groupes français qui ont du mal à monter, ce genre de parcours ?

Houla, je suis pas sûr, à mon avis y a pas de recette miracle malheureusement ! Tout à l’heure j’étais avec quelqu’un qui me disait « mais est-ce que tu ne crois pas que le fait que vous soyez sur Paris ça facilite les choses ? » En province il y en a beaucoup qui disent « je vais monter à Paris c’est là que ça va marcher, c’est là que ça va se passer ! » Mais bon pas sûr ! Et à Paris moi j’entends pleins de gars me dire « Paris c’est bouché, on va aller à Londres, on va aller aux États-Unis… » Ben non je ne pense pas, parce que à Londres c’est tout aussi bouché, c’est juste qu’il faut tirer son épingle du jeu d’une manière ou d’une autre ; il y a le facteur chance, il y a le facteur boulot, il y a le facteur volonté… Une espèce de mélange de tout ça, et puis voilà.

Ok… Par rapport à l’album, il y a une chanson qui pour moi diffère clairement des autres. La plupart sont très festives, mais il y en a une qui a l’air de porter un message un peu personnel, c’est The Future is in Your Hands. J’ai eu l’impression que c’était la chanson à message de l’album.

Alors oui c’est un message perso et il y a une vrai histoire dans ce truc là, tu as vu juste ! Tu devais être fort au Cluedo toi ! (rire) En fait, on a fait pas mal de dates en France évidemment, et notamment pas mal dans le nord de la France, et on a eu la surprise de voir à plusieurs de nos concerts des gamins venir, et souvent les mêmes qui revenaient ! Notamment un frangin et une frangine qui avaient, je ne sais pas, le petit six ans et la grande dix tu vois. Et ils ont le t-shirt, ils ont le médiator, ils ont les baguettes… Ils viennent te voir avec un sourire jusque là ! Tu as vraiment l’impression de leur apporter un truc aux gamins quand tu joues, et puis le fait de parler avec eux… Il se passe un truc quoi ! On a trouvé ça assez touchant, et au moment où on cherchait les thèmes de nos chansons on s’est dit « pourquoi on ne ferait pas une chanson sur ces gosses-là » – ceux-là et les autres ! On fait une espèce de petite dédicace aux bébés rockeurs ! (rire)

Si tu as des enfants tu aimerais qu’ils montent un groupe de rock un jour ?

Faut pas le dire parce que si tu dis ça je suis sûr qu’ils vont pas le faire ! (rire) Donc pas de pronostics !

Par contre High Power Thunder je n’ai pas du tout réussi à l’interpréter !

Celle-là, c’est cette histoire que bon, tu es issu de bonne famille, ou pas, mais tu es prédisposé ou en tout cas supposé avoir un petit parcours bien tracé dans ta vie. Et puis un jour quelque chose d’inexplicable te tombe dessus – parfois simplement les vinyles d’un pote. Et qui fait que d’un coup t’as les cheveux qui poussent et puis tu te perces les oreilles ! (rire) Voila, c’est ça le « high power thunder » !

Ça a l’air assez biographique ça aussi !

Oui, on a des tranches de vies tout au long de l’album !

Et c’était quoi le vinyle ?

Oh, ce n’était pas un vinyle en particulier, y en a plein, ce sont les disques du papa, des copains… On a tous pioché dans les discographies de nos ainés ! Les Deep Purple, les Rolling Stones et compagnie, tu mets le pied à l’étrier, et de fil en aiguille tu atterris à ACDC, Iron Maiden, et puis tu rencontres des copains, tu découvres encore des choses et puis voilà ! J’imagine que ça a été pareil pour toi, non ?

Et de là, comment est-ce que tu en es passé à jouer dans un groupe ?

Et bien j’ai un copain qui faisait de la guitare et on faisait des reprises à la con le samedi après-midi, on tapait sur la poubelle, on allait accrocher des cordes à un balai pour faire une basse, fin vraiment on rigolait ! Et puis un jour on s’est dit « mais pourquoi il a une guitare et pas nous ? » Et du coup dans la bande on s’est tous acheté des instruments et on s’est tous un petit peu collé à la musique. Voilà, c’est venu de là. Et puis évidemment tu vois des trucs, et t’as envie de faire comme eux… Mais je ne sais pas si j’aurais eu l’idée tout seul ; tu sais c’est sellé, tu as cet espèce de truc qui est là et que tu écoutes toi, mes parents ne sont pas musiciens du tout – je pars de loin personnellement – et tu n’as pas forcément conscience que tu peux passer à ça aussi ! Et puis il faut bien que quelqu’un te montre le chemin, te dise « ben ouais tu peux acheter un instrument, tu peux apprendre à jouer, tu peux monter ton groupe et puis de fil en aiguille tu peux faire des choses quoi ! Voila. Il n’y avait pas de « prédestination » entre guillemets.

(Voir la PARTIE II)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>