INTERVIEW DE STICKY BOYS – PARTIE II

Suite de la PARTIE I

Il y a quand même une chose qui m’a beaucoup frappé, c’est que le contenu de l’album c’est très festif, l’image que vous vous donnez c’est un peu celle de gros déconneurs, mais par contre quand on l’écoute bien on se rend compte que techniquement c’est très carré, et que c’est un énorme boulot. C’est vraiment le plaisir de travailler là-dessus ?

Oui, bien sûr. Sur scène on se fait plaisir, on fait ça pour notre plaisir mais en même temps c’est ce que je te disais tout à l’heure, le plaisir c’est bien mais t’as envie d’aller plus loin ! Et pour ça évidemment tu bosses. Oui, du boulot, de la rigueur !

Donc le mythe du gars qui arrive sur scène, qui gratte trois cordes et qui devient une célébrité du premier coup…

Ben j’y crois pas trop malheureusement ! Et n’importe quel gus qui aura essayé de faire de la musique il te le dira ! Il faut de la patience, et puis de la rigueur.

C’est le mythe de Sid Vicious tu sais… Ca marche qu’une fois !

Oui voilà ! Il y a eu un miracle, lui il a vraiment été frappé par la foudre ! (rire)

Sur internet, ce que vous dites souvent, c’est que vous êtes là pour insuffler de la bonne humeur, de la joie de vivre dans le monde hard rock metal. En un sens c’est cool mais en même temps c’est inquiétant, parce que ça veut dire que quelque part vous pensez que ça en a besoin !

On trouve que l’image est souvent un petit peu dure. C'est-à-dire qu’une fois que tu es dedans tu te rends quand même bien compte qu’il y a une espèce de paradoxe. Dans ce style de musique beaucoup jouent quand même les gros durs : on a tous des t-shirt noirs, on a des groupes d’affreux, on se met des piercing, des tatouages atroces… Alors qu’en fait tu rentres dans un festival metal c’est le monde des Bisounours ou pas loin ! Tu peux discuter avec tout le monde, il y a très peu de bagarres, très peu de débordements, même les gens saouls savent se tenir à peu près… Ca se passe très bien ! Et puis il y a le paradoxe de dire « oui mais en France on n’écoute pas de metal machin… » Alors il y a cette image qu’on donne mais finalement… Quand tu vas chez tes beaux-parents tu peux faire la même en étant sur scène ! Et puis c’est surtout qu’on est comme ça, faut pas se prendre le choux plus que ça ! On a envie de ça, on a plus envie de gens qui ressortent de nos concerts avec la banane qu’avec le pif en sang ! Et puis oui, on le fait POUR le plaisir. SI ça nous faisait chier on arrêterait tout de suite ! Et naturellement, on se tourne vers ces groupes qui ont toujours apporté du fun sur scène. Soit dans le thrash, comme Nuclear Assault ou Anthrax, tous ces mecs là qui jouent avec la banane, ou dans le rock classique des Status Quo, des Ten Years After, des groupes qui jouent avec le sourire ! Tu te dis, les gars ça fait quarante-cinq ans qu’ils jouent ensemble et ils ont encore la banane jusqu’aux oreilles ! Ca c’est génial ! Et nous, quand on est juste tous les trois en répète, on a la banane en jouant tu vois ! C’est ce truc-là, ça nous fait vraiment du bien, et plaisir. Une espèce de thérapie tu vois ! (rire)

J’ai eu aussi l’impression que pour vous, il y a une autre chose qui est vraiment très importante, c’est de ne surtout pas prendre le melon comme peuvent le faire certains groupes !

Oui ! Effectivement ! Déjà, on est loin de l’avoir, et même loin de pouvoir l’avoir ! (rire) Tu mettrais même un mec prédisposé à attraper le melon, je ne suis pas sûr qu’il l’aurait encore à notre stade ! On a de la marge !

Il y a des groupes à des stades beaucoup plus bas qui ont un sacré melon !

Alors ça typiquement, pour le moi c’est le truc pas possible, tu peux pas… C’est tellement une espèce de réseau, une espèce de famille, les groupes, la musique, les scènes, tout ça… Tu ne peux pas arriver et snober les gens et te prendre pour je sais pas quoi ! Après bon si tu as vendu des millions de disques et que tu fais la gueule à tes autres zicos… Il y a certains groupes qui arrivent dans des voitures séparées, qui se voient le temps du concert et qui se cassent ! Ca existe ! Mais c’est dommage, en tout cas moi je trouve ça dommage.

Ce que tu m’as dit sur l’image du metal, ça m’a fait repenser au clip que vous aviez fait pour la SNCF, c’était cette idée-là aussi ? Casser un peu cette image ?

L’idée c’était même pas casser l’image, parce que là on nous a proposé de faire le clip, c’est la SNCF qui nous a contacté et nous a dit « bon voila un spot est-ce que ça vous dit ? » Donc on s’est renseignés, et puis on a dit oui, d’ailleurs tu vois ils ont proposé avant à deux ou trois groupes qui ont refusés. Parce que trop cliché, parce que ça allait trop loin dans la dérision ! Et ils se trouvent que nous on était prêt à le faire parce que voila, le projet nous plaisait… On n’a pas dit oui sans se renseigner ; on s’est entretenus avec le réalisateur du clip, qui était australien, avec la production qui était derrière, qui nous ne nous prenait pas pour des pions mais avec qui on a pu discuter, arranger un petit peu les choses… Au début ils voulaient nous mettre des perruques, là c’était vraiment trop par exemple, donc on a dit non. On a choisi le titre avec eux, on a réarrangé les paroles avec le réalisateur… Enfin bref il y a eu un échange, quelque chose de constructif, donc c’était une vraie expérience en y réfléchissant. C’était un vrai projet dans lequel on s’est investis aussi. Il y avait du respect, à partir de là on a fait notre show… Nous, de notre point de vue, la question ne s’est pas posée !

http://youtu.be/2gjPmcp7cPw

Dans le clip, quand vous chantez « Sylvie est cool, Sylvie est sympa… Sylvie a une bonne hygiène dentaire » c’était de vous ou c’est un arrangement ?

L’hygiène dentaire c’est le producteur ! C’est lui qui tenait absolument à avoir les mots « hygiène dentaire » ! (rire)

Dans le style, au niveau du son et de l’esprit du groupe, il y a aussi Airbourne, d’ailleurs des fois on vous cite un peu comme LE Airbourne français ; c’est un groupe avec lequel vous vous sentez des affinités ?

Oui, oui c’est sûr ! Ils ont grandi en écoutant les mêmes choses que nous, c’est complètement évident… Et puis ça reste assez flatteur, ils ont réussi à faire un truc extraordinaire ces gars-là ! Ils arrivent sur scène ils sont à fond, ils tournent partout… Oui, on ne peut pas dire le contraire ! Nous, de l’intérieur on n’a pas l’impression de sonner de la même façon, on est trois, les choses sont différentes mais oui, je comprends qu’on puisse y voir des similitudes, bien sûr !

C’est sûr ! Et maintenant, c’est quoi vos projets pour l’avenir ?

Là déjà des dates, des dates, des dates, des dates ! Des clips aussi, on en a quelques-uns sur le feu, et si on peut en sortir au moins un avant la fin de l’année ça sera très bien, et puis une fois qu’on aura fait suffisamment de dates à notre goût, qu’on sera lassé ou qu’on aura envie d’aller faire autre chose, et ben on ira peut-être faire un troisième album !

 Et est-ce qu’il y aura un clip pour The Future is in Your Hands ?

Normalement oui ! Il pourrait. Ca fait partie des chansons qui… En fait si tu veux pour le moment on a des contacts avec quatre réalisateurs et celle-ci fait partie de la liste, il y a un réalisateur avec qui on a un projet en tout cas. Après évidemment faut récolter les fonds, faut avoir le temps, le budget, et là forcément ces derniers temps avec l’album on en a sorti pas mal, donc il va falloir faire des dates et vendre des disques – du coup il nous faut des supers chroniques pour pouvoir sortir un clip !

Ca marche ! Et vous avez des dates prévues à l’étranger déjà ?

Ben là on arrive d’Allemagne, et on y retourne ainsi qu’en Suisse dans trois semaines je crois, et puis il y en aura d’autres, maintenant on a un allemand qui travaille avec nous, un gars super cool qui s’occupe du booking, qui bosse super bien et qui pourra nous trouver des plans à droite à gauche.

Et bien je te remercie pour tout et donc rendez-vous pour le troisième album !

Avec plaisir !

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