MIKE LEPOND’S SILENT ASSASSINS

On connait Mike Lepond pour son travail au sein de Symphony X, où il remplaça Thomas Miller à la basse. Aujourd’hui c’est son premier album solo qu’on découvre : Mike LePond's Silent Assassins.

Beaucoup de musiciens ayant fait partie de formations célèbres décident au bout de quelques années de faire leur album (voir leur formation) solo. Cependant, il est rare de s’y prendre aussi tôt. Pourquoi avoir décidé d’accélérer ainsi sa carrière ? Trois raisons peuvent paraitre plausibles. En premier lieu, et sans faire de psychologie de comptoir, peut-être la maladie de Crohn dont il a souffert en 2006 l’a-t-elle incité à réaliser ses rêves sans plus attendre. De deux, la ligne musicale de Symphony X a beaucoup évoluée lors des derniers albums ; d’un power progressif très lyrique, influencé notamment par le néo-classique de Yngwie Malmsteen, ils ont évolué vers un son plus dur et plus lourd, toujours marqué prog mais parfois à la limite du thrash. Peut-être Mike Lepond souhaitait-il revenir au son du début sans pour autant quitter l’aventure Symphony X. Enfin, peut-être souhaitait-il simplement développer sa propre musique.

Qu’en est-il au final ? A l’évidence, la troisième réponse est la bonne. Peut-être aussi la première, mais ça seul Mike Lepond lui-même pourrait le dire. Un album très heavy, limite thrash, peu marqué prog, tout aussi éloigné de la première période de Symphony X que de la deuxième. Dès le début le ton est donné : des guitares saturées, un riff simple, lourd et massif, et l’arrivée en trombe d’un chant suraigu à la limite du thrash – mais en soi, appeler la première chanson de l’album Apocalypse Rider est déjà tout un programme.

Un hommage aux groupes de sa jeunesse ? Peut-être, en tout cas cela y ressemble. Les riffs sont solides, massifs, percutants ; le chant survolté. Ce dernier est assuré par Alan Tecchio, chanteur du groupe de thrash américain Hades. Une formation déjà ancienne, fondée dans les années 80, mais n’ayant jamais vraiment percé de ce côté-ci de l’Atlantique. Des chœurs le soutiennent sur certains titres aux moments clés. Comme on peut s’y attendre, les lignes de basses sont nettes et très souvent mises en avant. Les solos de basses introduisant The Outsider et Oath of Honor en particulier, méritent le détour.

Cependant, dans ce cadre général certains morceaux détonnent de manière étonnante. Les passages folks de The Quest en particulier sont totalement inattendus, d’autant qu’ils s’intercalent avec des passages heavy-thrash et d’autres marqués par le power mélodique – tout de même moins inattendu ! Le petit morceau instrumental folk rythmé par des claquements de mains comme une danse paysanne a un curieux et certain charme.

Peut-être Masada est-il cependant le titre le plus étonnant. D’une, parce qu’il s’agit d’une allusion à l’histoire que n’aurait pas reniée Sabaton. La prise de la forteresse de Masada eut lieu en 73 après Jésus-Christ, et fut le dernier épisode de la révolte des Juifs de Judée contre l’occupant romain. Après des mois de sièges, ses défenseurs préférèrent se suicider plutôt que de tomber entre les mains de leurs ennemis. De deux, parce qu’il s’agit d’une balade. Pas trace de la violence et de la fureur des combats, mais une évocation douce et un brin mélancolique, accompagnée de chœurs sur les refrains :

 « And they all die free

 They live in roman chains

Their bodies now lies, forever free

 Masada ! »

Curieusement la conclusion, Oath of Honor, revient dans un style power mélodique plus proche de celui de Symphony X, avec forces chœurs et claviers, et même une petite touche épique.

En conclusion un album sympathique, qu’apprécieront particulièrement les fans de Symphony X et les amateurs de bassiste virtuose. Mike Lepond y développe son univers musical et y rend hommage aux héros de sa jeunesse.

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