MAXXWELL – TABULA RASA

Voir débarquer un nouveau groupe de metal Suisse, c’est un évènement suffisamment rare pour être noté ! Aujourd’hui nous découvrons donc Maxxwell, jeune groupe de hard rock lucernois fondé en 2006, qui nous présente aujourd’hui son troisième et nouvel album : Tabula Rasa. Leurs deux premiers, Dogz on Dope en 2009 et All In en 2011, ne leur ont pas vraiment permis de percer. Mais il leur a permis de se faire une première réputation, encore assez confidentielle. Il s’agit maintenant d’élargir le cercle.

Il faut dire que depuis sa fondation en 2009, le groupe est resté assez discret. Quelques problèmes de stabilité de line-up, une scène locale plutôt restreinte niveau hard rock – metal, autant d’éléments qui ne facilitent pas la progression. Voici l’occasion de s’élargir à la scène française, tout de même un peu plus étendue malgré ses limites !

Musicalement, pas de surprise sur le fond. Un bon vieux hard rock tout droit dans la lignée de Gotthard et de la grande époque. Chant agile souvent dédoublé ou soutenu par un deuxième, riffs puissants en saturation moyenne, alternance des passages doux et agressifs… Tous les classiques et les éléments du genre. Chacun des musiciens connaît son affaire et s’en acquitte à merveille.

Avec, bien sûr, ses power balades : Gone Forever et Never Let You Go. Deux chansons d’amour – les rockeurs et les metaleux ont beau jouer les gros durs, ils restent de grands romantiques ! La première, en mode rock doux, s’adresse à une personne aimée, trop tôt disparue, regrettée, évoque leurs retrouvailles dans un autre monde. Dans la deuxième il lui promet, dans un style à la Iron Maiden, de ne jamais la laisser partir ou l’abandonner.

Leur hymne à Superman, Man of Steel, est également très réussi. Plein de second degré et servi par un chant particulièrement expressif, c’est l’un des meilleurs moments de l’album :

Is it a bird?

Is it a plane?

It is Superman drivin foe’s insane! [..]

He’s a superhero

He will kick your ass!

Une façon également d’insister sur leur lien avec le hard rock américain de la grande époque et le mythe des USA.

Mais il y a aussi des éléments sortants de l’ordinaire. Et notamment les passages de rap sur le titre Backstabber. Intégrer des morceaux de rap à un album hard rock est un exercice périlleux, mais en l’occurrence il est plutôt réussi. Il faut dire que le groupe a fait appel à un véritable rappeur, le suisse Polemikk. Une touche d’ouverture et de modernisme intéressante, qui enrichit le hard rock assez classique du groupe et s’y intègre bien – mais la qualité des solos à la fin du titre y contribue clairement.

Fallin' Down, avec ses alternances de rythme et son chant heurté, sort également du lot. Sur un ton à la fois dur et chargé d’espoir, elle évoque la dépression.

Voici donc un nouveau groupe à la fois dans la ligne de Gotthard et en même temps doté d’une personnalité musicale bien marquée. Une étoile montante de la scène helvète en route pour le niveau européen, à suivre.

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