Mastodon : Once more ‘Round The Sun

Mastodon, bête de plus en plus grosse de la scène prog nous offre son nouvel opus. Le groupe le décrit comme la continuité de The Hunter. Si l’apparence de ses membres ne vous l’avait pas soufflé, Mastodon est un groupe de barge aux délires bien barrés, et ça se sent dans leur musique. Si le style a bien évolué depuis leur débuts plus proches d’un sludge bourrin et aux apparences approximatives, Once More ‘Round The Sun est une évolution plus pop mais logique de ce qu’a fait le groupe durant toute sa carrière. Contrairement à d’autres groupes ou le moindre changement fait hurler au profane, Mastodon semble aiguiller ses fans en leur faisant comprendre qu’après tout c’est leur délire mais que c’est un délire logique (oxymore quand tu nous tiens). Le groupe montre son intelligence musicale au niveau du chant, bien moins brouillon qu’à ses débuts, et qui alterne entre le batteur (si si ça existe des batteurs chanteurs !) et les gratteux. Contrairement à d’autres groupes, l’alternance entre les deux n’est pas bancale et improvisée là où certains font appel au chant d’autres membres que le vocaliste principal par dépit. Ici c’est clair ; ils étaient tous mauvais / moyen en technique vocale et sont devenu un peu moins mauvais au fur et à mesure de leur carrière ; mais la construction musicale qui est derrière les phases de chant a toujours été maîtrisée. On ne mentionnera pas leur génie technique et de composition qui lui a gardé sa beauté et sa puissance. L’album est plus pop que ses prédécesseurs dans le sens où il est plus accessible qu’un, Remission brut de décoffrage ou un Crack the Skye aux accents techniques et progs poussés au maximum. Le refrain catchy de The Motherload (si vous n’avez pas vu le clip, vous ratez quelque chose ! Et oui, le twerk ça n’est pas que pour Miley et Nicki), et de Highroad reste dans la tête facilement. Oui c’est facile ; mais facile à l’écoute. L’album ne tombe aucunement dans le facile au sens préconstruit ou répétitif, c’est un grand album digne de Mastodon, qui si il devient plus pop reste quelque chose de tout à fait innovant et incomparable. Spotify met d’ailleurs en « artistes similaires » des groupes aussi différents que Down, Red Fang, Fear Factory et The Dillinger Escape Plan. Les musiciens nous montre qu’on peut faire du bon prog sans tomber dans l’un ou l’autre de ses excès : la technicité masturbatoire ou l’aléatoire bancal. Final maîtrisé et qui donne un sens de fin (contrairement à certains albums d’autres artistes qui finissent un peu en queue de poisson) avec Diamong in the Witch House. Mention plus qu’honorable pour l’artwork psyché.

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