INTERVIEW D’EKLIPSE

 

Aujourd'hui, branle bas de combat ! Eklipse est en interview. L'occasion de rencontrer l'une des formations les plus inattendues que l'on puisse trouver dans le monde du metal : quatre jeunes filles reprenant des tubs de Lady Gaga, Justin Timberlakes et autre stars de la pop culture avec un alto, deux violons et un violoncelle ! Et c'est Viola, comme son pseudonyme l'indique l'une des deux violonistes, qui a gentiment répondu à mes questions sur leur dernier EP : Liberté, Égalité, Sensualité.

Merci pour cette interview ! Et d’abord, comment avez-vous eu l’idée de monter un groupe comme Eklipse ?

Et bien, nous avons toutes commencé par jouer des instruments classiques, avec une formation de musicienne classique ; mais quand on est un adolescent on commence à regarder tout autour de soi et à écouter d’autres styles… Et nous voulions toutes faire du rock, de la pop, du jazz et peu importe quoi, et nous voulions le combiner en quelque sorte. Et quand nous nous sommes rencontrées pour la première fois et que nous avons commencé à parler de ce que nous faisions, de quelles instruments nous jouions et de ce que nous aimerions faire, nous avons découvert que nous avions la envie de faire les mêmes choses. Et donc, et bien, nous avons juste commencé !

Vous semblez proches du monde du metal : vous jouez avec des groupes de metal, vous avez un label metal (the End Records)… D’où vient cette proximité avec un style aussi différent ?

Ce n’était pas vraiment le plan de faire un projet metal ; nous faisons des reprises et nous jouons Justin Timberlake et Lady Gaga et Likin Park et Depeche Mode et de tous les styles… Je pense que c’est à cause de l’aspect « sensualité mystique » dans notre musique et de comment nous la mettons en scène, les gens de la scène metal symphonique… Et bien, ils comprennent très vite ce que nous essayons de faire, je veux dire des groupes comme Nightwish ou Kamelot – avec lesquels nous avons eu la chance de partir en tournée – ils ont un aspect symphonique dans leur musique, avec des parties orchestrales et des morceaux qui ressemblent à des extraits de BO de grands films épiques… Et c’est la même idée de la musique et oui, c’est pour ça que cela va si bien !

Peut-être aussi un lien avec Apocalyptica ? Leur concept est un peu le même.

Oui, ce sont des instruments classiques utilisés pour un autre genre de musique, mais pour moi Apocalyptica est un véritable groupe de metal et ils jouent de leurs violoncelles comme si c’étaient des guitares. Ce n’est pas vraiment ce que nous faisons. Nous sommes plus un quatuor à cordes traditionnel et nous jouons de la pop, du rock, du metal, de l’électro, des musiques des sixties… Et nous voulons garder cette liberté d’aménagement dans notre musique. Et puis nous sommes un peu plus soft qu’Apocalyptica ! (rire) Un peu plus féminines !

[caption id="attachment_14673" align="aligncenter" width="800"] Hum oui c'est vrai, le style n'est pas tout à fait le même ![/caption]

C’est vrai, pas de cranes ni de cercueils ! Et donc vous venez de faire un nouvel EP, le premier je crois ?

Jusqu’ici nous avons fait deux albums avec un complet mélange de tous les styles de musiques et cette fois nous avons décidé de faire un EP « France » avec uniquement des chansons françaises, ayant des paroles en français, pour faire quelque chose d’un peu plus spécial pour nos fans français et c’était vraiment un travail intéressant !

Et pourquoi la France en particulier ?

Pourquoi ? Parce que nous l’aimons, et nous aimons Paris, et nous avons eu de grands moments lors de la tournée avec Nightwish quand nous jouions en France, en particulier à Paris.

J’y étais !

Tu étais au concert ? Oh oui, ça a vraiment été un moment incroyable pour nous, nous avons beaucoup aimé le public ici, et nous avons eu de supers retours des gens ! Alors pourquoi pas ? J’aimerais venir à Paris plus souvent ! Alors nous avons saisi cette chance.

On aimerait aussi vous voir plus souvent !

Cool ! Comme ça on est deux ! (rire)

Vous avez choisi des chansons de périodes très variées, vous vouliez couvrir la plus grande partie possible de l’histoire de la musique française ?

Oh, je n’oserais pas dire que c’est la partie la plus importante ! Nous avons commencé à regarder sur internet ce qui s’est passé en France en matière de musique pendant les deux cents dernières années, et donc nous avons décidé de prendre un morceau de Claude Debussy, avec son morceau historique Claire de Lune – j’ai aussi essayé de le jouer au piano il y a quelques temps ! Et oui, le reste est un mélange de chansons des années soixante, des années quatre-vingt… Rita Mitsouko – c’est encore difficile à prononcer ! – c’est une femme forte, elle a des idées folles, les vidéos ont tellement de style et de fashion et sont si folles… Oui, nous voulions juste essayer ça. Avec des instruments classiques !

Le titre de l’EP est « Liberté, égalité, sensualité », et c’est vrai que les trois chansons sont très sensuelles. Est-ce que vous trouvez que vous trouvez que Claire de Lune de Debussy est aussi un morceau sensuel ?

Oui ça l’est ! C’est une chanson très romantique, j’aime beaucoup d’œuvres de Claude Debussy ; je veux dire c’est parfait pour juste écouter et rêver… C’est l’un des compositeurs de cette époque dont la musique va vraiment droit au cœur je pense.

Il y a deux ans, Therion a aussi fait une reprise de Poupée de Cire.

Ah oui, je l’ai écouté ! (rire) Oui, c’est différent ; c’est puissant et rapide, et les chanteuses d’opéra sont si « ooooooooouuuh », si aigue… Oui, tu peux le faire ! Je pense que ce n’est pas ma reprise préférée de cette chanson mais c’est amusant ! (rire) J’aime vraiment beaucoup l’original.

Il y a aussi un peu la même idée dans Therion, avec les aspects classiques.

L’aspect musique classique n’est pas si important ; c’est plus la chanson en elle-même ; les chansons pop rock que nous jouons avec ces instruments, bien sûr elles sonnent classique mais parfois c’est un peu jazzy, ou un peu façon blues… Nous essayons de l’amener dans nos chansons.

Et pour Rita Mitsouko ? C’est une chanson très particulière.

Oui ça l’est ! Je veux dire, c’est l’une des plus célèbres chansons de ce groupe et oui, elle a une mélodie forte, une mélodie complètement folle ! Parfois elle fait ces « whuuuuuuu », ces bruits très aigus ! Et nous trouvions intéressant de la jouer au violon, et d’amener le sens et les sentiments de ce qu’elle chante avec nos instruments, sans un seul mot. Et je trouve que ça marche plutôt bien ! (rire)

[caption id="attachment_18750" align="aligncenter" width="532"] L'un des groupes incontournables des années 80[/caption]

Dans Electric Air, vous avez également joué l’hymne à la joie. C’est inhabituel dans votre répertoire, pas seulement du point de vue du choix de l’artiste mais aussi par rapport au thème abordé ; là il y a un message. D’habitude dans vos chansons il n’y a pas ce type de message.

Nous avons eu quelques critiques de la scène classique en Allemagne, qui avait quelques problèmes avec le style que nous jouons ; aussi sur le second album nous avons décidé « ok, mettons une chanson classique, peut-être qu’ils l’aimeront et s’ils ne l’aiment pas on s’en fiche » ! (rire) Et donc pour l’enregistrement nous l’avons joué avec un petit sourire !

Et pourquoi l’hymne à la joie en particulier ? C’est un morceau symbolique, c’est aussi l’hymne européen…

Il y a aussi des paroles en Allemand pour cette chanson… Beethoven est très célèbre en Allemagne et partout dans le monde bien sûr. Ce n’était pas mon idée, je ne sais pas laquelle des filles a eu cette idée. Et donc j’ai juste dit « ok, essayons-la ! » Et c’est tout… Ca commence si doux et facile, et puis ça devient plus compliqué, et nous avons un peu changé le rythme du coup nous l’avons rendu un peu différente.

 

Il y a une autre différence entre le premier et le second album, dans le premier il y avait beaucoup de chansons de grandes stars internationales comme Lady Gaga, et dans le deuxième c’était de grands groupes comme Muse, mais plus d’aussi grosses pointures.

Nous n’avons pas vraiment réfléchit à ça. Nous avons aussi choisi une chanson d’un groupe finlandais que personne ne connait vraiment, juste parce que nous aimions cette chanson et le groupe, et nous avons appris à mieux les connaitre plus tard… Alors si des gens qui écoutent nos albums en profitent pour découvrir de nouveaux groupes c’est aussi une bonne chose pour nous. La chanson de Muse, j’aime beaucoup l’original, c’est très rythmé et… Oui, c’est amusant à jouer ! (rire) (chantonne le ryhtme)

Je ne sais pas si on vous l’a déjà dit, mais pour moi Paparazzi de Lady Gaga est définitivement ma chanson préférée d’Eklipse !

(rire) Oh vraiment ? (commence à chantonner l’air) nan nan nan, nan nan… C’était la chanson pour laquelle nous étions le plus inquiètes quand nous étions en tournée avec Nightwish, parce que nous pensions que les fans de metal n’aimeraient pas ; Lady Gaga et tout ça et qu’ils pourraient… « Booooooh » (mime un public en train de huer) Parce que ce n’est pas cool de dire que tu aimes Lady Gaga dans le monde du metal, quand tu as des tatouages pleins les bras et du metal plein la tête ! (rire) Nous avons été vraiment surprises que la plupart des gens chantent avec Lady Gaga ! Peut-être qu’ils n’admettraient jamais devant leurs amis qu’ils aiment Lady Gaga mais à ce moment, ils chantaient ! Et ca a été un moment fantastique ! (rire)

Je ne sais pas si tout le monde l’a ressenti de cette façon, mais pour moi c’était un peu ironique.

Ironique ? Que nous jouions Lady Gaga ? Non, c’est juste une belle chanson et quand on l’entend elle vous reste définitivement dans la tête ! (rire)

Et quelles sont vos projets maintenant ?

Nous sortirons l’EP en janvier et nous espérons avoir quelques concerts à ce moment par ici, pour jouer à Paris ou peut-être dans d’autres villes, mais nous avons d’ores et déjà commencé à préparer le prochain album complet. Je pense qu’il sortira l’an prochain, vers la fin de l’été peut-être. Et à ce moment là nous ferons forcément une tournée pour faire sa promotion. Oui, nous verrons. La France, l’Allemagne, l’Europe… Ce serait génial !

Vous avez déjà choisi les chansons pour le prochain album ?

Nous sommes déjà en train d’y réfléchir et de faire des listes et de chercher de l’inspiration de partout, à la radio… Parfois des amis proposent une chanson : « oh, tu devrais écouter ça ! » Et nous commençons à la jouer ensemble et nous voyons ce que ça donne et après nous décidons.

Vous avez beaucoup d’idées ?

Oui ! Parfois il y en a trop ! C’est “nous devrions faire ça et ça, et ça, et ça !” et toutes les chansons que j’aimais quand j’étais adolescente, dans ma jeunesse ! (rire) Et après nous essayons toujours de trouver les chansons avec lesquelles nous avons toutes des liens. Et après nous décidons !

Est-ce que je peux en suggérer une ?

Yea please !

Knockin’ on Heavens’Door !

(rire) Oh ! C’est une jolie mélodie, la chanson a une structure très facile, alors c’est intéressant à faire sans chant, il nous faudra faire un arrangement très intéressant. (fredonne l’air) hum hum huhuhum hu hu hum… Je vais y réfléchir, oui ! Bien, Knockin’ on Heavens’Door est sur la liste !

Génial ! Merci pour tout et j’espère donc vous voir bientôt en concert !

Je l’espère aussi ! Merci !

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