INTERVIEW D’ORDEN OGAN

Aujourd'hui rencontre avec l'une des étoiles montantes du power metal : Orden Ogan, qui nous présente son nouvel album.

D’abord merci pour cette interview, et félicitation pour ce nouvel album ! Et pour commencer peux-tu nous expliquer la signification de son nom, « Ravenhead » ?

Merci à toi d’être là ! Le nom « Ravenhead », oui… Pour cela je dois commencer par t’expliquer le nom du groupe, « Orden Ogan ». « Orden » est le vieux mot germanique pour « ordre », au sens moines et ce genre de chose, et « Ogan » signifie peur. Donc c’est « l’ordre de la peur ». Et nous nous sommes dit que nous devions approfondir un peu plus cette histoire d’ordre. C’est pour cela que tu vois des moines sur la pochette principale. Et si tu as eu l’album, au dos on voit également Alister Vale, notre mascotte, et ça c’est l’abbaye où les moines de l’« Orden Ogan » vivent. Et elle est située sur une colline et c’est là que se situe la tête de l’ordre, et il y a des corbeaux dans le ciel au-dessus donc c’est Ravenhead, l’abbaye où vient les moines de l’Orden Ogan.

Je n’avais pas vu le dos de l’album, du coup j’étais surprise de ne pas y voir Alister Vale !

Il est bien là ! Avec un corbeau sur l’épaule, à sa place ! Oui, c’est notre mascotte. Ce n’était pas du tout intentionnel au début quand nous avons commencé à le mettre, sur le premier album, Vale, en 2008, avec le chapeau et tout. Nous nous étions juste dit que c’était un bon thème pour une pochette. Et après ça tout le monde nous demandait si ce gars reviendrait sur Easton Hope et donc on a dit « ok, si vous voulez une mascotte pour Orden Ogan vous aurez Alister Vale ! »

[caption id="attachment_18918" align="aligncenter" width="300"] Première apparition d'Alister Vale[/caption]

Et comment s’est passé l’enregistrement de l’album ?

Nous avons commencé l’écriture des chansons, la phase la plus intense a été de janvier à mai, et après nous avons directement sauté à la phase d’enregistrement. Et ça a pris environ six mois de tout faire, parce que nous sommes le genre de groupe qui se focalise vraiment sur les détails et les trucs comme ça. Tu sais, je travaille moi-même comme producteur, aussi je l’ai moi-même enregistré et produit. Bien sûr pour la batterie c’est plus compliqué, mais nous essayons toujours d’avoir une journée par chanson avec la batterie, parce que nous travaillons toujours sur les petits détails. Et c’est super de prendre ce temps, si tu peux réussir à faire ça dans ton propre studio. Et là, il n’y a plus qu’à donner le meilleur de toi-même. C’est comme de l’artisanat, du travail manuel, une vraie performance.

Et où travailles-tu comme producteur ?

C’est mon propre studio, il s’appelle le Green Man Studios, c’est en Allemagne et oui, nous avons tout fait là-bas.

C’est seulement pour Orden Ogan ou tu travailles aussi pour d’autres groupes ?

Non, comme je l’ai dit nous y avons fait l’enregistrement d’Orden Ogan mais je produis aussi d’autres groupes. Donc si quelqu’un est intéressé, alors qu’il aille sur http://thegreenmanstudio.com/ et qu’il m’envoie un mail !

Pour l’introduction de l’album vous avez choisi quelque chose d’assez inhabituel, avec un chœur qui fredonne. Pourquoi ce choix ?

Ce fredonnement ? C’est aussi celui qui est intitulé « Orden Ogan » tu sais, comme je le disais c’est à propos des moines, c’était pour amener un petit peu de chant grégorien. Bien que pour beaucoup de gens, ça leur a fait penser à des chansons de pirates ou quelque chose comme ça ! Et quoi que tu penses, c’est juste ton imagination qui peut t’emmener où tu le souhaites, mais l’intention initiale était d’évoquer les moines de l’ordre d’Ogan.

Maintenant que je sais que les moines sont les personnages principaux de l’album, je comprends un peu mieux l’album, et en particulier la chanson Evil Lies in Every Man. C’est à propos d’une femme devenue méchante parce que son amant est mort, quelque chose comme ça ?

Quelque chose comme ça ! (rire) Oui, cela fait partie de ce concept qu’on utilise. C’est une suite de petites histoires sombres qui se passent au même endroit. Ce sont Ravenhead, F.E.V.E.R , Evil Lies in Every Man et The Lakes qui sont les quatre chansons vraiment très fortement connectées. Et oui, celle-ci est à propos d’une fille dont le fiancé ou l’amant a été tué, et elle était si triste qu’elle c’est jeté dans le lac. C’est la légende derrière l’histoire. Et après ça, elle est devenue une créature maléfique qui conduit les hommes dans le lac pour les y noyer. Mais je dois dire que la plupart des paroles ont un second degré d’interprétation. Par exemple, F.E.V.E.R , pour laquelle nous avons fait l plus gros clip, la partie évidente est sur le même concept, mais d’un autre côté c’est une chanson sur, oui, la mauvaise fille, la mauvais relation que nous avons tous eu un jour ! Elle est la fièvre qui vole la vie de ton corps, et par exemple le vers “king of the world, yet unheard”, cela signifie que tu peux dire ce que tu veux, si elle n’écoute pas ça ne sert à rien !

Ok! Et c’est une histoire que vous avez inventé ?

Oui ! C’est juste une progression naturelle, comme toujours. Nous nous asseyons avec nos guitares et nous jouons, et les éléments viennent les uns après les autres, et tu as une idée pour quelque chose, et ainsi de suite…

Au début de la chanson, on entend une vieille femme qui chante, c’est celle de l’histoire ou une autre ?

Oui, je veux dire, c’est censé être une légende, donc l’idée est que celle qui un jour était cette fille qui gis dans le lac est maintenant très, très vieille. Et oui, nous nous sommes dit que ça pouvait être sympa d’avoir une vieille femme chantant ces paroles. Je me focalise beaucoup sur ce genre de détails pour être honnête, par exemple ma façon de chanter l’anglais, je ne chante pas comme d’ordinaire un Allemand qui chante de l’anglais. Donc à l’évidence quand il s’agit d’une vieille femme qui chante ce doit être sa langue maternelle ! On ne peut pas prendre n’importe qui. Donc nous avons juste demandé via facebook, nous avons juste demandé si quelqu’un connaissait une grand-mère anglaise qui pouvait chanter pour nous. Et la chose amusante est que celle qu’on entend est une fan d’Orden Ogan ! Elle était connectée sur notre page, et elle a immédiatement répondue « he, je suis une grand-mère, je peux chanter ça pour vous ! » Nous avons juste dit « super, ok ! » et elle était parfaite ; et bien qu’elle soit capable d’enregistrer ça elle était vraiment très âgée. Elle était assise dans sa chambre et elle chantait ! C’était incroyable, oui. Merci internet ! (rire)

Elle avait quel âge ?

Je ne connais pas exactement son âge mais bien dans les quatre-vingts ans ! Une vraie mamie ! Oui, c’était amusant. Une bonne histoire !

En effet ! Par contre, dans le second degré de compréhension de la chanson, je n’ai pas très bien compris le rapport entre l’histoire et le refrain de la chanson. « Evil lies in every man », c’est presque philosophique, c’est plutôt une généralité.

Dans ce cas-là c’est vraiment à propos de ce qu’elle était, la fille de la légende, qu’elle était quelqu’un de vraiment gentil, une bonne personne. Et à la fin il y a ces paroles, qui elles sont du point de vue d’Alister Vale, et il dit :

At the shore I bemoan

What creature she's become.

Et ça, basiquement cela signifie que si les bonnes ou disons les mauvaises circonstances sont là, tout le monde peut se transformer en quelque chose de complètement différent. Si tu as des soucis ou quelque chose comme ça tu peux revenir comme quelqu’un de complètement différent de la personne que tu étais avant. C’était l’idée qui était derrière ça. Bien sûr c’est un petit peu philosophique, oui.

Dans la musique, j’ai eu l’impression qu’il y avait plus d’éléments folks dans Ravenhead que dans To The End.

C’est vraiment amusant, parce qu’il y a deux interviews de ça quelqu’un m’a dit qu’il avait l’impression que les éléments folks avaient pratiquement complètement disparus ! Alors... Je veux dire, je ne vois pas Orden Ogan comme un groupe de power metal, je pense plutôt que c’est un groupe de heavy metal mélodique avec des influences power metal, et il y a aussi quelques influences folks dans les trucs épiques, et des influences de divers autres styles... Il y a toujours des influences dans tous les albums et toujours quelques petites touches folks. Si c’est un peu plus ou un peu moins présent ce n’est pas par dessein, je pense que c’est juste un élément de notre son. Il y a la chanson A Reason to Give par exemple... Je ne pense pas qu’elle sonne trop folk, de mon point de vue c’est plus comme un élément musical amusant, avec la batterie et tout, et nous ne sommes pas un groupe de folk irlandais. Mais c’est vrai qu’il y a ces éléments, et c’est peut-être pourquoi tu as eu cette impression.

Je me trompe peut-être encore, mais j’ai eu l’impression que dans Ravenhead il y a parfois des éléments très heavy, et je n’avais pas noté leur présence dans To The End. Peut-être que je me trompe ?

Non, tu ne te trompes pas. J’ai fait tellement d’interview aujourd’hui que je ne sais plus à qui j’ai dit quoi ! Est-ce que j’ai dit que nous avons commencé par enregistrer les chœurs en premier ?

Non.

Je veux dire, nous sommes un groupe qui est très proche de ses fans, nous essayons d’aller sur le stand de merchandising et de discuter avec eux après les concerts, et ce genre de choses. Et une chose que tous nous disent toujours, c’est que les deux éléments vraiment forts dans notre musique sont les chœurs puissants et les riffs heavy. Et c’est une des raisons pour lesquelles nous avons commencé par travailler sur les choeurs en tout premier. Je pense que c’est la raison numéro un qui explique pourquoi ils sont aussi marqués sur cet album. Et comme je l’ai dit, les riffs heavy sont l’un des principaux éléments structuraux de notre musique, alors nous avons essayé de les pousser encore un peu plus. Donc ton impression est parfaitement juste. C’était fait intentionnellement, oui.

J’ai noté une autre différence entre les deux albums, pour moi To The End est beaucoup plus sombre que Ravenhead.

Encore une fois, exact opposé il y a deux interviews de ça ! Amusant ! Intéressant combien les gens voient les choses différemment. Tu penses que To The End est  plus sombre que Ravenhead ?

Oui, par exemple dans To The End, la chanson Things We Believe In, même si à première vue elle n’est pas sombre, quand on voit le clip on se rend compte qu’elle l’est vraiment beaucoup.

Oui je vois, mais je pense qu’il y a aussi des tas d’éléments comme ça également dans Ravenhead. Je ne peux même pas dire lequel des deux albums est le plus dur ou quoique ce soit ; en ce qui me concerne je pense qu’il y a pas mal d’éléments metal sombres sur To The End. C’est peut-être un peu plus rapide que Ravenhead peut l’être ; il y a un peu plus d’éléments power metal traditionnels avec la double basse sur Ravenhead, mais concernant les paroles et tout c’est fondamentalement la même chose. D’un autre côté, une chanson comme Evil Lies in Every Man, oui, bien sûr c’est un peu plus édifiant, un peu plus, je ne dirait pas heureux, mais c’est peut-être plus optimiste que d’autres choses. Mais je pense qu’au final ce n’est pas si différent. Je veux dire, nous ne faisons pas du happy metal ! (rire)

Peut-être que le monde de Ravenhead n’est pas aussi sombre que le monde post-apocalyptique de To The End, pas aussi désespéré ?

Oui, mais Ravenhead est un endroit mystique au bout du monde... C’est différent. Oui, c’est juste différent.

Désolé, j’essaye d’interpréter vos chansons mais j’ai souvent tout faux !

Non, c’est bien, je suis juste... Tu sais, quand on en arrive à l’écriture, nous sommes si concentrés sur ce que nous faisons qu’il faut s’habituer à l’idée qu’en général les autres gens en auront une vision complètement différente de la vôtre. Et quand je suis travaille sur un album, une fois qu’il est finit je ne suis pas dans l’état d’esprit de dire : « oh, celui-là est plus sombre que les autres » tu sais. C’est juste comme une progression complètement naturelle. Alors peut-être qu’il faut quelques semaines de plus pour voir si c’est un album plus sombre ou pas ! (rire)

Cela va peut-être aussi te surprendre, mais Deaf Among the Blind me rappel The Ice King ce que tu m’avais expliqué sur son deuxième sens : une critique des gens qui suivent aveuglément les hommes politiques !

Le sens des paroles est très proche. C’est basiquement le même sujet. Par contre, je dois préciser que nous ne sommes pas du tout un groupe politisé. Je n’essayerais pas de transférer ça au monde réel d’aujourd’hui – bien qu’on puisse à l’évidence.

Et quel sont vos projets maintenant ? Une tournée ?

Oui, en janvier pendant un mois nous serons en tournée en Europe avec Hammerfall ; et ce sera une bonne expérience je pense, parce qu’à l’évidence Hammerfall est l’un des meilleur groupe avec qui partir en tournée, en matière de power metal. Il y aura quelques festivals en été, une autre tournée européenne comme deuxième tête d’affiche en automne. Je ne peux pas encore dire avec quel groupe, mais je pense que les gens qui viendront aux concerts seront les mêmes que pour Hammerfall, donc à priori ce sera un autre grand groupe de power metal. Et je suis pratiquement sûr que nous ferons une tournée en tête d’affiche début 2016 ! Mais nous aimerions faire ça en même temps qu’un DVD live. Donc, ce sont nos plans pour la prochaine année et demi.

Super ! Et bien merci pour tout et à bientôt en live !

Thanks to you !

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