ORDEN OGAN – RAVENHEAD

Dans le monde du power metal, on peut clairement dire qu’Orden Ogan a attiré l’attention ces dernières années. En fait, il s’est même positionné sans ambiguïté parmi les étoiles montantes. De celles qui innovent, et développent une identité musicale forte.

La biographie du groupe est un peu compliquée. Certains la font remonter à 1996, ce qui est un peu exagéré vu qu’à l’époque la majorité de ces membres actuels étaient à peu près aussi haut qu’une guitare. La véritable histoire de la formation actuelle débuta en 2008, avec la sortie de Vale, leur premier album. Elle s’est depuis poursuivie avec Easton Hope en 2010, et To The End en 2012. Trois albums qui permirent leur ascension, et les amenèrent à tutoyer les grands du power metal – et  à tourner avec. Ravenhead confortera-t-il les attentes des fans ?

Eh bien, on ne peut évidemment jurer de rien, mais si ce n’est pas le cas ils doivent être sacrément difficiles. Ravenhead est un album puissant et riche d’idées, construit avec rigueur, calme et application.

Dans la musique d’Orden Ogan, deux choses sont fondamentales : les riffs typiquement heavy et la puissance des chœurs. Sur Ravenhead, l’un comme l’autre ont encore été fortement renforcés. On a donc un album très symphonique mais fondamentalement heavy, où la personnalité du groupe s’affirme et se renforce.

Il y a aussi quelques éléments franchement inattendus, comme ce chant de vieille femme ouvrant Evil Lies in Every Man – l’héroïne de la chanson, répétant le refrain :

Evil lies in every man

Born into a lion’s den

Evil lies in every man…

Scandé par les chœurs tout au long du titre, il questionne et lui confère une résonnance particulière. On peut également citer les martellements de batterie ouvrant Sorrow Is Your Tale, qui imitent des coups de marteau avant de s’accélérer et de se fondre dans la musique – petites perles originales, qui accrochent l’oreille de l’auditeur au début de la chanson. Le genre de petits plus qui ne changent pas fondamentalement la chanson, mais qui apportent à l’album sa touche d’originalité.

Egalement quelques touches de folk discrètes, comme toujours sur les albums d’Orden Ogan. Ici c’est principalement sur A Reason to Give, un titre plus doux, construit sur des mélodies folks au clavier et à la guitare acoustique, progressivement remplacées par les guitares électriques.

Mais globalement, chœurs et riffs sont les principaux acteurs. Orden Ogan a toujours cherché à se démarquer des autres formations power metal, et a visiblement trouvé sa voie. Une base instrumentale fondamentalement heavy, qui le différencie des groupes symphoniques à la Rhapsody, mais avec une puissance de chœur qui l’écarte clairement d’Helloween ou Hammerfall.

Le chant lead est donc logiquement un peu en retrait, souvent fondu dans un ensemble de deux ou trois voix. Sebastian Levermann, leur chanteur, n’en réalise pas moins quelques belles performances, notamment sur la balade Too Soon.  Les passages instrumentaux et les solos sont également moins mis en avant mais encore bien présents, notamment sur Deaf Among The Blind ainsi que sur le morceau instrumental In Grief and Chains .

On peut donc le dire, Orden Ogan s’est fait sa place dans le monde du power metal. Il a maintenant une solide assise construite à force de travail et de patience : un style bien à lui, une bonne base de fans, une discographie consistante et sans tâche. On peut objectivement le ranger parmi les grands du power metal.

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