BEYOND THE STYX – LEVIATHANIMA

Au programme de ce soir : hardcore, deathcore et gros son qui tâche ! Beyond the Styx, c’est un jeune groupe tourangeau fondé en 2010 dans une optique purement hardcore, mais qui depuis s’est diversifié et a exploré d’autres pistes, dont celle deathcore. Après une demo et un EP, Leviathanima est leur premier album.

Les groupes de hardcore, on va être honnête, ça n’est pas ce qui manque. La vague venue des Etats-Unis a largement envahi l’hexagone, où il a d’ores et déjà commencé à se décliner en une multitude de sous-styles, dont le post-hardcore et le hardcore new generation ne sont pas les moindres. Tout aussi américain d’origine, le deathcore a aussi largement conquis l’Europe. Un groupe à la croisée des deux a donc toutes les chances d’être dans le bon créneau.

La principale caractéristique de Beyond The Styx, c’est le double chant : un growl lourd à la Cannibal Corpse, et un chant plus aigu, hurlé et distordu. Les deux sont assurés par la même personne, Emile Duputie, ce qui confère à l’ensemble un petit côté schizophrénique parfaitement voulu et assumé. En tout cas, utiliser ces deux techniques aux extrémités opposées de la gamme musicale, mais tout aussi épuisantes pour les cordes vocales l’une que l’autre, est une belle performance qui doit valoir le coup d’être vu en live. D’autant que les deux alternent souvent d’assez près, ce qui contribue à donner l’impression d’un « dialogue » entre deux personnalités opposées cohabitant dans un même crâne.

Chose intéressante, le jeu de la batterie change suivant le type de chant : lent et martelé avec le growl, ultra-rapide pour accompagner le chant hurlé.

Derrière, des guitares presque tout le temps saturées, quoi qu’assez légèrement. Les lignes générales sont efficaces tout en restant relativement sobres ; bien qu’à l’évidence les musiciens aient une excellente maitrise, ils ne cherchent pas à faire étalage de leur technicité. Le groupe fait le choix de la simplicité.

A deux moments, des passages instrumentaux clairs, doux et calmes, permettent à l’auditeur de souffler un peu. Un répit bien venu, car pour le reste l’album est sans concession. Un hardcore violent et déstructuré auquel le chant hurlé donne un petit côté expérimental, qui baisse rarement de rythme et d’intensité. Sauf de temps en temps, de manière volontaire, comme sur Insurr@ction où un passage instrumental clair prend un moment le relai, et derrière lequel le chant distordu hurle à plusieurs reprise la même phrase, à intervalle régulier – en mode « voix qui crie dans le désert ».

Un petit groupe français à découvrir donc, qu’apprécieront les fans de hardcore et autres styles extrêmes. Un milieu où il pourrait bien monter rapidement.

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