INTERVIEW DE WILDPATH – Partie I

« Entre la scène d'un vieux théâtre et la cellule d'un asile, l'héroïne de Disclosure va devoir se résoudre à l'abandon de ce qu'elle a été.  Les visuels de l'album s'inspirent de l'architecture Américaine du début des années 30 afin de confronter l'immensité d'un monde que l'héroïne refuse, avec une intimité qui a été brisée ». Voici comment Wildpath, jeune groupe de metal symphonique parisien, présente son nouvel album : Disclosure. Qu’est-ce que cela signifie exactement ? Nous allons demander à Marjolaine Bernard et Olivier Caron, respectivement chanteuse et guitariste du groupe, de nous soulever un petit coin du voile !

D’abord merci pour cette interview, et félicitations pour le nouvel album ! Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, pouvez-vous présenter le groupe ?

Marjolaine : Merci à toi ! Wildpath, c’est un projet metal qui existe depuis un peu plus de dix ans. Il est né de l’amitié d’Olivier, ici présent, et d’Alexis, le claviériste. Il y a eu un premier album, puis un deuxième en 2008 à partir duquel on a eu le line-up actuel, et depuis on a sorti deux autres albums. Et on est de la région parisienne.

Et qui compose dans le groupe ? Les membres fondateurs ?

Olivier : Exactement !

Et donc là vous en êtes à votre quatrième album ! Ca c’est bien passé l’enregistrement ?

Olivier : Oui, très bien ! L’avantage c’est qu’on a notre propre studio, donc on a vraiment pris notre temps. L’enregistrement en soi ce n’est jamais très long, mais c’est surtout la maturation du son après. On a vraiment attendu d’être satisfait, que le truc ressemble à ce qu’on avait dans la tête, mais ça s’est bien passé. Vu qu’on fait tout nous même ça fait beaucoup de boulot, d’autant que c’est Alexis qui se charge aussi des visuels de l’album ! Donc très bien, de bons souvenirs mais c’est fatigant ! (rire)

Justement la production de l’album m’a un peu étonné, elle est vraiment très nette, très propre, très lisse.

Olivier : Trop ? (rire) Oui, c’est vrai, c’est ce qu’on voulait. C’était un peu crescendo jusqu’à Underneath, le dernier album, qui lui était vraiment très orchestral, et là on voulait au contraire faire quelque chose de très lisible, qui en plus soit dans l’ambiance du concept : un peu pesant, un peu froid… On est un peu de cette école-là, nous. Même sur scène on y va, on branche la guitare dans l’ampli et c’est tout ! Pas d’effet, on veut laisser le plus d’espace possible à la musique. Du coup là on a poussé le truc un peu loin effectivement : très peu d’effets sur la voix, peu ou pas du tout sur la batterie… Que ce soit très sec, un peu « root » comme ils disent !

Peut-être pour laisser plus de place au chant aussi ?

Marjolaine : Laisser de la place pour tout plutôt ! Dans Wildpath on n’a pas envie de mettre le chant plus en avant qu’un autre instrument, on aime bien le considérer comme un instrument comme les autres au même titre que la guitare, la batterie… Sans avoir la chanteuse en vedette !

Ta technique de chant est quand même assez originale. J’ai l’impression que tu as eu des cours de technique lyrique, que tu t’inspires en partie du classique mais que tu essayes de faire quelque chose de plus accessible.

Marjolaine : C’est exactement ça ! A l’époque où j’ai fait ma formation il n’y avait pas ou peu d’écoles de chant de musique actuelle à proprement parler, et le classique m’intéressait beaucoup, donc j’ai fait une formation lyrique au conservatoire, et en parallèle je me suis mise à chanter plein d’autres choses, et j’ai adapté la technique que j’avais apprise à mes envies musicales. Et effectivement, en lyrique je chante essentiellement en voix de tête, mais j’ai eu envie d’aller chercher dans les graves, de proposer autre chose, mais pas forcément pour le rendre plus accessible. Si le lyrique ça m’avait fait marrer, si ça avait collé à la musique de Wildpath et qu’on en avait tous eu envie j’aurais continué à travailler dans cette veine là. Mais globalement oui, on a eu envie d’un chant un peu différent au fur et à mesure des albums, et c’est vrai que quand je réécoute les anciens, c’est de moins en moins lyrique et ça va vers autre chose à chaque fois ! Et ça m’intéresse, tester de nouvelles choses avec ma voix à chaque fois c’est très enrichissant.

Par contre c’est peut-être une spécificité de cet album mais je trouve que ton chant y est toujours très calme !

Marjolaine : J’ai essayé d’aller sur des interprétations plus tranchées par endroit ! Mais c’est vrai que dans Wildpath tu as souvent une voix plus éthérée qui se pose sur le metal, c’est quelque chose qu’on fait depuis le début et qu’on aime bien. C’est un contraste intéressant ; et c’est sûr que jamais je n’aurais l’énergie d’une Angela Gossow ! Ca n’est clairement pas ce que j’essaie de faire ! (rire)

Il y a aussi un contraste avec les passages de chant masculin, qui à part sur la balade sont plutôt agressif.

Olivier : Oui ! Pareil, ça collait bien avec le concept de l’album, qui campe un personnage qui interagit avec l’héroïne, et qui essaye de la raisonner, de la réveiller un peu. Donc ça collait bien avec ce type de chant, sauf sur la ballade justement, qui est vue du point de vue du personnage de Nico, donc qui n’a rien à voir mais c’était justement fait pour ça !

La ballade justement, j’ai eu l’impression que c’était le titre où il y avait le plus d’influences classiques.

Olivier : Oui ! Pour cet album là on voulait moins d’orchestre que sur Underneath, et donc on a utilisé des points de théorie classique pour des bouts d’orchestre, mais c’était rarement des orchestres complets comme on l’a fait sur Underneath, où il y avait vraiment tout un orchestre symphonique. Et pour Hollow on avait plus de place, parce qu’on voulait quelque chose de vraiment chaleureux, d’acoustique, une vraie balade ! On a toujours essayé d’en faire, mais à chaque fois ça finissait en truc symphonique ! (rire) Et ça permettait d’utiliser des petites harmonies un peu plus colorées, un peu plus typiques de ce genre d’écriture. Et finalement ça fait un peu musique de chambre, donc ça doit rappeler l’aspect baroque et tout ça.

C’est peut-être un hasard, mais dans la technique de chant et les orchestrations et les arrangements, il y a un groupe à qui ça m’a fait penser, c’est Amberian Dawn.

Olivier : On nous l’a déjà dit, oui !

Marjolaine : Oui, pour la voix on m’a déjà comparé à leur chanteuse, pour le timbre. Je trouve le compliment assez flatteur ! Je ne connaissais pas à l’époque, donc j’étais allé écouter, et c’est vrai que tu retrouves un petit quelque chose !

Olivier : Je ne connaissais pas non plus.

Marjolaine : Si même le compositeur ne connait pas… (rire)

[caption id="attachment_19424" align="aligncenter" width="584"] Un peu dans la même ligne musicale, Amberian Dawn[/caption]

A la base c’est plutôt quoi tes influences, Olivier ?

A la toute base moi je viens du punk rock ! (rire) J’ai très vite switché ! Après, la base qui nous a orienté vers le metal symphonique Alex et moi, c’est Rhapsody , Children of Bodom, ce genre d’écriture là. Après on est énormément influencé par le classique, la musique de film aussi, on adore ! Musique de jeux vidéos aussi, on adore Nobuo Uematsu par exemple. Et puis de l’électro aussi, dernièrement il y a beaucoup de trucs dérivés de l’électro qui nous plaisent vachement. En ce moment on aurait plutôt tendance à écouter des trucs à base de fusion ; dans le metal un groupe qui m’a bluffé ces dernières années c’est Diablo Swing Orchestra ! Enfin un bol d’air frais dans le metal ! (rire) Et sinon dans l’électro des gars comme Savant ou Igor, qui font des trucs un peu plus éloignés mais qui sur cet album là rentrent quand même un peu dans les influences.

Tiens, je n’ai pas du tout senti le côté électro ! Sur quelles chansons par exemple ?

Olivier : Ah, c’est marrant ! Sur l’intro notamment, il y en a un petit peu. Ailleurs on en met, mais on le dilue pas mal ! Dans Outcast aussi tu as un passage avec de la batterie et un peu d’électro, juste après le passage de style Requiem… Il y en a plus qu’avant en tout cas !

Marjolaine : Oui, c’est ça. Le contraste s’est fait plus ressentir pour les gens qui nous suivent depuis plusieurs albums.

Olivier : Mais c’est cool qu’il y ait des retours comme le tien, parce que nous on ne revendique pas d’étiquette ; on ne va pas chercher à être un groupe électro ; mais on va utiliser des trucs électro dans le morceau si on en ressent le besoin. C’est cool que ça ne se ressente pas trop clairement, ça n’était pas le but !

Par contre, j’ai lu sur internet qu’avant vous utilisiez aussi des influences folks. Là par contre je ne les ai pas vues du tout !

Olivier : Non, en effet ! (rire) Mais on est fan de mélodies catchy, très colorées, et je pense qu’il y en a certaines qui ont un petit côté celtique, des gammes de la basse ou ce genre d’harmonie. Après pareil, ça n’est pas du tout un truc que l’on cherche à faire, ça n’est clairement pas le type d’orchestration qui rappel la musique celtique, mais je pense que c’est le côté un peu mélodique qui doit y faire penser.

Marjolaine : Et puis ça s’entendait peut-être plus sur le premier album.

Olivier : C’est vrai. Mais on utilise rarement de la flûte ou ce genre de trucs, du violon solo même c’est rare… C’est vrai qu’on nous a toujours dit ça mais pareil, ce n’est pas quelque chose qu’on cherchait particulièrement à faire. Sauf sur certaines, sur le premier album il y avait Gaïa qui était un peu dans ce genre là mais c’est rare !

Voir la Partie II

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