INTERVIEW DE WILDPATH – PARTIE II

Suite de la Partie I

D’accord ! Sur le sens des chansons, c’est assez dur à décrypter globalement ! C’est volontaire, c’est pour laisser une marge d’interprétation ?

Olivier : Exactement, oui ! Même si on fait des concepts album, on veut toujours qu’ils restent accessibles, qu’ils soient suffisamment catchy pour qu’on puisse l’écouter comme ça à un premier niveau, mais que les gens que ça intéressent vraiment puissent rentrer un peu plus en profondeur dedans et se faire leur propre interprétation. On aime bien laisser des pistes mais on ne veut surtout pas tout révéler ! Pour Non Omnis Moriar (NB : leur deuxième album) on avait carrément écrit l’histoire, et on ne l’a jamais diffusé, mais derrière il y avait une vraie narration ! Pour Disclosure on ne l’a pas fait à ce point là mais on avait clairement en tête des scènes toutes déroulées ; mais on ne veut pas que se soit explicite.

Il y en a quand même une dont le thème est explicite, et je me suis vraiment demandé qui est cette personne tant attendue dans Absentia !

Olivier : (rire) Absentia, justement, elle répond à Hollow. C'est-à-dire que Hollow raconte les évènements du point de vue de Nicolas, c’est une sorte d’adieu à la relation qu’il peut avoir avec Marjolaine, et Absentia du coup c’est la première phase de solitude du personnage de Marjolaine ! C’est pour ça qu’après, sur les deux dernières chansons, il n’y a plus du tout Nico.

Le chant féminin est très rêveur… Il est perdu dans un monde onirique et le personnage masculin essaye de le rattraper à la réalité ?

Olivier : Voila, c’est ça l’idée !

Marjolaine : Tu commences à approcher effectivement !

Par contre, il y en a une où j’ai trouvé l’ambiance assez différente c’est Delusion. Mais je ne saurais pas dire en quoi !

Marjolaine : Je ne sais pas… Pour moi c’est une de celles qui nous inquiétait le moins par rapport à notre public. On se disait que c’était un morceau où ils se reconnaitraient peut-être plus facilement.

Olivier : En fait dans le concept, il y a d’abord Delusion puis Unborn, qui est vraiment le paroxysme de ce qui arrive à l’héroïne, et Delusion c’est là où tout se fait – ça bout ! Harmoniquement on a retranscrit ça par quelque chose d’un peu bizarre, c’est vrai ! De ce point de vue c’est peut-être la moins stable de l’album, c’est peut-être ça qui te donne cette impression. Elle est parfois très aérée et parfois très bourrine aussi… Moi je l’aime bien, parce que justement elle permet tout ça !

Marjolaine : Moi je me suis bien amusée pour l’enregistrer aussi ! Les lignes de voix sont assez torturées, c’est chouette !

Olivier : Là pour le coup on a utilisé pas mal d’effets, en doublant des pistes, en retournant des trucs, pour avoir des petits effets à l’arrière qui ne sautent pas forcément aux oreilles ; mais si on écoute bien il se passe des trucs assez rigolos sur la voix de Marjo !

Si on fait le bilan vous avez tous les deux beaucoup d’influences classiques, mais finalement je ne trouve pas que ça se sente tellement dans la musique ! Ca aussi ça s’est un peu évacué au fil du temps ?

Marjolaine : Oh je ne suis pas sûr, je trouve que dans l’écriture d’Olivier c’est toujours là…

Olivier : Oui, on s’en sert toujours ; ça se voyait plus sur Underneath où il y avait beaucoup de chœurs et tout, où là on utilisait vraiment la théorie classique pour les écrire, là on n’en a pas eu trop besoin. Mais c’est quelque chose qu’on a toujours en mémoire, dans l’évolution des mélodies, le rapprochement des thèmes… Ca ne s’entend pas forcément mais par exemple on s’était donné des petits défis d’écriture sur la dernière chanson de l’album ; on voulait que tout tourne autour d’une même mélodie, et en fait c’est le même thème qu’on retrouve tout le long de la chanson ! Mais on voulait que ça ne se sente pas trop. C’est en ça que la théorie classique nous sert ; et dès qu’il y a de l’orchestre on l’utilise pour que ça sonne correctement.

Autre question que je me posais : ça veut dire quoi « Petrichor » ?

Marjorie : Ah ah !

Olivier : « Petrichor » c’est du grec, et ça veut dire « le sang de la pierre » ! En fait, ça désigne l’odeur qui se dégage de la terre chaude après la pluie ! C’est du, je crois, à une substance que les plantes fabriquent pour se protéger en cas de sécheresse, et qu’elles diffusent quand ça redevient humide. Et c’est aussi un gros clin d’œil ! On est fan de la série Docteur Who, et « petrichor » c’est le mot de passe pour rentrer dans le Tardis ! (rire) En fait ça a fait partie du processus créatif du début, avant la composition. Quand on n’avait pas encore trop idée du concept on a listé tous les mots bizarres sur lesquels on tombait et qu’on utilise jamais, et dont on ne savait même pas ce qu’ils signifiaient et lui il en faisait partie, justement parce qu’on l’avait croisé dans Docteur Who ! Au final on n’a pas du tout gardé ce concept là mais ça nous a servi de base.

[caption id="attachment_19427" align="aligncenter" width="584"] Maintenant vous aussi vous connaitrez le mot de passe ![/caption]

C’est original comme concept !

Marjorie : Wildpath, expérience auditive visuelle ET olfactive du coup ! (rire)

Olivier : Faudra essayer de diffuser l’odeur en concert ! Remarque, les concerts souvent c’est déjà une expérience olfactive en soi ! (rire)

C’est vrai ! Et du coup c’est quoi le lien avec le thème de la chanson ?

Olivier : Et bien ça a un lien assez éloigné ! (rire) En fait cette chanson là, c’est vraiment la pierre angulaire de l’album. A son début, on est au début de l’action et ça va aller crescendo. Petrichor revient un peu en arrière, et ça va permettre d’expliquer le pourquoi ! D’ailleurs, c’est assez caché, mais si on veut vraiment comprendre ce qui se passe il faut lire la chanson dans l’autre sens ! (rire)

Marjorie : On va chercher un peu loin parfois !

Olivier : En effet ! Et du coup, la petrichor c’est un peu la Madeleine de Proust, la nostalgie, et c’est en cela que ça se rapproche de ce qui se passe dans la chanson. Pourquoi tout se déroule comme ça, c’est parce qu’il s’est passé ce qui est raconté dans Petrichor.

Il y a du concept ! Mais du coup je commence à mieux comprendre le petit texte de description de l’album à propos de l’héroïne qui doit faire des choix ! Et du coup au final elle choisit de rester dans son rêve en fait ?

Olivier : Ah, tu as lu le petit texte ! La fin… C’est ouvert ! Mais en tout cas, ce qui s’est passé dans Hollow, ça c’est irréparable !

Marjorie : Voila ! A la limite entre rêve, imagination et folie… On ne sait pas ou ça se situe ! Tu peux toi-même décider de trancher dans ton écoute !

Et pourquoi la pochette reprend le décor de l’Amérique des années 30 ? Pour le gigantisme ?

Marjorie : C’est quelque chose qui nous plait l’art déco, le côté épuré de ses lignes… On a fait évoluer notre logo spécialement pour cet album-là, et c’est un choix qui nous laisse beaucoup de liberté derrière. C'est-à-dire que si on voulait repartir sur la fantaisy ça marcherait très bien, vers quelque chose de plus moderne ça fonctionnerait aussi… C’est un cadre qui nous laisse libre au final.

Olivier : Ca collait aussi bien avec ce qu’on voulait faire de cet album. L’art déco, ça permet d’exprimer beaucoup de choses avec des formes simples, finalement. Cette grande ville sur la pochette, en fait ça représente le monde extérieur tel qu’il est opposé à l’héroïne pendant toute l’histoire, et ça traduit bien l’impression de quelque chose de très massif mais simple et carré.

La ville gigantesque et le côté très onirique et personnage perdu dans un rêve, ça commence à faire penser à Inception !

Olivier : (rire) Oui ! On nous a dit Metropolis aussi ! Mais on a adoré les deux.

Et maintenant, vos projets ?

Marjorie : Des concerts pour 2015 ! C’est vraiment l’objectif. Aller rencontrer notre public, porter l’album sur scène, c’est quelque chose que de notre point de vue on n’a pas suffisamment fait pour l’album précédent, et qu’on veut vraiment corriger pour celui-ci. Jouer au maximum, dans de bonnes conditions, aller à la rencontre des gens qui nous écoutent en proposant des concerts « traditionnels » comme on sait le faire, ou aussi des shows acoustiques, des showcases… Objectif, rencontrer les gens !

Olivier : Et puis faire vivre l’album sur les réseaux sociaux aussi ; on va surement enregistrer des petits bonus et des choses comme ça et tout diffuser pour partager avec les fans.

Et il y aura des clips ?

Olivier : On va essayer aussi, oui.

Marjorie : Il y en a un qui existe pour Petrichor, et il y en a d’autres qu’on aimerait bien faire.

Olivier : Quand on se penchera dessus on essayera de trouver une petite idée comme il y avait eu, je ne sais pas si tu as vu le clip de The Raven, on voulait que se voit à l’écran toutes les lignes musicales qui sont jouées ! Du coup quand il y a les chœurs on se retrouve avec quatre-vingt vignettes en train de chanter ! (rire) C’est le genre de petits concepts qui ne coutent pas cher à faire, qui demandent seulement du temps et du travail, mais c’est la petite idée qui rend un clip sympa ! Là on n’a pas encore trouvé mais on a ça derrière la tête et on veut en faire d’autres !

https://youtu.be/ZEgIeOfsOT0

Et tourner seulement en France, ou vous pensez pouvoir partir en Europe ?

Marjorie : Ca dépendra des opportunités ! On en a une qui n’a pas pu se concrétiser finalement pour une tournée européenne, après on cherche, et on en produit…  Il y a des gens qui nous réclament en Amérique du sud, mais ça c’est une chose qu’on ne peut pas se permettre de faire, clairement ! Après essayer de notre côté d’organiser des choses en Belgique, Suisse, Luxembourg… Ca c’est complètement réalisable ! Mais pour partir plus loin en tournée Européenne, là on cherche à faire la première partie d’un groupe connu. Clairement ce serait un objectif pour cette année !

Et bien je vous souhaite bon courage et bonne chance ! Merci pour tout !

Marjorie et Olivier : Merci beaucoup !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>