WILDPATH – DISCLOSURE

Décidément, le metal symphonique connait un vrai renouveau. Certains l’avaient un peu trop vite déclaré mort après le départ de Tarja de Nightwish, le split d’After Forever et le passage de Lacuna Coil au neo metal ; mais une nouvelle génération a émergé. Des groupes jeunes, plus discrets que leurs ainés, qui ont repris le concept mais l’ont poussé dans des directions différentes, et proposent aujourd’hui quelque chose de bien plus original que ce qu’a pu faire toute une génération de « suiveurs ».

De telles formations, on en trouve notamment dans la scène française. Un milieu dur où comme on sait il est souvent difficile pour les groupes de monter, mais ceux qui ont du talent s’accrochent et continuent vaille que vaille. Wildpath est l’un de ceux-ci. Un jeune groupe parisien fondé par Olivier Caron (guitare) et Alexis Garsault (claviers) en 2001, qui a depuis sorti quatre albums et nous présente aujourd’hui le petit dernier : Disclosure.

C’est une histoire qu’ils nous y racontent. Celle d’une jeune femme égarée dans rêve, et d’un homme qui cherche à la ramener à la réalité, mais finira par y renoncer. La voix féminine est donc douce, éthérée, souvent un peu lointaine. Le chant masculin lui est plus agressif, voir amer et chargé de reproche comme sur Delusion. Mais seule une voix de plus en plus rêveuse lui répond. La musique les accompagne et traduit leurs émotions plus clairement que les mots.

La conséquence logique arrive sur Hollow : la balade de l’album, où le chant masculin se fait à son tour doux et caressant pour dire adieu à celle qu’il n’a pu ramener à la réalité. Un beau titre, chargé de tristesse : non seulement c’est une chanson d’adieu, mais il a échoué à lui venir en aide… Curieusement, c’est celui où les influences classiques sont les plus fortes notamment, curieusement, de la musique baroque. Un témoignage de l’étendue de la culture musicale des membres de Wildpath et de leur capacité à en tirer parti.

Resté seul, le chant féminin ne peut que constater sur Absentia le vide laissé par le départ du personnage masculin, et combien cette solitude lui pèse – mais aussi qu’elle est incapable de le suivre. Des effets sur la voix viennent traduire ces sentiments mêlés, accentués par des riffs courts et saturés.

Marjolaine Bernard fait partie de ce type de chanteuse qu’on pourrait qualifier de « post classique ». C'est-à-dire ayant suivie une formation lyrique et disposant d’une bonne maitrise de la technique classique, mais la mettant au service d’autres styles. Elle dispose alors d’une bonne technicité, qui lui permet de faire avec sa voix des choses que ses homologues ne disposant pas de cette formation n’arriveront jamais à faire. Et puis, sa façon d’utiliser ses connaissances lui confère un style et une personnalité bien à elle, au final peut-être plus marqué qu’une chanteuse purement lyrique. Il s’agit clairement d’un des atouts fort du groupe.

Pour autant, il s’intègre à l’ensemble, reste à sa place et ne prend jamais le pas sur les autres instruments. Il y a entre le chant et l’instrumental un véritable équilibre, et c’est heureux car le travail et la qualité de ce dernier est clairement leur deuxième atout. Les musiciens font ressortir la complexité et la technicité des compositions, et on ne peut pas dire qu’il y en ait un en reste.

Un élément qui en revanche étonnera peut-être certains, c’est la netteté et le côté très lisse de la production. Très peu d’effets sur la voix ou l’instrumental, un son très épuré, on sent la volonté de faire quelque chose de très sobre et très net. C’est la musique telle qu’elle est, pure et sans artifices. Elle se révèle sans voile, et on n’en apprécie que mieux ses qualités intrinsèques.

Voici donc un groupe doté de talent et d’inventivité, qui vient apporter un vent de fraicheur à une scène symphonique qui commençait à tourner en rond. On ne peut que lui souhaiter chance et succès.

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