Interview d’Anathema

19h. Aujourd'hui, Anathema présente leur nouvel album, Weather System. Vincent Cavanagh, malgré 8h d'interview non stop, semble dans une forme olympique. Ce qui n'est pas mon cas, après une longue et douloureuse journée de droit communautaire ! Bon qu'importe. Voyons... D'habitude, tout le monde lui parle des Beatles et de Radiohead. Essayons de trouver quelque chose d'original...

Vincent Cavanagh : Bonjour ! Comment tu vas ?

Le Pavot Enragé : Bien ! Et toi ? Pas trop fatigué ? Longue journée d’interview ?

Vincent Cavanagh : Non ! Oui, c’est une longue journée mais... Si tu ne comptes pas c'est facile ! Si on me dit « ok il te reste vingt interviews ! »je me dis « oh mon Dieu ! » ! Ne pas compter, c'est le secret !

Le Pavot Enragé : Ma fois, je pensais que tu serais plus fatigué que ça, alors j'ai tenté de faire original...

Vincent Cavanagh : Oh ! Voyons ça !

Le Pavot Enragé : Je vais être très honnête : pour moi il y toujours eu quelque chose de totalement énigmatique dans tous les albums d’Anathema, mais particulièrement dans celui là ! Tant au niveau des thèmes des chansons que de la musique, et surtout des ambiances... Et c'est, il me semble encore, en un sens une intention délibérée de votre part. Est-ce que je me trompe ?

Vincent Cavanagh : Pour l'atmosphère ? Oh oui ! Je pense que cette fois, c’est aussi parce que l’album est plus dynamique, plus mobile, des crescendos soudains, ce genre de choses. Est-ce que cela sonne plus mystérieux… Peu de chansons de nos anciens albums avaient une telle dynamique. Tu sais nous avons nos chansons favorites. Sur une chanson, tu auras un son grave, et soudain un crescendo… Pour cet album il me semble que chaque chanson a sa propre intensité, et dans le même temps elles convergent toutes dans la même direction, aussi cela semble cohérent quand tu écoutes l’ensemble. Alors oui ! L’atmosphère reflète bien les intentions ! Créer nécessite des crescendo, des breaks, des chansons épiques… Et tout cela créera l’intensité. C’est 100% mental.

Le Pavot Enragé : Oui, spécialement dans The Storm Before the Calm.

Vincent Cavanagh : Oui ! Vraiment! C'est une fantastique chanson ! C'est une de nos chansons que ... Tu sais, j'en suis tellement fier ! Parce que cela montre... Nous avons fait quelques chansons un peu différentes dans des styles un peu différents, et celle-ci montre un peu tous les styles que nous avons utilisés dans une même chanson ! Au début on dirait un morceau électro, quelque chose de très différent de nous, avec des effets sonores étranges en fond sonore. Puis au milieu cela prend une tournure psychédélique, puis cela saute en un crescendo et « héééééééééééé »… Alors oui, cette chanson là je l’adore tu sais ! Et j’aime aussi beaucoup The Lost Child et Internal Landscape, j’aime les chansons longues, ce genre de chansons très intenses ! The Lost Child, personnellement j'estime que c'est ce que nous avons pu faire de meilleur jusqu'à présent. Danny c'est simplement assis au piano, et a eu l'une des idées les plus pure qu'il ait jamais eu. Cela vient à la base, d'un rêve. Elle lui a été inspirée par un enfant dans un rêve... C'était un peu comme dans un film ou quelque chose comme ça, et une ambiance très sombre, un peu comme un film d'horreur... Et il a développé cette idée, et je l'ai observé jour après jour, hypnotisé par elle. Et j'étais là pour l'aider, dire ce qu'il y avait à dire et faire ce qu'il y avait à faire. Mais je pense que c'est ce qu'il a fait de meilleur. J'aime que les paroles soient pleines de symboles ; nous avons tenté d'expliquer ce scénario, et aussi ses interprétations, notamment psychologique. Parce que les rêves sont l'expression du subconscient, tu sais.

Le Pavot Enragé : Oui, l'enfant est un symbole important en psychologie...

Vincent Cavanagh : Exactement ! Et Internal Landscape a été l'une de ces chansons qui viennent très facilement, qui coulent toute seule avec tant de facilité... Nous sommes très vite passé à l'enregistrement en studio. Cette chanson est d'une essence particulièrement pure – tu sais ce que je veux dire, pas seulement les voix. Je pense que... Oui, définitivement, c'est l'une de nos meilleures œuvres. J'aime la fin de cette chanson, j'aime le milieu, j'aime le début aussi ! J'aime l'intégralité en fait ! Mais j'aime aussi beaucoup l'atmosphère sombre de The Storm Before the Calm. C'est une chanson que j'aime également beaucoup !

Le Pavot Enragé : Et Internal Landscape ?

Vincent Cavanagh : C'est une grande chanson aussi. Venant d'expériences réelles ! Oui, c'est réellement arrivé à quelqu'un. [il s'agit de l'histoire d'un patient ayant vécu une expérience de mort imminente] Je crois que c'était dans les années 70, ou la fin des années 70 ; et l'histoire vient d'un documentaire de 1981 du Dr Kenneth Ring [un spécialiste des expériences de mort imminentes]. Quand Danny a trouvé ce documentaire et nous l'a montré, nous avons tous dits « ok, c'est hallucinant, on va regarder ça ! » Moi, j'ai tout de suite été saisi, et spécialement par le sentiment du héros de l'histoire que, face à la mort, la chose la plus importante qu'il avait à faire était de dire adieu à sa femme. Et nous nous sommes tous regardés et nous nous sommes dit : « ok, this is it ! ». Et nous en avons tiré cette chanson. Et après ça, Danny a dit qu'il fallait vraiment qu'on rencontre ce type ! Alors on a cherché qui avait fait le documentaire, et on a pu remonter jusqu'à lui. Il y avait très longtemps qu'il n'avait pas parlé de tout cela, mais il était toujours en vie, et il vivait aux Etats-Unis, alors nous avons décidé de le contacter et de voir ce qu'on pouvait faire ! Alors Danny l'a contacté, et nous avons eu une série d'email, puis de coups de téléphone, ce qui c'est terminé par moi au téléphone avec lui, dans le studio d'enregistrement, pendant que nous finissions la chanson ! Il a participé au processus de création de la chanson, ou tout comme ! Et par là il a participé à la création de l'album, car la chanson nous a grandement donné envie de faire quelque chose de plus grand – de faire un album. Alors... De parler à cet homme trente ans après qu'il ai fait cette interview... Maintenant il a quatre vingt ans, quelque chose comme ça... Alors cela devait arriver tu vois. C'est l'une de ces aventures qui arrivent parfois... Il a tenu à remercier Danny pour l'avoir poussé à le faire. Maintenant, ce n'est pas juste un bout d'un quelconque documentaire, c'est vraiment l'histoire vraie d'un homme vrai. Ses expériences ont influencées la chanson, qui elle même a influencée l'album... Alors il a influencé l'album. C'est ce qui est sorti de positif de tout cela tu vois...

Le Pavot Enragé : Sa voix me rappelle celle de Tom Waits....

Vincent Cavanagh : Oui c'est vrai, le même genre de voix grave, la même gravité... Il parle de choses qu'il connaît. Il parle de son expérience avec une telle solennité... Sa voix est comme un craquement, comme si ses émotions allaient le submerger, mais il tient bon et continue de raconter l'histoire. Et cela se voit... Oh mon Dieu, dire que ce gars est passé par tout ça et est encore capable de le raconter ! Une histoire extraordinaire...

Le Pavot Enragé : C'est vrai... Mais généralement il y a toujours beaucoup de sérénité dans votre musique. Pour moi, c'est un peu la même sérénité que chez Debussy – pas la même musique mais la même sérénité. Que dans La Mer par exemple.

Vincent Cavanagh : Mon Dieu, c'est magnifique ! Et bien... Merci ! C'est un immense compositeur... Merci. Mais chez nous, il n'y a pas que de la sérénité, il y a beaucoup d'intensité aussi !

Le Pavot Enragé : Oui, mais chez Debussy aussi. Par exemple dans son grand opéra, Péléas et Mélisande, il y a beaucoup de calme, de sérénité, et en même temps c'est une histoire de jalousie,  d'un homme qui finit par tuer sa femme et son frère par jalousie... Une sorte de mélange de sérénité et d'intensité. Comme chez vous.

Vincent Cavanagh : Tu sais, il y a une chanson qui résume parfaitement cela, c'est The Storm Before The Calm. Quand je l’écoute, cela me donne la sensation me cogner dans un mur, un mur d’intensité… C'est une relation de cause à effet tu vois. Et musicalement c'est ce que nous essayons toujours d'obtenir. Il y a une telle intensité qu'à la fin c'est comme une vague, et la vague s'écrase ; et après cela il ne reste plus rien. Il ne reste plus rien de toi, comme si tu avais disparu... Puis elle te laisse et il n'y a plus rien. D'un côté, c'est un peu comme si cela ne laissait de toi que quelque chose de froid et sombre. Et de l'autre il y a une sérénité... C'est un sentiment de paix, l'impression d'être déconnecté de sois-même... De toutes les expériences qu'on a pu avoir. Et on est toujours en vie, on a toujours ses expériences de la vie, mais on ne peut plus rien sentir. On est toujours là, mais juste complètement déconnecté de tout. Cette sorte de sérénité... Et il en reste une partie en vous.

[caption id="attachment_4016" align="aligncenter" width="366" caption="Thom Yorke : à tout seigneur tout honneur..."]
Pour les plus âgés d'entre nous : l'image de Debussy sur les anciens billets de vingt francs !

Le Pavot Enragé : Quelque chose comme la mer ?

Vincent Cavanagh : Peut être !

Le Pavot Enragé : Debussy avait l'habitude de dire : " N’écoutez les conseils de personne, sinon le bruit du vent qui passe et nous raconte l'histoire du monde "... Il y a là – et dans Weather System - quelque chose dans ce genre !

Vincent Cavanagh : Wah ! That's beautiful ! Je n'ai jamais rien entendu d'aussi beau... Merci. What can I say ? It's incredibly touching... Alors merci beaucoup. Je suis quelqu'un d'humble tu sais.

Le Pavot Enragé : C'est bien cela qui compte.

Vincent Cavanagh : Je pense que le plus important, c'est d'être férocement critique sur ce qu'on fait. Il y a ce poème de Kipling tu sais, à propos des singes qui essayent d'imiter les hommes et de se prétendre des hommes... Si j'oublie ça je deviens comme eux. Parce que tout ce que tu as, au bout du compte, c'est ton travail en tant qu'artiste. Tu as ton travail, et ce que tu éprouves pour lui. C'est tout ce que tu as. Et si tu as l'impression que ce n'est pas complètement ce que tu voulais ou que tu n'en es pas complètement satisfait, alors personne ne peut te dire à quel point tu es grand, cela ne fera rien ; mais si tu as fait exactement ce que tu voulais réaliser et que tu as accomplis ton œuvre, alors tu es simplement heureux et fier de l'avoir fait. Mais cela jouera si il est apprécié... Car tu crois aussi les preuves !

Le Pavot Enragé : Weather System n'est pas sorti de puis longtemps, mais il y a déjà une citation qui revient souvent à son sujet : « c’est l’album de la polarité. C’est un jeu d’oppositions : la lumière et l’ombre, la naissance et la mort, l’amour et la peur. Les vérités simples de la vie, la perte, l’espoir, la force et des thèmes intérieurs plus sombres sont tous explorés ici ». On pourrait trouver ça assez manichéen, de considérer le monde comme bipolaire, mais quand j'écoute l'album, je ne vois pas de séparation nette entre la lumière et l'obscurité. Dans votre musique, j'ai l'impression que les deux sont indissociable.

Vincent Cavanagh : Oui c'est vrai, mais il y a aussi quelque chose entre les deux ! Je ne crois pas qu'il y a seulement la lumière et l'obscurité ! Même dans une chanson comme The Storm Before The Calm par exemple, il y a tout un panel d'émotions. Je pense que c'est un album où l'on peut avoir quelque chose de particulièrement intense, et de quelle couleur est-ce ? C'est quelque chose de positif, mais c'est aussi extrêmement puissant, d'une puissance telle que, si une chanson sombre avait la même puissance, elle n'aurait plus du tout l'air sombre, ou triste comme la fin de The Lost Child ! Alors quelle couleur est-ce ? C'est multicolore !

Le Pavot Enragé : Surtout ce mot, « bipolaire »... Ça fait un peu manichéen ; alors que quand j'écoute les chansons de l'album, pour moi il n'y a jamais de séparation entre l'obscurité et la lumière.

Vincent Cavanagh : Oui, je suis d'accord avec toi ! C'est une bonne remarque. Thom Yorke de Radiohead a dit une fois qu'il ne pensait pas que ses chansons soient tristes, et je suis tout à fait d'accord avec lui. Simplement, il lui est arrivé d'en faire où il n'y avait pas de lumière ! Mais généralement, il y a dans ses chansons quelque chose de si intense, si joyeux... pour lui elles sont vivantes, tu sais. Et puis, il y a des chansons de Diana Ross qui peuvent sonner, et bien, pas comme le morceau le plus joyeux que vous ayez jamais entendu, mais qui vous mettront les larmes aux yeux. Il vous fera pleurer, et pourtant il s'agit d'une musique extrêmement positive, alors comment la classer ? Ce qui montre que nos émotions sont très complexes – et bien sûr nous sommes nous mêmes très complexes ! Mais ce qu'il y a dans la musique, c'est ce que nous y avons mis. Alors, si tu veux regarder la musique du point de vue le plus sûr, c'est tout ce que tu en tireras. Mais si tu veux chercher et trouver ce qu'il y a derrière, tu en tireras infiniment plus. C'est pourquoi c'est important d'avoir une certaine sensitivité pour trouver le message – comme toi.

Thom Yorke[/caption]

Le Pavot Enragé : Pourquoi « Lightning Song » est-elle aussi calme ? Avec un tel titre, on pouvait s'attendre à quelque chose de plus « fulgurant » !

Vincent Cavanagh : Encore une fois, le début est très calme, mais la seconde partie est très intense ! C'est une chanson qui est comme la pluie. Les notes tombent comme des gouttes d'eau, et puis d'un coup la tempête se déchaîne. Mais l'une de ces tempêtes où tu te dis « oh merde, c'est magnifique ! » Quand Danny l'a composée, je crois qu'il sortait d'une période très sombre. Il était dans cet état d'esprit, un peu comme ce que l'on peut éprouver devant le reflux de la tempête, tu sais : « oh wah la tempête est en train de passer ! ». Oui, comme de se tenir seul au sommet de la montagne, et de se sentir totalement en paix avec les tumultes qui s'en vont. Il y a toujours plus profond, au fur et à mesure qu'on creuse tu sais. Toujours !

Le Pavot Enragé : C'est vrai... Il y a une grande tempête dans cette chanson.

Vincent Cavanagh : Oui ! Tu dois creuser encore ! Tu dois vouloir aller là bas !

Le Pavot Enragé : Que représente la tempête ?

Vincent Cavanagh : C'est une métaphore pour les grandes expériences qu'on a connu et au travers desquelles on est passé. Les impressions qu'on a dans ce genre de moments. De devoir passer au travers. Je veux dire, toutes les expériences dont nous parlons dans cet album sont vraies ! Et toutes ces métaphores à propos du temps ont un sens. Tout est arrivé. Alors, pour une bonne part, c'est aux gens de trouver ce qu'il y a dans les chansons ou non. Parfois non... Parfois seulement à leur manière... Mais c'est là.

Le Pavot Enragé : Et Untouchable, I et II ?

Vincent Cavanagh : Définitivement interconnectées, liées. La partie deux ressemble à ce que l'on ressent après avoir traversé la partie une. Ce qui vous en est resté. C'est le contre-coup ; c'est le passé, le présent et le futur d'être allé à travers la partie une. Et où vous allez ensuite. Où vous choisissez d'aller. Ce que vous faites. Oui, les deux chansons sont connectées.

Le Pavot Enragé : Comment composez-vous ?

Vincent Cavanagh : En général la musique vient en premier et les paroles après, mais elles viennent de la même source. Spécialement avec Danny quand c'est lui qui écrit les paroles. Il est très honnête et consciencieux, et tente toujours de rester connecté à l'idée de départ. A ce sentiment intense dans la musique et que la musique lui fait ressentir, et ce qu'elle lui fait ressentir. Tout est réel. Je pense que quelque chose dans la ligne vient de cet endroit... Cette partie de soi si profonde que nous évoquions tout à l'heure... Il cherche tout au fond de lui-même, et la musique vient toujours de la partie la plus profonde de son subconscient. Et les paroles sont inspirées par la même source et par la façon dont la musique en surgis. Et c'est comme cela que ça se passe avec une grande partie de ce que nous faisons – à peu près tout en fait ! Oui, à peu près tout. Il y a des choses dans notre subconscient dont nous ne soupçonnons même pas l'existence, et qui sortent avec la musique... Et alors nous sommes obligés de nous y confronter. Parce que la musique elle-même nous dit quelque chose. C'est quelque chose de très profond. Et il te faut aller tout au bon endroit, très profondément à l'intérieur de toi même. Des choses qui datent de l'enfance, des souvenirs enfouis... Des choses dont il n'est pas forcément possible de parler mais qu'on peut mettre dans une chanson.

Le Pavot Enragé : Mais c'est difficile de s'inspirer de son subconscient...

Vincent Cavanagh : Pas nécessairement... Parfois cela demande du courage je pense mais...

Le Pavot Enragé : Certains artistes essayent et n'y arrivent pas !

Vincent Cavanagh : Danny n'as jamais ce problème !

Le Pavot Enragé : Et bien il a beaucoup de chance ! Jerome Bosh par exemple, prenait de la drogue pour y arriver...

Vincent Cavanagh : Ah oui ! C'était un artiste complètement visionnaire ! Et un sacré cas psychologique aussi. L'un des plus remarquable génie artistique de tous les temps... Où est-ce qu'il trouvait tout ça ? Je ne le connais pas... Je ne sais pas comment il travaillait. Il y a beaucoup d'influences religieuses, c'était une chose qui prenait chez lui d'étranges formes... Et il a eu ses propres expériences... Je ne sais pas comment il vivait, je ne sais pas par quoi il est passé... Qui le sait d'ailleurs ? Personne. [il s'agit d'un peintre du XVème siècle, renommé pour l'étrangeté de ses tableaux. La légende veut qu'il les ait composés sous l'influence de drogues volontairement ingérées dans ce but. Cependant on ne sait pratiquement rien de lui ni de sa vie.] Mais en revanche, je connais Danny ! Et je sais par quoi il est passé. Aussi je peux interpréter tout cela d'une façon que ne peut personne d'autre. Et je peux le comprendre d'une façon que ne peut personne d'autre.

L'un des tableau les plus célèbres de Jerome Bosch : l'Enfer...

Le Pavot Enragé : Qu'est ce qui le conduit quand il compose ?

Vincent Cavanagh : Tu sais, c'est un peu comme de manger... Il a besoin de le faire.

Le Pavot Enragé : Il sait saisir au vol les idées ?

Vincent Cavanagh : Oui, c'est ça, mais c'est comme la photographie, en un sens... C'est très naturel, pour lui c'est un processus de création très naturel et très aisé ! Cela peut t'arriver de différentes manières, tu peux être avec un instrument ou sans, en train de marcher, dans un train... Tu peux être n'importe où. Et quelque chose viens à toi et ne te sors pas du crâne, et tu as à l'en faire sortir ! Et il faut essayer de faire quelque chose ou renoncer à dormir ! Et finalement, tu le crées en un sens que tu comprends, ce que cela voulait être, ce que cela essayait d'être ! Puis tu interprètes l'ensemble et c'est alors que la partie critique de ton cerveau entre en action. Parce que tu dois être très attentif à la façon dont chaque minuscule détail du processus d'enregistrement affectera le résultat final. Tout ce que tu y mettras, du début à la fin, est susceptible de l'affecter, et ils doivent tous parler de la même voix, porter la même idée, ils doivent tous aller dans la même direction. C'est la clef. Ne pas seulement créer quelque chose, mais le réaliser. C'est une chose d'imaginer, de faire la paix dans sa tête au moment de s’assoir derrière le piano, mais c'est une toute autre chose de l'interpréter... C'est tout un groupe qui joue. Et pour résumer, parce que nous avons tous grandis ensemble et que nous jouons ensemble depuis si longtemps, nous savons comment interpréter nos idées les uns les autres, même si ce ne sont pas les miennes, ou celles de John ou de Danny, nous savons comment... Parce que nous nous comprenons si bien, alors nous savons comment construire et jouer tous ensemble. Où sont les dynamiques ! Il y a besoin de réponses pour la composition, et la production, et le jeu – surtout dans le jeu en fait... Et c'est toute la différence entre ce que nous avons fait par le passé et ce que nous faisons actuellement, l'intensité est dans le jeu plus que dans l'expression de la voix. Je pense que ma voix est maintenant beaucoup plus intense que quand je chantais en death grunt, tu sais. Au fond, je ne pense pas que ce style de chant sois vraiment intense...

Le Pavot Enragé : Est-ce que tu apportes parfois des idées de compositions à ton frère, des idées de chansons ?

Vincent Cavanagh : Est ce que je travaille avec lui sur mes idées ? Occasionnellement, pas très souvent.

Le Pavot Enragé : Vous passez bientôt à Paris, est-ce que c'est un endroit où tu aimes jouer ?

Vincent Cavanagh : Oh oui ! Oui, nous passerons au Bataclan. Et le groupe qui jouera avec nous ce soir là, Amplifier, m'a l'air vraiment bon ; alors ce sera une vraiment bonne soirée. Et après cela nous commencerons notre tournée européenne. Et peut être que nous passerons dans d'autres endroits de France, on verra bien !

Le Pavot Enragé : Est-ce qu'il y a un endroit au monde où tu aimerais particulièrement jouer ?

Vincent Cavanagh : Le Japon, l'Australie, et surtout l'Inde. Et partout en fait ! Dans toute l'Amérique, nous sommes seulement allés sur la côte est ! J'aimerais aller dans plus d'endroits d'Amérique... En Amérique du sud nous ne sommes jamais allés, ni dans beaucoup d’endroits en Amérique du nord... Ni dans beaucoup d’endroits d'Europe d'ailleurs ! Enfin pas tant que ça, nous en avons déjà fait beaucoup. Mais en tête de ma liste il y a le lointain est ! D'abord le Japon, et l'Australie, la Nouvelle-Zélande...

Le Pavot Enragé : La Chine ?

Vincent Cavanagh : Oh oui, absolument ! Si l'occasion se présente ! Nous avons beaucoup de fan en orient et moyen-orient. Il faut juste voir à quelles conditions il est possible d'y jouer, mais oui absolument, ce serait formidable !

Le Pavot Enragé : Et bien merci pour tout, et j'espère que tu joueras bientôt au Japon, et partout dans le monde !

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