Guitare en Scène, Le G3.

Nous voici arrivé sur le site du festival Guitare en Scène, au milieu des montagnes de la Haute Savoie, à proximité de Genève. D'une grande accessibilité, le site situé dans le centre de la ville est aéré et concentré de manière cohérente dans sa disposition : scène unplugged, des stands variés et la scène principale. Dès l'entrée, une impression frappante d'ambiance bon enfant en découle.
Sans doute dû au fait que la moyenne d'âge est élevée et que les festivaliers habitués à se déplacer pour ce genre de musique apaisante et survitaminé dans le même temps, sont là pour l'écouter et en profiter de manière sereine. La population de Guitare en scène n'est pas celle que nous avons l'habitude de couvrir, juste après un Sonisphère guerrier dans le bon sens du terme, nous voici en terre de Paix. Moment unique et agréable. Tout est accessible sans attente interminable. Même à 25 mètres de la scène il me fut possible de poser mon verre (de bière si si ) devant moi sans que personne ne shoote dedans. Bon enfant je vous dit ! On se place où l'on veut quand on veut. Avec un soundsytem très bien réglé. Le son qui est souvent le point faible et la crainte du public lorsqu'un concert se produit sous un chapiteau est aréré tout en étant consistant, pour le coup parfait, pas de déperdition notoire. Les bouchons d'oreilles sont inutiles même à quelques mètres de la scène. Le running order se decoupant ainsi : Steve Morse, Steve Vai et Joe Satriani avant que le trio de guitaristes se produisent sur la scène principale.
C'est dans ces conditions que Steve Morse entame en toute modestie sa prestation, dans un style classique est épuré, qui colle parfaitement à l'esprit du festival. Un style old school, nous rappelant bien qu'il fut guitariste de Depp Purple durant plusieurs années malgré des sides projects et album solo. Un moment d'émotion lorsqu'il joue Barocque'n Dreams dédicace à John Lord de Deep Purple. Ce fut une découverte interessante, on aime ou pas le genre, mais on ne peut nier le fait que le guitariste maîtrise parfaitement son instrument lui aussi de façon précise. Même si, on le verra plus tard, il n'officie pas dans la même veine musicale que Vai et Satriani.
Une lumiére blanche intense envahit la scène avant que n'apparaisse Steve Vai enchainant directement sur The Audience Is Listening, un de ses morceaux phare (de l'album Passion and Warphare). Une entrée toute en puissance donc, et une energie non feinte qui donne le ton du set à venir. Transpercé par les chansons, le public attentif est envahit par la joie que de donne Steve Vai en jouant. The Animal, Tender Surrender, The Crying Machine se succèdent pour le bonheur de tous et de Vai lui même, il est généreux et cela se voit, s'entend.
Les morceaux s'enchainent, avec une fidélité bluffante par rapport aux albums studio. Le son live à incroyablement progressé ces dernières années. On aime ou on aime pas cette précision mecanique.... Vai joue ses solis et ses changements de rythme, en passant de la puissance le tout avec ferveur. Il nous quitte sur For the Love of God, et on y croirait presque en dieu à cet instant précis, chimère !
Après un Steve Morse tout en retenue et en blues, voici Joe Satriani qui fait une entrée planante sur Flying on a Blue Dream, la part belle sera par ailleurs donné à l'album Surfing with The Alien.
Et terme d'Alien le virtuose sait de quoi il parle…Encore et toujours.
En effet Joe manie avec une telle virtuosité son instrument que l'impression est donnée que sa guitare est le prolongement, de son bras, de sa bouche, de lui même. Les notes qu'il fait sonner avec sa guitare (précisément les guitares sur lesquelles il joue durant le set) sont cristallines et subtiles ce qui met le public dans un état de transe et chacun acquiesse de facon involontaire à cette demonstration, non pas comme une leçon mais comme un don. Il nous emporte dans des contrées romanesques en passant par Ice 9, Crystal Planet Always with Me, Always with You, Dream Song et achève son set avec le somptueux  Surfing with the Alien.
Voici enfin le G3 qui sera sans rappel, point à noter, tant le set paraît court, ou peut être parce que tout cela est si bon et si généreux que le temps semble suspendu.
Les trois guitaristes, accompagnés il faut le noter par de très bons musiciens tant à la basse qu'à la batterie, démarrent avec une reprise de You Really Got Me de The Kinks. Du bon "vieux" rock ! Battle de riffs, Satriani donne le ton, suivi de Vai et Morse. Chacun dans son style, avec son propore son, le moment est jouissif, on reconnait la patte de chacun. A trois ils prennent la pose côte à côte devant le public. Chacun sa guitare limite à plat et nous servent des riffs sans fausse note à coup de tapping ici, une descente par là, pas de mediator ici, non merci ma bouche me sert aussi à ça ! Des envolés limite lyriques tant ils vont chercher la, les notes on se demande comment et où, si parfois de l'impro ou pas. Peu importe, la magie est là. Une reprise de Rocking in a Free World de Neil Young pour rester dans une lignée rock'nroll.
Pour moi l'un des points culminant du concert fût les battles des guitars heros en osmose totale. Le forfait 3G illimité, pardon le G3 presque illimité ! Vive la république, et vive la France. L'orage descendue des montagnes peut maintenant s'abattre sur le festival, comme un message des dieux pour nous, simples mortels, de nous annoncer la fin d'une bulle enchanteresse.
In G3 we Trust, Amen.

3 thoughts on “Guitare en Scène, Le G3.

  1. Satriani en concert quelle chance ! Apparemment tu as moins aimé Vai..
    Grâce à toi j’y etais un peu :) Merci, super report.

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