The Murder of My Sweet

Il y a des interviews plus agréables que d’autres, des personnes plus expansives que d’autres. Mais Daniel Flores, batteur et leader de The Murder of My Sweet, fait partie de celles que l’on rencontre avec le plus de plaisir. C’est amicalement et avec beaucoup de gaité et d’humour qu’il a répondu à nos questions.

Le Pavot Enragé : Tout d’abord, merci beaucoup pour cette interview, et félicitation pour ce nouvel album…

Daniel Florès : Merci !

Le Pavot Enragé : Et pour commencer, peux-tu nous raconter ta carrière de musicien ?

Daniel Florès : Oh ! (rire) Tu veux la version courte ou la version longue ?

Le Pavot Enragé : La version longue !

Daniel Florès : (rire) Ok ! En fait j'ai commencé par apprendre le violon. Quand j'étais jeune, ma mère admirait beaucoup un gars qui était premier violon et jouait dans l’orchestre de Finlande. Alors on m’a forcé à jouer du violon, mais je n'aimais pas ça ! Je jouais, mais tu sais, je passais mon temps à jouer du tambour sur le violon ! Et un jour comme ça j’ai cassé un très beau violon, et le prof a dit « ok, toi tu es fait pour être batteur ! » Pock ! Alors j'ai commencé à jouer de la batterie et à partir de là j’ai commencé à jouer avec des groupes, tu sais, je me suis fait connaitre parmi les groupes locaux, et j'ai fait beaucoup d'enregistrements avec eux, et les gens ont commencé à me connaitre, et j’ai fait des tas d’enregistrements avec des groupes plus gros, ce qui m’a amené à jouer avec de vraiment grands groupes, et l’histoire a pris de l’ampleur ! La petite boule de neige qui devient une énorme boule de neige ! Je n’étais pas du tout préparé à ça parce que… Je trouvais ça bizarre tu sais ! Les gens veulent donner de l’argent pour que je joue de la batterie ? Ok, allons-y ! Je trouvais ça marrant, tu sais. Aussi au bout d’un moment je suis devenu musicien d’appoint pour les séances d’enregistrement. Je sais que c’est pas très joli à dire tu sais, mais je suis devenu musicien de séance, et j’ai fait un tas d’albums pour d’autres gens. Et puis j’en ai eu marre, parce que mes bras ont commencé à vraiment s’abimer avec toutes ces séances d’enregistrement. Tu sais, quand tu commences à 7h le matin et que tu t’arrêtes à 10h le soir, c’est vraiment très fatigant d’être batteur… Ca m’a amené à faire autre chose, et j’ai commencé à bosser comme ingénieur du son. Alors j’ai commencé avec un gars, et il m’a appris des tonnes de choses ; et puis pendant ces années où j’étais batteur pour d’autres groupes j’avais appris à apprécier ce genre d’astuces à leur juste valeur. Alors j’ai fait ça pendant quatre ans après quoi j’ai ouvert mon propre studio, quand j’ai eu assez d’argent pour acheter les équipements, et j’ai commencé à enregistrer. Des groupes locaux d’abord, et au bout d’un moment tu sais, tout le monde me demandait « Peux-tu enregistrer mon groupe ? Peux-tu enregistrer mon groupe ? » Et je répondais « ok, allons-y, allons-y ! » Et j’étais dans un groupe de rock progressif, Mind’s Eyes, et j’ai enregistrés nos trois derniers albums moi-même, et pour un groupe de rock progressif ils n’ont pas trop mal marché. Et cela m’a amené à accepter tout le travail que l’on me proposait et… J’ai fait des masses d’enregistrements pour d’autres gens, enregistrant et faisant l’ingénierie et produisant, et même faisant le mixage, et c’est là où j’en suis à l’heure actuelle, travaillant comme producteur et jouant comme batteur dans The Murder of My Sweet…

Le Pavot Enragé : Ok ! Et musicalement, quelles sont tes principales influences ?

Daniel Florès : Wouh ! Au début c’était Genesis, Yes, bref c’était le rock. Après quoi j’ai eu une période où j’écoutais Rush et j’ai connu quelqu’un qui écoutait beaucoup de groupes « doux ». Et c’était : « quoi ?! Tu aimes les groupes doux ? » Et j’ai voulu vérifier. Et c’est comme ça que j’ai découvert Depeche Mode et les groupes de ce genre. Alors j’ai commencé à écouter ça, et ça m’a vraiment donné envie d’apprendre le clavier, et j’ai appris à en jouer, tout seul. J’aime tous les synthétiseurs ; il y a un fabricant français appelé Arturia qui fabrique des claviers fantastiques ! Ses produits sont utilisés par pleins de grands artistes. J’en ai un et je l’aime vraiment. Alors ça m’a conduit à tester plus de synthétiseurs… Donc au début j’étais dans le rock progressif, et après je suis vraiment rentré dans le heavy metal avec des groupes comme Pantera, j’ai écouté des masses de Pantera et j’ai joué dans des groupes de metal, et j’ai fait beaucoup de sessions d’enregistrements pour des groupes de metal comme batteur, parce que je suis vraiment très rapide à la double pédale, et les gens le savaient, alors il me demandait « peux tu jouer sur mon album ? » Et ok ! Laissez-moi juste reprendre mon souffle !

Le Pavot Enragé : Trop de succès !

Daniel Florès : Oui ! Je ne sais pas, à un moment tu as envie de passer à autre chose, et puis j’ai vraiment fait beaucoup d’albums dans ce style, avec pour résultat que mes bras et mes jambes ont finis par en souffrir ! Parce que cela demande tellement de puissance… Je ne sais pas comment font les gens ! Mais de toute manière… Et donc je suis resté là dedans à peu près dix ans, et après j’ai commencé à apprendre la musique classique. D’abord j’ai commencé par apprendre par moi-même, et après ça avec un américain et il m’a appris les orchestrations, les arrangements, ce genre de choses… Et c’est là où j’en suis aujourd’hui !

Le Pavot Enragé : De la musique classique ?

Daniel Florès : Oui ! J’ai écouté des masses de musique classique et j’adore la musique orchestrale, la musique de film, comme celle de Danny Elfman, Alan Silvestri – celui qui a fait les musiques de Retour vers le futur tu sais : tadoda, dadadododa… J’adore ce style ! Et je me suis aussi mis à écouter des masses de musiques de jeux. Parce que les fabricants de jeux vidéo, de nos jours, sont suffisamment puissants pour pouvoir investir dans un orchestre entier pour faire les musiques d’un jeu… Alors il y a beaucoup de grands orchestrateurs qui font des musiques de jeux maintenant. Et de très bons ! Le dernier jeu que j’ai acheté s’appelle Resistance : Burning Skies, pour une petite console, la Playstation Vita, tu l’as déjà vu ?

Le Pavot Enragé : Non.

Daniel Florès : C’est une console toute petite, mais incroyablement puissante. Et les musiques composées pour ce jeu sont au delà de tout ce que j’ai entendu auparavant ! Ca sonne un peu comme un film d’horreur mais en beaucoup mieux. Vraiment géniale ! Ca a été une révélation pour moi. Tu peux acheter la musique du jeu, je te la conseille vraiment !

Le Pavot Enragé : Ok, je regarderai ça ! Et comment en es-tu arrivé à The Murder of My Sweet ?

Daniel Florès : A l’origine c’était une idée de mon manager. Il avait des idées de chansons, et quand j’ai eu envie de travailler pour des artistes de ce genre il m’a dit : « pourquoi tu ne monterais pas ton propre groupe pour ces chansons ? Tu aimes ce style ? » Oui je l’aime, mais j’étais musicien de séance et j’avais fait des tas d’albums de rock progressif, et j’ai demandé : « qui voudrait m’écouter jouer ce genre de musique ? » Et il m’a répondu : « moi, je veux t’entendre jouer ce style de musique. Et c’est partit de là, et nous avons développé le projet jusqu’à devenir ce que nous sommes aujourd’hui. En 2007 j’ai rencontré Angelica et nous avons changé de nom ; notre premier nom était Black Candle Wedding, ce qui faisait un peu dépressif ! Notre nouveau nom n’est pas tellement plus joyeux mais ça se rapproche plus de nous que Black Candle Wedding, alors maintenant nous faisons notre musique, et un deuxième album, Bye Bye Lullaby, et voilà où nous en sommes !

Le Pavot Enragé : Et comment avez-vous choisi ce nom, The Murder of my Sweet ?

Daniel Florès : Angelica et moi sommes tous les deux très fans de films noirs, ce très vieux style de films des années 1940 – 1950, et il y en a un qui s’appelle « Murder, my sweet ». C’est un film avec Dick Powell, un très grand acteur des années 50, et nous aimions ce titre, et nous l’avons choisi comme nom mais nous pensions qu’il n’était pas bon de prendre le nom exact, alors nous avons ajouté « the » murder of my sweet, et ça en a fait quelque chose de différent. Tu sais, ça peut vouloir dire tant de choses ! Pour moi ça veut dire « tuer ce qu’il y a de bon en vous ». Certaines personnes pensent « ok, ça veut dire qu’il a tué sa chérie » mais non, non, ce n'est pas ça ! C'est à propos du fait d'être honnête avec soi-même, de ne pas se mentir à soi-même, je veux dire ne prenez pas tout pour vous. C’est ça « murdering your sweet » tu sais.

[caption id="attachment_6239" align="aligncenter" width="220"] Un âge d'or du cinéma révolu ? En un sens, peut-être...[/caption]

Le Pavot Enragé : Quand l’écrivain anglais Oscar Wild était en prison, dans les années 1880, il a écrit un poème où il disait que “tout homme tueras un jour son amour”. Est-ce que tu es d’accord avec lui ?

Daniel Florès : (rire) Peut être ! Oui, je suis d’accord avec lui ! En fait je n’ai rien à ajouter. C’est une belle parole. Merci !

Le Pavot Enragé : Bon revenons au sujet ! Comment as-tu choisis Angelica ?

Daniel Florès : Un de mes amis m’a dit : « je connais une bonne chanteuse et tu devrais l’auditionner », parce que nous venions d’auditionner un autre chanteur et il n'avait pas fait l'affaire, alors nous avions annoncé que nous allions auditionner d'autres chanteurs, et mon ami – c'est un joueur de flûte traversière, un musicien classique ; je connais beaucoup de musiciens classiques – et il m'a dit « oh allez, peux- tu auditionner mon amie ? Elle est vraiment bonne ! Elle a l'air très forte !  - Ok... Et bien auditionnons la. » Je l'ai fait parce que c'était mon ami (rire) ! Je voulais avoir du chant masculin au début. Ok, essayons ! Et elle est venue, et elle a chanté cette chanson appelée Kiss of Death. Et j'ai été complètement bluffé parce que je ne m'attendais pas du tout ça. Je m'attendais à quelque chose de tout différent, et elle est venue et elle a complètement dominé la chanson, et je lui ai dit « veux-tu entrer dans le groupe ? » et elle a dit : « j'aimerais beaucoup ! » Et c'est comme ça qu'a commencé le groupe. (rire)

Le Pavot Enragé : Qu'est-ce que tu aimes dans sa façon de chanter ?

Daniel Florès : Je pense, surtout le fait qu'elle sonne comme un chanteur noir ! (rire) Faisant du rock (rire) ! Je ne sais pas si tu es d'accord avec moi ! Quelque fois elle chante comme un chanteur noir faisant du rock et j'adore ça ! C'est différent. C'est quelque chose que je ne peux... Je n'aurais jamais imaginé ! Je cherchais un chanteur ou une chanteuse de style européen, en rock'n'roll c'est super ! Mais elle est venue d'une autre manière ; elle avait un background plutôt blues, si bien qu'elle avait une autre façon de chanter les chansons, et c'est parfait. J'aime ça. C'est surtout ça que j'aime en elle. Évidemment c'est quelqu'un de formidable ; vraiment facile à vivre, surtout comparé à beaucoup d'autres chanteurs (rire). J'ai travaillé avec énormément de chanteurs et elle est vraiment envoyée par Dieu ! (rire)

Le Pavot Enragé : Super ! Et comment composez-vous ?

Daniel Florès : Parfois ça démarre juste avec moi jouant de la batterie ou essayant un riff tu sais, et... Mais je fais presque tout au clavier. Je suis aussi joueur de clavier, aussi chaque fois que je m'assois au clavier, je me dis que Angelica a peut être déjà un titre pour ce que je compose, comme quand elle a dit “ah, Waiting for the 27th ferait un bon titre pour une chanson” et moi : “wha, faisons une chanson là dessus !” Et après ça un tas d'amis m'ont appelé pour me dire “cette fille a vraiment de l'intuition ! C'est un super titre pour une chanson !” Aussi je suis toujours en train de chercher des titres et plus généralement quelque chose qui me fera démarrer. Parce que quand je démarre je ne m’arrête plus ! Je fais tout d'un coup et après j'envoie la demo à Angelica et : “faisons une chanson avec ça !” Ca ne se passe pas toujours comme ça, ça peut aussi démarrer avec moi jouant sur... (tape sur la table comme sur une caisse) Comme ça et “ wha, ça pourrait être un bon concept pour une chanson !” De petites choses, vraiment.

Le Pavot Enragé : Quand j'ai écouté l'album, j'ai trouvé que les orchestrations étaient très puissantes...

Daniel Florès : Oh, super ! Merci !

Le Pavot Enragé : Et comment tu décrirais l'interaction entre les orchestrations et le chant d'Angelica ?

Daniel Florès : C'est dur à dire, parce que nous essayons vraiment d'avoir une approche globale de la musique. Tu sais quand tu écoutes des musiques comme Chess, des gars de Abba, ils ont incorporé du blues et de la musique de film à du classique. Et c'est aussi ce que nous essayons de faire mais avec plus d'éléments classiques. Mais notre plus grande source d'inspiration ce sont vraiment les films de Tim Burton ; Tim Burton est vraiment sombre et vraiment très cinématique, avec un petit peu de sang, (rire) et c'est vraiment ce que nous essayons de faire, un peu comme dans les films d'horreurs des années 50. Dans les films d'horreurs des années 50 le sang jaillit et “weeeee” et tu te demande “qu'est ce que c'était que ça ?!” Tu sais. Les films d'aujourd'hui n'ont pas cet impact. Les films d'horreurs plus dingues comme Paranormal Activity n'ont pas de musique. Alors je me suis dit “nous allons faire ce genre de musique, je vais partir des gars des années 60". Je suis vraiment partie de là. Et aussi, quand j'étais enfant, quand j'ai appris à jouer du piano, j'avais joué beaucoup de choses de Tom et Jerry ! Bennng tududududu tintindindin dldldldl tu sais, ce genre de trucs ! J'adorais ça ! C'est... Bizarre ! Ca, tu sais, quand les gens veulent écouter... C'est embarrassant. Je vais te dire quelque chose : quand d'autres écoutaient Kiss et des choses comme ça, et Twisted Sister, moi j'écoutais les chansons de Tom et Jerry, comme “Figure and Nought” ” tidoudidou ti tadoudoudoudou” (rire), je faisais ça ! Et les gens me disaient : “est-ce que tu es fou, qu'est-ce que tu fais ?!” Mais aujourd'hui, je peux tirer parti de ce que j'ai fait quand j'étais gosse. Aussi je peux jouer ce genre de choses, et tu sais Scott Bradley composait des choses vraiment rapides ! Et maintenant, j'ai The Murder of My Sweet et je peux utiliser ce genre de choses pour notre musique ! (rire) Aussi je suis heureux d'avoir fait ça à cette époque.

[caption id="attachment_6240" align="aligncenter" width="312"] Qui ne les as pas vu dans son enfance ? Pourtant il n'est pas courant d'entendre un groupe de metal y faire référence ![/caption]

Le Pavot Enragé : Au sujet des ambiances, celle de Waiting for the 27th est vraiment spéciale. A quoi est-ce que vous pensiez en la composant ?

Daniel Florès : En fait, c'est un morceau d'une chanson en trois parties : Waiting for the 27th, Black September, Phantom Pain. Et ces trois chansons n'en forment en fait qu'une ! Je les avais écrites comme une seule et unique chanson. Mais le label a dit : “vous ne pouvez pas faire une chanson de 15 minute ! (rire) Tu dois la couper !” Alors nous l'avons divisée en trois parties. Et donc nous avons créé quatre chansons : j'ai modifié les éléments du milieu, alors ça peut sonner comme trois chansons distinctes ou comme une seule. Mais tu sais, cette chanson est au sujet d'une fille qui tombe amoureuse ; elle vient de l'enfer, elle est la fille du diable, elle tombe amoureuse d'un des archanges. Et donc ça raconte ses efforts pour aller vers lui. Et c'est un prologue de notre prochain album ! Ces trois chansons sont le prologue d'un album qui sera tout entier à propos de cette fille ; elle s'appelle Beth, et elle tombe amoureuse de ce gars, Michael, qui vient du Ciel. Et c'est un combat, parce que le Ciel ne veut pas d'elle et lui amoureux. Et on a tout une histoire à raconter la dessus, ce sera super ! (rire) Et c'est pour ça qu'il y a tous ces éléments cinématiques, ces films...

Le Pavot Enragé : Ok ! Et est-ce qu'ils finiront par se retrouver ? Ou...

Daniel Florès : Qui sait ? (rire) Heureusement nous avons fini cet album rapidement, parce que nous sentions que le prochain, ce serait quelque chose de différent, de vraiment majestueux en comparaison des autres. Aussi j'attends avec espoir le prochain album.

Le Pavot Enragé : Comment as-tu eu cette idée, de la fille du diable tombant amoureuse de l'archange Michael ?

Daniel Florès : Et bien, c'est parti de... Tu sais, j'aime les grandes histoires, et quand je travaillais avec Mind's Eyes on avait fait un album appelé A Gentlemen's Hurricane, à propos d'un gars - ça se passe dans les années 50 – qui rentre dans une église pour parler de sa vie, et il commence à parler avec le prêtre, et il dit : “j'ai tué le président des Etats-Unis.” J'ai pris tous ces meurtres qui n'ont pas été élucidés en cinquante ans, je lui ai fait faire un bond en arrière de trente ans, et j'ai mis le gars là dedans. Ainsi il pouvait être responsable de tous ces meurtres, ces meurtres politiques non élucidés. Et j'ai fait tout un album la dessus. Et de là il m'a pris l'envie de faire ce genre d'album, qui ont une portée cinématographique - mais sans image. Et je cherchais une nouvelle histoire, et je suis venu sur celle-ci parce qu'Angelica a écrit les paroles de Waiting for the 27th, et je me suis dit : “ok, faisons tout un opéra là dessus !” C'est un énorme challenge ! Mais je pense que nous pouvons le faire. J'espère (rire). Personne ne peut savoir à l'avance ! Peut être que ça va rater, je ne sais pas ! Mais nous allons relever le défi. Et je pense que ce sera super. Je pense qu'Angelica fera une parfaite Beth, et nous allons essayer de trouver un autre chanteur pour faire les parties de Michael... Et hop. Ce sera super !

Le Pavot Enragé : Tout un opéra ? Et beh, c'est ambitieux !

Daniel Florès : Oh oui ; mais ces dernières années j'ai fait la musique pour un film nommé “Ice dragon”, c'est un film suédois qui a été présenté à Berlin, pour le festival [NC : la Berlinale 2012] et c'était la première fois que je composais pour un film, un très bon film. Et depuis je me disais : “peut-être que je peux faire ce genre de musiques !” Et j'ai commencé tu sais ! Et heureusement c'est quelque chose, tu sais, que les gens trouvent cool. On verra. Je ne sais pas. Je sais que je peux le faire... On verra si j'arrive à faire ce que je veux !

Le Pavot Enragé : Tu vas utiliser de la musique religieuse ? Des chœurs des anges, ce genre de choses ?

Daniel Florès : Non, sauf peut être quand Michael chantera, ce sera sympa d'avoir des anges en train de chanter, ou des voix féminines chantant derrière pendant ses parties ; et quand Angelica – Beth arrive, du metal derrière, parce qu'elle est de l'enfer... Ce seraient de bons éléments à mettre tu sais, et j'y réfléchis parce que je suis en train d'écrire les orchestrations ; je les enregistre toujours avant, j'ai besoin de les écrire pour savoir qu'elles pourront être jouées par un vrai orchestre. Et ça prend du temps ! Tant de temps ! J'en suis à peu près à 50%.

Le Pavot Enragé : J'espère que tu réussiras, mais j'en suis à peu près sûr !

Daniel Florès : Ca prend du temps ! On verra la prochaine fois qu'on se verra ! (rire)

Le Pavot Enragé : Ok, super ! Bon, une dernière question : Black September, c'est aussi le nom d'un évènement historique. Aucun rapport j'imagine ?

Daniel Florès : Non en effet, mais si tu as trouvé un lien historique j'en suis heureux ! (rire) Mais les trois chansons en sont une seule, et tout est à propos de cette fille et de cet homme. Mais c'est super si tu as trouvé quelque chose comme ça !

Le Pavot Enragé : Oui, quand j'ai vu ça sur l'album ça m'a fait bizarre ! C'est dans les années 70, quand l'armée jordanienne avait attaqué les camps de réfugiés palestiniens sur son territoire, pour en reprendre le contrôle aux groupes armés palestiniens. Ca avait fait plus de 10 000 morts.

Daniel Florès : Tu vois, comment aurais-je pu savoir ça, je ne le savais pas, mais super. Je dirais ça à Angelica !

Le Pavot Enragé : Au fait, que signifie “Violently Peaceful” ? [NDC : c'est le nom de l'une des chansons de l'album]

Daniel Florès : Violently Peaceful ! C'est d'être d'humeur à la fois sombre et légère ! Tu sais, c'est l'un de ces moments où tu en as marre de tout le monde mais en même temps tu n'es pas en colère. Quand tu te réveille et que tu te dis : “oh j'en ai marre de tout !” C'est ça que j'appelle “violement paisible”. Un jour Angelica est arrivé et m'a dit : “oh, je suis si énervée aujourd’hui ! - Mais tu n'as pas l'air énervée ! - Mais je suis énervé ! - Mais tu n'as pas l'air énervé. Tu as l'air “violently peaceful” !” Et nous avons fait une chanson là dessus ! Tu sais, c'est quelque chose qui nous est venu comme ça. Je pense que cette chanson est très différente de ce que nous avons fait par le passé. Pour nous ça a été un grand pas de faire ce genre de chanson. Elle a ce petit air diabolique que nous voulions y mettre. Tu sais, c'est difficile d'incorporer des éléments sombres pour un groupe aussi pop que nous. Alors c'est super !

Le Pavot Enragé : Ok ! Et une dernière question : avez-vous une tournée de prévue ?

Daniel Florès : Nous sommes entrain d'en discuter, parce que l'album vient tout juste de sortir : le 19 mai en Amérique, et le 20 au Japon et en Asie. Ca fait à peine un mois que l'album est sorti alors c'est un peut tôt pour dire si nous allons faire une tournée ou pas, mais nous avons déjà des choses de prévues et nous aimerions beaucoup partir en tournée jouer et montrer aux gens comment nous sonnons bien avec notre jeune nouveau guitariste ! [NDC : il s'agit de Christopher Vetter, arrivé dans le groupe en 2012 en remplacement de David Sivelind.]

Le Pavot Enragé : Au Japon ?

Daniel Florès : Ce serait génial ! Il faut que tu viennes au Japon avec nous !

Le Pavot Enragé : J'aimerais beaucoup ! Tu aimes le Japon ?

Daniel Florès : Je n'y ai jamais été, mais je suis un grand fan de jeux vidéos, alors je pense que j'aimerais ! Ca fait très geek mais tu sais, ça serait super ! Je pense que c'est un pays assez geek et j'aime ça ! J'espère ! (rire)

Le Pavot Enragé : Ce serait énorme ! Merci pour tout, et à la prochaine fois !

Daniel Florès : Pour sûr ! Merci !

One thought on “The Murder of My Sweet

  1. « Oscar Wild “tout homme tueras un jour son amour”.
    Excellent ! Je pensais pas un jour voir une tirade de ce poème dans une interview..Phil l’a fait !
    Tu a toujours des questions qui sortent de l’ordinaire, je suis bluffée à chaque fois ! De plus, souvent le sujet est mystique et ça te va bien !

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