Thormesis – Von Leere und Tod

Mon Dieu, que les montagnes sont loin et que Paris est étouffant... Heureusement qu'il y a Thormesis pour se remonter le moral ! Encore l'un de ces groupes de pagan allemands sortis de nulle part, qui par le biais d'un label vous dégringole un jour dans les écouteurs et trace son chemin par les méandres des synapses. Trois CD à son actif déjà, les deux précédents ayant apparemment suffisamment fait leurs preuves pour que le suivant, ce Von Leere und Tod, soit produit par les puissants AFM Records. Un beau parcours en somme : un premier album autoproduit, un deuxième dans un petit label, un troisième dans un grand. Ou la promotion par le mérite, comme l'a toujours prêché le monde du metal...

A première vue, voici un groupe qui distille un pagan metal des plus honnête, certes sans les élans d'inspiration d'un Windir ou la magie d'un Solstafir, mais du moins sans les approximations d'un Black Messiah ou d'un Folkearth. Six chansons de plus de 6 minutes, complétées par une Intro et une sorte de « conclusion », Lebensgang. Un chant black en duo avec un chant clair, le second atténuant un peu la noirceur et la lourdeur du premier, sans pour autant lui faire perdre en puissance et en violence. Un Belenos auquel le chanteur de Heidevolk aurait rendu une visite de courtoisie, en quelque sorte.

Et clairement, le chant clair est l’un des points fort de l’album. Souvent talon d’Achille de ce genre de formation cherchant à l’associer au chant black, il est cette fois un élément de réussite. Grave, gutturale, par moment à peine moins rauque que le chant black, à d’autres beaucoup plus fluide… Variable et expressif, relevant parfois presque d’un pré-chant black à la Bathory, notamment sur Sterbend Herz, lyrique et visionnaire sur Lebensgang, chargé de souffrance sur Türmes des Schattens…

Le chant black est également de très bonne facture : puissant et glacé comme une bourrasque de vent échappée du Niflheim, le monde du froid de la mythologie viking ! Parfois un vent froid et implacable, plus souvent un tourbillon de neige déchainée !

Mais c’est surtout l’association des deux qui fait la puissance de l’album. Le chant clair reste généralement en retrait, en complément du chant black. Il le suit, le complète, lui répond. Un dialogue entre monde des ténèbres et monde des brumes… En allemand. Ce qui amplifie les accents durs et gutturaux du chant dans ce style de metal.

Les compositions soutiennent largement le niveau. Puissantes, riches, variées, on ne leur trouve guère de failles. Excellent travail des guitares, allant souvent du très clair au très distordu sur une même chanson, efficaces et sans reproches. Quand aux riffs, même si ils semblent souvent venir en soutien du chant, ils ont également leurs propres espaces dans chaque chanson. On gouttera donc également leur puissance et leur expressivité, notamment sur Türmes des Schattens, Des Wolfer Letzes Gang

Au final, un morceau de pagan comme on les aime, porteur de cette beauté sombre et sauvage propre au style. Leurs chansons n’ont pas cette lourdeur pataude qu’affichent trop de groupes de black metal ; elles ont au contraire cet élan et ce dynamisme grâce auquel leur longueur n’est nullement pesante. Un groupe qui, sans égaler un Primordial ou un Abigail, semble donc promis à monter et à se tailler un nom dans la scène pagan.

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