Voksmetal – Volksmetal

L’Allemagne est un grand pays du metal, difficile de ne pas en convenir. Cela varie suivant les genres, mais en matière de folk metal le fait est qu’ils tiennent dignement leur place. Des groupes tels qu’In Extremo ou Subway to Sally restent à ce jour des références rarement égalées, et des groupes tels qu’Odroerir, Suidakra ou Die Apokalyptischen Reiter de sacrées pointures.

Dans un style beaucoup plus festif, voici que déboule donc un petit nouveau sortit de nulle part, avec un nom qui a le mérite d’être pas compliqué, et tient l’album a le même ! Pas une démo, un premier album directement chez AFM Records et un passage au Wacken direct… Humph.

Premier constat, le groupe ne fait pas dans le détail. Par contre il y a un mot qui est peut être en trop, c’est « metal ». Oh oui, il y en a bien un peu pour habiller, mais là-dessous un fouillis d’influences les plus variées et les plus inattendues : punk, indus, techno, voir carrément country ! Et sur tout cela un bon coup d’accordéon qui virevolte et s’insinue dans le moindre bout de chanson et la moindre de vos synapses, du yodle, du tuba et on passe !

Des tyroliennes, des airs de danses, on se croirait à une fête paysanne quelque part dans un village de Bavière ! Allez fermez les yeux, laissez vous tenter par le voyage. Vous n’êtes pas effondrés sur un canapé dans un appartement anonyme d’une cité gigantesque et tentaculaire. Vous êtes assis à la terrasse d’une petite guinguette, installée au bord d’un lac de montagne. Tout autour de vous des montagnes, de gentilles montagnes ornées de rhododendrons, de sapins et de glaciers. Devant vous, dans une grande prairie semée de marguerites, des couples tournoient au rythme des tyroliennes et des danses paysannes que distille un petit orchestre de village. La voix du chanteur et l’accordéon se mêlent aux guitares et batteries que, histoire de moderniser, on est venu mêler à ces vieilles rengaines…

Un doux parfum d’herbe fraiche et de fleurs flatte vos narines, auquel vient soudain se mêler une légère senteur de houblon. Un grand sourire sur les lèvres, une plantureuse bavaroise en costume traditionnel s’approche de votre table, ses bras robustes soutenant un plateau où trônent huit doubles pintes de Zoigl ou de Altbier… Oups pas de pot, c’était juste un rêve.

Hum, on pourrait presque tenir comme suffisante cette description de Volksmetal, mais tentons tout de même d’approfondir. Tout d’abord, on notera l’abondance du tuba et de l’accordéon – limite aussi présents que les guitares. Celles-ci d’ailleurs sont généralement assez discrètes.

Le chant lead quand à lui est difficile à décrire. Une tessiture un peu aigüe, et un style difficile à définir, un genre de Michael Rhein juvénile qui aurait plus ou moins tourné punk mais dont des bouts de Rammstein reviendraient de temps en temps à  la mémoire. Une seconde voix masculine, plus grave, la rejoint parfois en imitant ses accents. Du chant féminin, notamment sur Geh Lass Ma Mei Ruah. Quelques chœurs masculins également, notamment sur Fuerstenfeld… Bref un peu de tout. Toutes les chansons sont en allemand, ce qui accentue encore l’impression de se trouver face à un OVNI musical.

Si beaucoup de chansons font clairement musique de village, d’autres s’avèrent plus complexes. Kuess die Hand Herr Kerkermeister notamment, et sa curieuse alternance de passages de chant masculin grave en mode très déprimé, accompagné de guitares lourdes, et une curieuse voix style « vieille émission radiodiffusée » hurlant quelque chose au sujet de « whisky », « politisch », « corruption »… Un système qui se répète deux ou trois fois avant l’arrivée triomphale du chant masculin plus aigu accompagné de guitares et de chant féminin, le tout en mode beaucoup plus enthousiasme. Mais pourquoi terminer tout cela sur un solo de tuba ?!

A l’instar de Korpiklaani, Volksmetal est donc l’un de ces groupes que l’on écoute avec plaisir une bière à la main au milieu de la salle survoltée d’un de ces petits festivals de folk comme on les aime (si on aime). En dehors de cela, il faut être honnête, il y a des délires auxquels on est plus ou moins perméable, et celui de Volksmetal risque d’en laisser sceptique plus d’un.

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