Up In Smoke Vol 4 – Paris – Live Report

Pour sa 4 eme édition le road festival (festival itinérant) Up In Smoke  faisait halte en ce dimanche 23 septembre à Paris au Glaz’art . Ce fut pour la rédaction une bonne occasion de tester cette salle parisienne habituée des programmations underground, mais aussi de pouvoir assister à un show qui s’annonçait de qualité. Depuis sa création, Sound of Liberation , les instigateurs de ce festival dédié aux musiques d’inspiration psychédéliques, Stoner, Doom et Heavy  Prog en tête,  n’ont eu de cesse de programmer le haut du panier en la matière et ce Volume 4 ne dérogera pas à la tradition. En effet ce soir ce ne sont rien de moins que les helvètes Monkey3, un des chefs de file du Psyché prog instrumental actuel qui tenaient le haut de l’affiche, secondés par les Lillois de Glowsun, « vieux de la vieille » du Rock Psyché hexagonal. Le rôle de Guest « local » était assuré par Abrahma, Heavy Rock Psyché,  habitués de la scène parisienne, notamment celle des Combustibles où ils sont régulièrement programmés dans le cadre des Stoned Gatherings, leur manager n’étant autre que l’organisateur en personne. Les Allemands de Grandloom, Stoner psyché instrumental, assurant quant à eux, la première partie de soirée sur l’ensemble de la tournée. C’est avec une dizaine de minutes de retard que les portes du Glaz’art s’ouvrent au public, encore peu nombreux à cette heure. Mais, à peine entrés que résonnent déjà les premiers accords de Grandloom. 4 concerts à enquiller ce soir, visiblement pas de place  pour la perte de temps. C’est dans une salle sombre et enfumée que nous entrons. La scène est seulement éclairée par 2 gros lights fixes rouges et donne à l’ensemble une ambiance intimiste. Cet éclairage, ou un autre, bleu, seront les seuls de la soirée. Nous apprendrons très vite que la console de light avait subi quelques dommages « alcooliques » la veille, ceci expliquant cela. Nous autres photographes allions batailler, mais qu’à cela ne tienne. Il nous restait le son. Et là on peut dire qu’il était excellent ce soir. C’est devant un public encore clairsemé que le trio Allemand, totalement absorbé par sa musique et nonchalamment installé sur scène, (un étui de guitare restant même au sol en plein milieu de la scène tout au long du set),  nous a proposé une trentaine de minutes alternant longues plages planantes et violents assauts aux riffs ravageurs. Point de chant ici, du pur instrumental psyché aux fortes intonations old sixties avec des envolées de gratte à la Hendrix. Ceci étant, on peut peut être regretter une certaine longueur des passages calmes. Et les attaques plus heavy auraient, elles, méritées du développement au vu de la réaction du public. Dommage, car du coup la charge d’enflammer le public pour la suite n’était pas forcément au rendez-vous. Le set a-t-il plu ? Ma foi, difficile à dire, applaudissements sages mais sans plus. D’ailleurs je tiens à dire au passage, que dans l’ensemble j’ai été assez déçue du public parisien ce soir, peu participatif, et trop peu nombreux à mon gout pour une capitale européenne (200 personnes à tout pêter au plus fort de la soirée) … mais il parait que c’est une constante. Certes la scène est underground, mais je fus quand même surprise. Grandloom quitte la scène sans un mot sur un salut de la main du gratteux , avant de remballer promptement le matériel et Abrahma d’installer le sien dans la foulée. Le temps pour moi de me commander une bière et de fumer vite fait une cigarette dans le charmant jardin extérieur du Glaz’art  que déjà le groupe entamait déjà le premier morceau, et pas question d’en rater une miette. Je tenais à les voir sur leurs terres et confirmer les bonnes impressions que leur Heavy Psyché mâtiné Grunge puissant m’avait fait lors d’un précédent concert à Bordeaux au printemps dernier Changement de ton et d’ambiance donc avec Abrahma. Formation en quatuor avec deux grattes incisives déjà, et du chant, aux délicieux accents Grunge, assuré par le lead guitar, Seb. Un show beaucoup plus heavy, le plus « metallique » de la soirée, rythmé par des pièces de choix tel l’excellent « Neptune of Sorrow », résumant à lui seul le son propre à Abrahma, fait d’influences purement de Heavy Rock Seventies, de  Stoner à la Kyuss, et de chant lancinant semblant venir directement de Seattle ; ou encore en milieu de set le très psycho spatial « the Maze » durant lequel Seb se livrera à son jeu favori, à savoir le « bidouillage » de ses nombreuses pédales . Les 4 garçons ont donné le meilleur, et ont semblé avoir réveillé un peu le public. Espérons en tout cas que celui-ci prolongera l’expérience avec leur excellent  EP « Trough the Dusty Paths of Our Lives » sorti en juillet dernier chez Small Stone Records. Encore un changement de plateau sur les chapeaux de roues et c’est au tour de Glowsun de monter sur scène. Le public se fait plus nombreux et commence a se rapprocher de la scène. Un signe que nos 3 Lillois sont attendus ce soir. Nous revenons donc avec Glowsun à une formation classique en trio, menée par son leader et fondateur Johan Jaccob à la guitare et au chant, mais peu de chant chez Glowsun, la musique ne le nécessite pas plus que ça, juste placé à bon escient.  Et quel homme ce Johan ! Non seulement compositeur et musicien talentueux, frontman déchainé, mais aussi artiste graphique de génie (osons le dire). En effet, à l’instar d’un John Baizley leader de Baroness, le monsieur réalise tous les artworks du groupe ainsi qu’affiches de concerts ou de festivals comme d’ailleurs celle de ce soir, largement dans l’esprit de ce que peut faire également en la matière le collectif italien Malleus. De purs joyaux de l’art psychédélique actuel.  Il proposera d’ailleurs tout au long de la soirée ses sérigraphies à la vente. Mais revenons à la musique de Glowsun et au concert. Encens sur la scène… et c’est parti pour un déferlement magistral d’un pur stoner psyché jouissif. Une claque dans la face, à l’image de ce « Death Face » qui introduit le show. Large part sera faite ce soir à leur nouvel album « Eterneal Seasons » qui sort ces jours ci chez Napalm Records. Et c’est bien normal. Plusieurs années que les fans attendent une suite à l’excellentissime « The Sundering » et les quelques morceaux disponibles sur le net présumant encore un indispensable, ils tenaient à confirmer que Glowsun restaient les maitres incontestés du Stoner Psyche hexagonal. Chose faite et bien faite ! Avec « Virus », pièce maitresse de leur précédent opus, Johan entraine le public dans ses spirales spatiales nous aspirant inexorablement vers le soleil. Bing bang inversé. Ils ne nous lâcheront  plus et les morceaux s’enchainent comme autant de transes. Sur scène le front man danse,  ne faisant qu’un avec son instrument, totalement absorbé par sa musique, une présence énorme que ce Johan. Assurément parmi les grands, excellent groupe Live, non vraiment ce fut un show fabuleux. Acclamés par le public ravi d’avoir pris une bonne claque, les musiciens remercient chaleureusement tout le monde et laisse la place chaude aux Monkey 3. Le public bien réchauffé par Glowsun, suant dans la moiteur du Glaz’art, se masse devant la scène et attend fébrilement la suite. 3eme passage en France pour les suisses cette année, dont une apparition au Hellfest, depuis la sortie de leur dernier opus « Beyond the Astral sky » l’an dernier, ils n’arrêtent pas de tourner et se sont fait repérer eux aussi par Napalm Records qui vient de les intégrer dans l’écurie. Décidément, depuis quelques temps  le célèbre label autrichien lorgne sévèrement vers le Stoner et le psyché rock et récupère des pointures du style (Karma To Burn, Monster Magnet …). Un signe de la qualité de la scène actuelle en la matière et de l’intérêt grandissant qu’il suscite, certainement. Tension qui monte dans le public lorsque résonnent les premiers accords « spatiorientaux » de « Camhell » alors que le groupe n’est pas encore sur scène. C’est sous les acclamations qu’arrivent les 4 compères. Mr Db, l’homme synthé clope au bec comme à son habitude se cale derrière ses claviers, Picasso visse son éternel chapeau de paille sur sa tête, agrippe sa basse et  en douceur nous fait décoller en douceur. Attachez vos ceintures pour un concert de Monkey 3, les gars vous baladent joyeusement à dos chameau cosmique sur des montagnes russes sonores, empruntes de Space Rock Prog des seventies et de Psyché Stoner spatial, rien que ça. Le tout totalement instrumental. Et Grands Dieux que c’est jouissif ! Coté visuel, comme toujours des projections bien psyché, sur la grosse caisse et en arrière-plan de scène. Ce sera d’ailleurs le seul réel éclairage pour le concert. Sur scène les musiciens prennent un plaisir fou et ça se voit. Il s’éclatent entre eux, nous sourient et se déchainent sur leurs instruments, enchainant sans relâche morceaux d’anthologies sur purs chefs d’œuvres.(Jack, Motorcycle Broer, Through the Desert …)  Désolée d’être aussi dithyrambique, mais la discographie de Monkey 3 c’est de l’or en galette de bout en bout. Une setlist classique et bien rodée mais ponctuée de surprises, comme un nouveau morceau bien sympathique. Coté public les premiers rangs se lâchent, les filles ondulent au rythme de la musique. Au terme d’un set qu’on voudrait toujours plus long, le public, ravi, en redemande tant et si bien, que les pauvres ont à peine le temps de reprendre leur souffle et de griller une cigarette avant de revenir sur scène pour un rappel en apothéose avec la reprise de « One Of These Days » des Pink Floyd. Un bien bel hommage à l’une des références majeures du groupe ainsi que du courant Psyché tout court. Une bien belle façon également de clôturer cette soirée dédiée justement à cette musique. Ce Volume 4 du festival  Up In Smoke  était encore cette année un très bon cru. Bienheureux ceux qui y étaient, et pour les autres, prenez date pour l’an prochain. Et en attendant, nombreux sont les concerts ou festivals dans ce genre à Paris et ailleurs ; nous les annonçons régulièrement dans nos pages, n’hésitez pas à les consulter et à faire le déplacement, vous ne serez pas déçus. [gallery]

4 thoughts on “Up In Smoke Vol 4 – Paris – Live Report

  1. Visiblement je rate du bon son et de bons moments ! La prochaine je viens avec toi !
    « de l’or en galette » J’adore ta trouvaille ! Super report, vraiment.

    • Merci Nadine ! Ce genre de petits festivals recèlent vraiment de petits joyaux oui , une bonne façon de découvrir du nouveau son, je t’emmène quand tu veux :)

  2. bonne chronique, bien qu’un peu sévère avec GRANDLOOM, que j’avais trouvé d’enfer au Desertfest du Berlin en avril et que j’ai revu avec plaisir à Köln ‘Underground » pour le UP IN SMOKE 4 (le lendemain de Paris) !! Même scénario en revanche pour GLOWSUN et MONKEY 3 avec un son parfait et qui a repris Once upon a time in the west pour conclure !! jouissif !! Mêm affluence à Cologne qu’à Paris (environ 200) mais c’était un lundi soir !!

    • Merci :) Visiblement l’ensemble de la tournée a été très bien accueillie, et c’est grandement mérité . Possible en effet que j’ai été un peu sévère pour Grandloom. Je pense que je n’étais pas encore dans le « trip ». Ils ont commencé à peine les portes ouvertes et la plongée dans le grand bain était peut être une peu trop rapide pour moi ^^ . Il faudra que je les revois sur scène , parce que sur album, c’est plutôt jouissif, donc bon :)

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