UFOMAMMUT au Confort Moderne : une soirée qui valait son pesant d’Oro.

En ce 24 octobre, Le Confort Moderne à Poitiers s’était mis à l’heure Italienne. Concert de UFOMAMMUT, avec le soutien de I.C.O ( Incomming Cerebral Overdrive), doublé d’une expo des œuvres du collectif MALLEUS, fer de lance du  Psychedelic Art actuel, renommé pour ces pochettes d’albums, affiches et autres Artworks. Collectif qui a bien sur dans son écurie nos deux groupes de ce soir. Point donc de gondoliers Vénitiens ou de chanteurs d’opéra, mais du déferlement sonore pachydermique et spatial sur fond de visuel psyché. Dès l’entrée, une hôtesse nous donne le ton, me recommandant chaudement de doter mon plus jeune fils qui m’accompagnait de bouchons d’oreilles, sur ces mots «  ce soir ça va vraiment jouer fort ». Mais nous savions à quoi nous attendre et j’avais prévu le coup. Cependant, le conseil n’était pas vain ! Dès les premiers accords d’I.C.O, on est assaillit par la puissance du son. Les guitares acérées et le chant hurlé très Hardcore, mais aussi par la lourdeur de la section rythmique. Formation avec deux guitares et l’appui ponctuel, d’un clavier, leur son est un mur contre lequel on est lancé à la vitesse de la lumière. Et quand celui la dépasse sur un hurlement bestial, on se retrouve propulsé dans l’espace par les notes spiralées d’un clavier réacteur et repris en main par les guitares, sans reprise de souffle. Le voyage n’est pas reposant, c’est plutôt de l’ordre de la traversée de champs d’astéroïdes, comme si la mort, à chaque instant pouvait frapper. Violent. On n’atteint pas Sirius B ou Betelgeuse en en sortant indemnes. Mais , à condition d’avoir bien accroché sa ceinture et de ne pas avoir laché, dérouté par la musique, le voyage en vaut la peine. On a affaire à un mix savant de post hardcore et de Psyché Sludge, une sorte de Psychédélic Space Core en somme. Une bonne dizaine d’années qu’ils sévissent sur scène et sur albums et leur dernier opus « Le Stelle : A Voyage Adrift », sorti au printemps dernier chez Supernatural Cat, largement représenté ce soir montre qu’ils maitrisent bien la direction qu’ils ont pris. Extrême et aventurière. Une bonne mise en bouche pour le set des têtes d’affiches de ce soir, UFOMAMMUT, groupe de référence mondial du Psychedelic Doom Sludge depuis plus de dix ans. Extraterrestres pachydermiques aux productions conceptuelles, largement instrumentales et empruntes de spiritualisme. (Snaikling, Idolium, Eve..), UFOMAMMUT est  actuellement en tournée européenne pour nous faire succomber à sa dernière pépite, « ORO ».  Sorti en deux volets cette année chez Neurot Recordings  avec un ORO-OPUS PRIMUM en mai et un ORO-OPUS LATER en septembre, le tout formant une seule pièce, évolutive,  véritable joyau de leur discographie. Après un passage remarque au Hellfest, où ils ont pu nous faire gouter à leur nouvelle transmutation alchimique, j’étais impatiente d’entendre jouer l’œuvre dans son intégralité et la relative intimité du Confort Moderne promettait une bonne fusion avec la musique et les musiciens. Du public, plus nombreux que pour le set précédent, on sentait monter une tension dans l’attente. Sur scène, un matériel assez impressionnant. Des amplis Green enserrant la batterie frappée au logo du dernier album, et sur le devant de scène, de chaque côté des hallucinants pedal boards, véritables tableaux de bord de la navette Ufomammut. Les zicos jouant autant avec les pieds qu’avec les mains. C’est sur les notes cristallines d’Empireum,  égrainées, justement du pedal board du guitariste, et tombant telles des gouttes d’or en fusion sur le public que la grande messe dorée fut lancée. Immersion immédiate et c’était parti pour un voyage psychédélique,  profondément  tellurique,  puisant au cœur de la matière originelle la lumière du métal sacré   . Un son lourd, lent,  saturé,  lancinant tout en restant fluide, spiralé, des incantations shamaniques, et le public qui répond par la transe . C’est surpuissant. A regretter cependant, quelques incidents techniques qui contraignirent le trio à modifier quelque peu le rythme de la messe. Dès la fin du premier morceau la tête d’ampli du bassiste semble lui causer soucis et malgré intervention celle-ci lâchera un peu plus tard, obligeant le pauvre à changer le matériel à la va vite pendant que ces deux compères comblaient le temps de longs jams, qui semble-t-il  ont lassé un peu quelques-uns qui n’ont peut etre pas compris  ce qu’il se passait sur scène …  les aléas de la technique. Ces voies me sont personnellement impénétrables, mais quand on voit le matériel déployé, ça peut faire peur. C’est vrai qu’il est dommage que le rythme de la playslist en ait souffert, mais malgré cela la messe fut dite et bien dite, confirmant la valeur de la pépite. Le Lendemain par contre, le groupe annula sa prestation prévue à Bordeaux à l’Heretic, pour visiblement des soucis avec les organisateurs mais peut être que les problèmes de matériel en sont-ils pour partie responsables également.  Souhaitons que le reste de la tournée se passe dans de bonnes conditions pour eux. Peu de dates en France dont une qui fut annulée, c’est mince. Chanceux ceux qui y étaient. [gallery]

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