INTERVIEW DE YANN ARMELLINO

Le Pavot enragé : Bonjour Yann ! Pour ceux qui ne te connaissent pas, pourrais-tu nous raconter rapidement ton parcours musical ?

Yann Armellino : Mon parcours musical ? C’est vaste ! Depuis quand ?

Le Pavot enragé : Depuis le jour où tu as pris une guitare pour la première fois !

Yann Armellino : Eh ben ça remonte à quelques années ! Pas loin d’une vingtaine maintenant… Autodidacte complet. J'ai tout appris par moi-même, d’oreille beaucoup, et puis surtout en piquant des plans que je voyais à la TV. Parce qu’à l’époque y avait pas de « méthode » … Enfin si, il y avait déjà des cassettes vidéos « pédagogiques », mais qui coutaient un prix exorbitant, de virtuose qui nous en mettaient plein la vue et au final ne nous apprenaient pas grand-chose ! Donc non, j’ai beaucoup repiqué de choses à l’oreille.  Je me souviens d’une émission TV d’un concert de Scorpion, où il y avait des plans où tu voyais bien les doigts de Rudolph, ça m’a bien permis de mémoriser les positions des doigts. Le reste c’est de l’acharnement  ! A force de travail et de persévérance, à un moment ça arrive à sonner juste…  Et puis, ce qui m’a beaucoup aidé, c’est que mon frère avait commencé la batterie un an avant moi, donc il me portait déjà rythmiquement. C’est vrai que c’est un support génial, parce que dès que tu commence à faire deux ou trois accords, tu as une batterie derrière toi ; donc si tu te trompe c’est la baguette dans l’œil ! Donc tu n'as plus envie de te tromper et tu reste dans les clous et ça t’aide ! (rire)

Le Pavot enragé : Pas tendre le frangin ! Et le premier concert auquel tu es allé et qui t’as marqué ?

Yann Armellino : Lavilliers ! Il y a très longtemps aussi. Avec Marco Papazian à la guitare. Et j’avais beaucoup aimé. C’est vrai que c’était une révélation de voir un gars comme lui jouer de la guitare sur scène… Là ça m’a vraiment donné envie.

Le Pavot enragé : Et dans le hard rock ? Quand est-ce que tu as découvert le style ?

Yann Armellino :  C'est Kiss le premier groupe que j’ai écouté et sur lequel j’ai eu le flash, et qui m’a vraiment donné envie de m’y mettre. Et je crois que le premier concert que j’ai vu… Et bien c’était Kiss aussi ! En 1984, au Zenith, avec Bon Jovi en première partie. Ah je m’en souviens de ce concert, mémorable ! Surtout pour Bon Jovi en fait. Richie Sambora qui se permet de faire un solo de guitare alors que c’est la première partie… Ils avaient donné un truc exceptionnel ! Kiss bon, moi j’étais ultra fan alors ! Mais vu sur scène… Les gens qui aimaient le groupe et qui l’avaient déjà vu auparavant, d’une façon générale, avaient trouvé le concert très moyen. Mais moi forcément, je les avais trouvé fabuleux !

Le Pavot enragé : Et c’est resté l'un de tes groupes fétiches ?

Yann Armellino : Oui, vraiment. C’est un groupe que je suis toujours beaucoup et qui, malgré les nombreux changements de line-up et les polémiques, continue à assurer, ils sont toujours bien présent.

Le Pavot enragé : Et quels sont tes autres groupes de référence ?

Yann Armellino : Oh il y en a beaucoup ! Au départ je n’écoutais que Kiss, j’avais vraiment les œillères (rire) et puis à un moment donné je me suis un peu ouvert, donc j’ai découvert plein d’autres choses… Il y a eu toute une époque où j’écoutais beaucoup Iron Maiden, que j’ai toujours beaucoup aimé, et que j’ai redécouvert un peu récemment, avec le retour d’Adrian Smith. Un grand guitariste, avec un grand feeling… J’aime bien l’idéologie du groupe : Adian Smith revient mais c’est pas pour autant qu’ils vont virer Janick Jers. Aujourd’hui ils se retrouvent à trois guitares et c’est formidable ; c’est un peu comme un Def Leppards qui va passer par Rick Allen alors qu’il lui manque un bras : « on va lui construire un kit de batterie spéciale, il n'est pas mort, il est toujours avec nous ». Je trouve ça génial ! C’est très anglais, somme toute ! Enfin, c’est très européen, pas du tout américain comme façon de faire. Donc oui, après Kiss j’ai découvert Maiden, j’ai été voir Saxon aussi qui m’a bien plu ; Pretty Maids, toute cette vague… J’écoutais beaucoup Rats aussi, des choses comme ça, et toute cette vague de californien. Peu de metal extrême, enfin si j’ai découvert Metallica que j’ai beaucoup aimé. Je les ai vu de nombreuses fois. Je n’ai malheureusement jamais eu la chance de voir Cliff Burton, il est décédé pendant la tournée durant laquelle il était prévu que je le rencontre…Je me rappel, on s’était réuni au Zenith, le soir du concert qui n’avait pas eu lieu, on était une bande de 150-200 hardos, à se déchirer la tronche pour oublier ! (rire) Slayer aussi beaucoup, surtout l’album Raining Blood, qui m’a beaucoup fait progresser à la guitare, étonnamment. Vu que je jouais beaucoup en rythmique, ça m’a beaucoup apporté.

Le Pavot enragé : Et quand est ce que tu as commencé à jouer dans des groupes ?

Yann Armellino : Assez rapidement, avec le frangin à la batterie, on s’est tout de suite mis ensemble, et on a fait pas mal de petit groupe comme ça. Et puis très vite on a voulu composer des choses, avoir notre propre répertoire ! C’était drôle ça, parce qu’on voulait pas faire dans la reprise ! On faisait des trucs… De sombres merdes ! (rire)

Le Pavot enragé : C’était les débuts !

Yann Armellino : Voila !

Le Pavot enragé : Et pour Revisited, à quel groupe tu pensais le plus en le composant ?

Yann Armellino : Oh, pas de groupe en  général, c’est suivant les moments. Tu sais, après tu es influencé par pleins de choses. Ce qui compte le plus pour moi, c’est d’être ouvert. Tu écoute pleins de choses différentes, et puis à un moment tout ça va rejaillir, avec ton feeling, avec quelque chose qui t’es propre. Tu t’approprie un peu tout ça, même si je n’ai pas du tout la prétention – et qui peux l’avoir aujourd’hui ?- de dire qu’on invente quelque chose. Mais on essaye d’en faire quelque chose avec une petite touche personnelle. Après on y arrive ou on n'y arrive pas, ça c’est une autre histoire !

Le Pavot enragé : Justement, dans les questions de feeling, quand on fait du metal instrumental, on a seulement douze notes pour s’exprimer, alors que le chanteur a ses mots ! Comment tu fais pour faire passer ce que tu veux faire passer ?

Yann Armellino : C’est vrai que c’est pas évident… Déjà tu essaye toujours de saisir une mélodie. Ça c’est vraiment important quand tu fais de l’instrumentale, je trouve. Donc tu pars d’un thème assez récurent , ce qu’on va pouvoir appeler le refrain, même en instrumentale ; et ce thème là tu sais qu’il sera assez fédérateur. Donc tu vas le répéter. Après tu vas un peu broder autour, et tu vas construire ton titre. Que ce soit en instrumentale ou dans une chanson, je pense que la construction doit être à peu près identique. Après, en instrumental tu peux te permettre de faire des trucs de douze minutes, mais il n'y a vraiment que les initiés qui pourront te suivre ! Et même moi je ne suis pas très client de ce genre de « pièces », je préfère les choses un peu plus traditionnelles ! (rire)

Le Pavot enragé : Et justement, à ton sens, quel est la place du rock instrumental dans la scène actuelle ?

Yann Armellino : Oh il a encore une petite place, pour ceux qui restent en tout cas ! Ce qui compte dans ce métier, c’est d’essayer de durer… Et ça ça n'est pas facile. Donc il faut toujours essayer de se renouveler, et puis aussi avoir la chance qu’il y ait des gens, une équipe qui te suive, qui te permette de continuer à faire ton métier, de sortir des disques. Un label, un distributeur, un éditeur… Ca compte tout ça. Et sans ça, effectivement c’est difficile. Après, c’est vrai qu’à un moment il y a eu une inondation de disques de guitaristes instrumentaux, je pense notamment au label de Mike Varney, Shrapnel Records, qui a inondé les marchés américains et européens… Mais il n’en est pas resté beaucoup. En France on n'est plus très nombreux à en faire...

Le Pavot enragé : On commence à voir des groupes d’instrumentaux, avec des tendances un peu folk, du genre d’Arcas…

Yann Armellino : Je ne connais pas, ceux là… Ils ont un réseau de distribution ?

Le Pavot enragé : Non, entièrement autoproduit je crois…

Yann Armellino : Tu vois, en France on est vraiment pas très nombreux à pouvoir faire ça.

Le Pavot enragé : Et à l’internationale ?

Yann Armellino : Ils ne sont plus très nombreux aussi, quelque part ! Je veux dire des albums vraiment instrumentaux, il y a essentiellement Satriani qui continue à en faire…

Le Pavot enragé : Malmsteen un peu…

Yann Armellino : Oui, un peu, mais il y a presque toujours des chanteurs avec en fait. C’est très peu instrumentale finalement, même si il est connu pour son jeux de guitare… Après il y a des guitaristes de groupes - je pense notamment à Steve Stevens, qui avait fait son album solo ; il vient de faire un album entièrement instrumentale, à part un titre où il y avait Doug Pinnick de King'X. Mais c’est un one-shot en fait. Il fait ça pour se faire plaisir. Tu vois, quand Lucas Ter fait des albums il chante ; quand Sambora fait des albums il chante ; quand Richie Kotzen fait des albums il chante… Marty Friedman, je ne sais pas s’il a mis du chant dans son dernier disque mais ça ne m’étonnerait pas.

Le Pavot enragé : Sur ton album il y a un peu de chant aussi quand même !

Yann Armellino : C’est vrai, un petit peu ! C’est une volonté de ne pas faire tout à fait que de l’instrumental. Je trouve que ça donne une respiration au disque aussi. Ca peut aussi donner envie aux gens qui ne connaissent pas forcément mon répertoire, ça permet d’avoir une accessibilité un peu plus grande et de leur laisser une clef ; pas toutes mais au moins une- si ils ont envie de découvrir plus. C’est important je trouve, moi-même je me lasserais si ce n’était qu’instrumentale (rire). Je ne suis pas très client des trucs purement instrumentaux. Après il y a des gens qui savent le faire très bien – je pense notamment Patrick [Rondat], qui en plus d’un ami est un grand guitariste, qui notamment sur son dernier disque avec Hervé N’Kaoua a fait une reprise de morceaux classiques, piano guitare électrique ! Il faut oser mais il a réussi avec brio.

Le Pavot enragé : Comment tu as chois le chanteur de Revisited d’ailleurs ? C’est l’un de tes amis il me semble.

Yann Armellino : Chris ? Oui, c’est un ami de longue date, qui était partit aux Etats Unis y a seize ans, et avant qu’il ne parte on était dans le même groupe et on s’entendait très bien. Et puis il a décidé de tenter l’expérience, d’aller vivre la bas, et il s’y est plu et il y est resté. Et on s’est retrouvé via un site internet dédié à Kiss ! Et il a vu que j’avais fait quatre album, que javais continué à faire de la musique et plutôt dans de bonnes conditions ; si bien qu’un jour j’ai reçu un e-mail de ça part ! Et on s’est échangé quelques fichier, si bien qu’un jour je lui ai dis : écoute, allons y ! Et il a dit oui.

Le Pavot enragé : Vous avez procédé par échanges de fichiers ?

Yann Armellino : Non, il est venu deux fois pour enregistrer ses parties. Non, belle expérience et belle histoire ! Ca m’a fait très plaisir de le revoir, c'était quelqu’un à qui je pensais souvent, je me demandais ce qu’il faisait. Il n'avait pas fait d’album ; mais là bas c’est compliqué, des musiciens il y en a beaucoup ! Donc il faisait beaucoup plus d’acoustique que d’électrique étonnamment, pour des questions de moyens ; et il faut bien vivre donc il n'en a pas fait en pro… Je suis aussi content de lui avoir donné l’opportunité de faire son premier album.

Le Pavot enragé : C’est lui qui a écrit les textes ?

Yann Armellino : Oui et je  trouve qu’ils ne sont vraiment pas mal. Quand tu t'évades comme ça, quand tu t’expatrie pendant seize ans, tu as vraiment des choses à dire. Tu as vraiment des choses de ton pays qui te manquent, tu as des choses à dire, des fois même à ta famille, et c'est ce qu’il a fait dans un de ses textes. Et ce sont des choses qui sont parfois plus faciles à écrire qu’à dire réellement. Non, c’est vraiment des bons textes qu’il a fait ! Il y a une vrai histoire, du  vécu, et c’est pas juste « sex drugs and rock’n roll » ! Ca c’est bien de temps en temps mais c’est limité !

Le Pavot enragé : Et toi, ça ne te tenterais pas de t’expatrier ?

Yann Armellino : Oh j’y ai pensé à l’époque ! Pas aujourd’hui, mais bien avant de commencer à faire de la musique en professionnel en France. J’y ai pensé, j’ai failli le faire. Et puis ça ne s’est pas fait parce que… Parce que ça ne s’est pas fait. Tu vois, il y a un moment donné où tu sens que c’est bon, c’est pas bon, il y a une rencontre qui fait que finalement tu restes, et puis voila ! Et en tout cas je n’ai aucun regret, car je pense que ce que j’ai fait ici, je ne peux pas dire que je n’aurais pas pu le faire aux États-Unis ou ailleurs, mais je n'en suis pas sûr. Je ne suis pas sûr que j’en serais à six albums et deux DVD avec une signature chez Sonny music aux Etats-Unis. Là j’ai un gros doute ! Maintenant peut être que je me trompe, mais mon petit doigt me dis que non ! (rire) La bas, le marché est très dure, et la crise du disque n’est pas que française ni européenne, elle est mondiale. A New York il n'y a plus de disquaires, là bas ils ont vraiment prix le pli de télécharger légalement la musique et de consommer la musique différemment, mais en la payant. Chose qu’ici on ne fait pas, et en Europe en général pas du tout ! (rire) Mais c’est vrai que c’est pour ça que je n’ai pas de regret ! L’utopie « j’veux faire du rock’n roll aux Etats Unis »… N’est pas Gun’s and Roses qui veux, et même la bas il y en a tellement peu qui arrivent à tirer leur épingle du jeu… Chris me disait    qu’il a rencontré des gens  à Boston, des types extrêmement talentueux qui jouaient dans des bars… Et si tu vas à Austin, qui est un peu la capitale de la musique la bas, des mecs extrêmement talentueux tu n’en as pas à tous les coins de rue mais presque ! Après il faut le petit plus qui fait que, le coup de pouce, la chance…

Le Pavot enragé : Tant mieux pour nous puisque tu es resté ! Et au fait, les musiques c’est toi qui compose tout ?

Yann Armellino : Oui. Sauf quand je compose avec Chris, il y a des fois où il m’amène des idées et on compose ensemble, mais sinon les titres instrumentaux oui c’est moi, en totalité.

Le Pavot enragé : Et quand tu compose, tu pense plutôt à la scène ou à l’enregistrement ?

Yann Armellino : Ni à l’un ni à l’autre en fait. Je ne peux pas dire « je vais composer pour la scène ou pour l’enregistrement », de toute façon quand tu compose pour l’enregistrement tu espère que ça va aussi aller sur scène, donc ça dépends. Il y a des morceaux que tu rodes sur scène aussi. Par exemple « Roquefort Sauce » je l’ai complètement fait sur scène bien avant de l’enregistrer. C’est pour ça que je trouve qu’il est arrivé à maturité, ce titre ; et c’est pour ça que je revendique complètement ce nouvel album, parce que quelque part je l’ai fait dans le bon sens. Je m’explique : en générale tu fais un disque et tu tournes après. Donc tu figes d’abord quelque chose et il ne bouge pas, et après tu vas le défendre sur scène–d’autant plus quand c’est de l’instrumentale- et déjà au deuxième concert tu vas changer des choses. Au troisième encore, et encore et encore ! Et à un moment donné, ces titres tu te les appropries vraiment, tu rajoutes des passages, tu as des places à l’improvisation que tu n’avais pas au début parce que tu étais un peu dans ton truc « figé », et c’est vrai que quelque part, et je ne suis pas le seul à le dire, on devrait faire différemment. Maintenant économiquement parlant on peut pas le faire, mais il serait beaucoup plus logique de tu composes un album mais tu tournes pendant un an ou pendant six mois et après t’enregistre l’album. Et là les titres ils explosent ! Parce que tu les as rodés pendant six mois, parce qu’il y a des automatismes qui se sont pris… Mais on ne peux pas faire comme ça. Mais quelque part ça serait plus logique de procéder comme ça, je trouve. C’est ce que faisaient les groupes à l’époque d’ailleurs. Il y avait beaucoup de groupes qui rodaient énormément leur nouveau répertoire avant de l’enregistrer, mais aujourd’hui on est dans un cas de figure différent. Pour tourner faut de la nouveauté, donc il faut que t’ai un nouvel album sinon tu tournes pas. Et si vraiment tu veux tu sors un live après, mais c’est pas pareil.

Le Pavot enragé : Led Zeppelin justement, considéraient que les titres étaient là pour la scène. Et entre ce que t’entendais sur la scène et sur l’album…

Yann Armellino : …c’était pas pareil ! Ah non, pas du tout. Il y avait vraiment une liberté qu’il n’y a plus aujourd’hui. Tu site Led Zeppelin, et c’est le groupe qui à l’époque, a osé dire non à la maison de disque, et dire « on va sortir cet album avec un bucheron sur la pochette, y a pas marqué Led Zeppelin, y a rien marqué dessus, on sait même pas qui c’est, mais on le veut comme ça. » Et carton plein ! Et ça n’a pas empêché le disque de ce vendre à des millions d’exemplaires ! Et la maison de disque si disait « mais c’est pas possible » ! Mais les gens osaient, avant.

Le Pavot enragé : C’était une autre époque… Déjà, on ne fonctionnait pas par CD.

Yann Armellino : Complètement. Ca a totalement changé la donne… On est passé à une autre ère, une autre génération, un autre mode de consommation qui n’en est pas un je trouve, parce que la dématérialisation de la musique, moi j’y crois pas. Ca me contrarie beaucoup même si c’est le cas et qu’il faut vivre avec ! L’album que je viens de sortir, c’est peut être le dernier sous cette forme que je sors, il faut savoir se le dire. Peut être.

Le Pavot enragé : Ben tu sais pour la promo, ils nous envoient un lien à télécharger déjà !

Yann Armellino : Oui c’est vrai ! Partout de plus en plus…

Le Pavot enragé : Il reste encore quelque petites maisons d’éditions spécialisées dans les vinyles… Ca te brancherais pas ça ?

Yann Armellino : Si j’aimerais bien faire un vinyle ! Mais après c’est pareil, c’est une question de diffusion, de coût… Il n’y a plus beaucoup de presseurs au niveau des vinyles, donc ils alignent vraiment au niveau des prix. Donc c’est comme tout : plus tu presse moins c’est chère mais plus il faut prétendre à la diffusion. Si tu veux faire un tirage limité à 500 exemplaires, ça coute chère et est-ce que ça se justifie ? Si c’est pour les écouler en dix ans, ça sers à rien. Donc je sais pas. A rondic là, y a un renouveau un peu du vinyle mais faut se méfier aussi, parce que tu le vois dans  des choses un peu différentes. Il y a aussi des groupes qui vont vendre un vinyle et sur ont vinyle il y a un code pour télécharger l’album en CD. Ce qui n’est pas idiot, car t’as acheté un de leurs supports ils ne vont pas t’obliger à racheter le CD, mais tu peux le télécharger légalement. Ca c’est pas idiot. Du coup les groupes qui font ça sortent le vinyle bien avant, ce qui leur permet de l’écouler auprès de leur « base fans ».

Le Pavot enragé : Il y a le salon du disque bientôt à Paris, avec les dix ou douzes dernières maison…

Yann Armellino : Oui, ça reste aussi un truc de collectionneur… Après tu dois avoir plus de chances de trouver du Hllyday ou du Mitchell… Enfin je pense, je me trompe peut être ! Bon certains groupes de metal ou de rock commencent à s’y remettre un petit peux aussi… Il y a une espèce de nostalgie. Moi je suis nostalgique du vinyle oui, mais bientôt on pourra dire que je suis nostalgique du CD et ça ça m’embête plus !

Le Pavot enragé : C’est claire… Bon deux petites questions d’actualités pour terminer ?

Yann Armellino : Ok !

Le Pavot enragé : Et d’abord une à laquelle on peut pas trop couper : la mort de Garry Moore…

Yann Armellino : Une perte pour le milieu de la guitare. Clairement. Il avait permit à beaucoup de hard rockeur de découvrir le blues. Il a démocratisé cette musique, un peu plus qu’elle ne l’était. En plus il l’avait bien fait, il le jouait vraiment bien… C’était complètement sincère dans la démarche. C’était un bon guitariste. Vraiment. Bon feeling, et beau parcours aussi. Les débuts avec Thin Lizzy, en solo sur son premier album depuis 73 quand même ! Garry Moore band… Il était dans Thin Lizzy et il a commencé à refaire sa carrière solo avec des choses beaucoup plus hard rock. Le dernier album qu’il avait fait en solo qui s’appellait Wall Frontiere, je l’avais trouvé vachement réussi parce qu’il y avait uns grosse référence à la musique irlandaise, la musique de son pays, ave laquelle il faisait vraiment des choses assez traditionnelles, c’était vachement réussi comme mélange. Et après il a fait son blues et c’est comme ça que vraiment il a explosé d’ailleurs. Il a beaucoup plus marché en tant que blues man, même assez énergique et électrique… Je ne dirais pas que c’est l’une de mes grosses influences parce que je mentirais, c’est pas non plus quelqu’un qu’ j’acoutais tous les jours, loin de là, mais ça m’a touché. C’était un peu tôt et il avait encore des choses à dire, le Garry. Mais bon c’est comme ça…

Le Pavot enragé : Et tout à l’heure on parlait de Led Zeppelin, il est question de le reformer, qu’est ce que tu en penses ?

Yann Armellino : Ca j’y crois pas. Ils ont refait leur fameuse date en Angleterre, où ça a été énorme, avec le fils Bonham à la batterie… Mais j’imagine mal le truc. Je pense que c’est de l’intox. Et puis ils l’ont déjà fait en plus il y a deux trois ans je crois, c’était un one shot vraiment. Bon c’était l’évènement planétaire, si ils veulent le refaire pourquoi pas, mais est-ce qu’ils ont vraiment le feu pour le faire… Faut peut être savoir les choses où elles sont des fois ! Ils ont moins de punch qu’un Kiss –c’est pas la même génération, ils sont plus vieux. En plus Kiss ils ne se sont jamais arrêté, c’est pas pareil… Tout ça ça s’entretient. Mais bon, pourquoi pas. Mais je pense que même Page aurait du mal à réinterprété vraiment tout ce qu’il faisait à l’époque. Il montait quand même très haut Robert ( ???), il faut pouvoir suivre et avec les années…

Le Pavot enragé : On verra bien… En tout cas merci pour cette interview !

Yann Armellino : De rien !

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