INTERVIEW DE RALF SCHEEPERS, LE 26 JANVIER 2011

C'est dans le quartier de Bastille, à l'occasion de la sortie de son album solo que nous avons eu le plaisir de rencontrer le grand Ralf Sheepers, de Primal Fear.. Go !   Le Pavot enragé : Guten Abend Ralf, und danke schön für dieses Interview ! Tous ceux qui aiment le metal en France seront heureux de vous savoir parmi nous, mais vous êtes vous content d'être à Paris ce soir ? Ralf Scheepers : Oui, j’aime beaucoup Paris, je veux dire le temps ça m’est égal, les trois dernières semaines ont été occupé par les déplacements, et où que nous allions nous avions toujours ce ciel grisâtre, mais il faut être heureux de voyager, et être de bonne humeur. Et Paris est une ville formidable ! Le Pavot enragé : Venons-en à l'essentiel : l'album ! Et tout d'abord, félicitation ! Depuis quand aviez vous le désir de faire cet album ? Ralf Scheepers : L'idée initiale est vieille d'environ dix ans, j’avais dans l’idée de faire mon propre album, et évidemment j'en ai parlé à mon ami Mat (Leven), et il a dit : si nous devons faire un album, alors faisons le plus metal ! Aussi nous avons rassemblé un groupe d'écriture, avec Magus Karlson, Alex, Sandy Gomman d'After Forever. Mat et moi souhaitions aussi composer des chansons ensembles, et au final ça a donné un album d’une belle diversité. Bref, le gros du travail a été fait durant les trois dernières années, y compris l'enregistrement, mais il y en avait aussi qui avaient d'autres idées et voulaient enregistrer avec un meilleur son. Le Pavot enragé : Le soutient de Mat Leven a-t-il été un élément important dans la réalisation de l'album ? Ralf Scheepers : Il s’est occupé de tout, gérant absolument tout avec les labels, les contrats avec le staff ainsi que les périodes d'enregistrement, organisant tout dans ces moments là, et parfois rassemblant lui-même les morceaux enregistrés par chaque guest, parce qu’ils enregistraient leurs parties dans tous les coins de la Terre, parce que c'est un album-projet. Personnellement, pour Primal Fear, je pense que le mieux est toujours de travailler tous ensembles en studio et de voir ensemble les arrangements ; mais pour un album projet, bien sur là c'est possible de travailler comme ça, chacun enregistrant sa partie là où il est, parce qu'avec internet c'est vraiment facile maintenant. Le Pavot enragé : A l’écoute de cet album, j’ai vraiment eu l’impression que le but était de vous donner à fond, de montrer tout ce dont vous étiez capable, tous les styles de chant et les techniques vocales que vous étiez capable d’adopter – et je dois dire que j’en ai trouvé la diversité impressionnante. Est-ce que vous vous sentiez « à l’étroit » au sein de Primal Fear ? Ralf Scheepers : Non absolument pas ; je veux dire, toutes les chansons de l'album étaient candidates pour les projets d'albums de Primal Fear mais elles ne rentraient pas dans la bonne ligne et dans l’état d’esprit du moment de Primal Fear ; et puis aussi, mes chansons sont toujours trop romantiques ! (rire) Je ne me sens pas du tout à l'étroit dans Primal Fear parce que je suis toujours très libre d'y apporter mes idées, comme tous les membres ; et après nous en discutons ensemble ; à chaque fois nous avons une vingtaine de propositions de chansons à nous tous, et décidons lesquelles rentrent ou non dans le concept de l'album. Ce qui ne veut pas dire que nous faisons des albums à thèmes, mais comme je l'ai dit avant, il y a une ligne générale, même si les albums ont une certaine diversité qui les rends agréables à écouter ; chacun est libre de composer ses chansons et de les apporter. Le Pavot enragé : Le line up est vraiment impressionnant ! Comment les avez-vous choisis ? Y-a-t-il d’autres musiciens que vous auriez aimé associer à cette œuvre ? Ralf Scheepers : En fait, ce sont pour la plupart des membres de mes anciens groupes ; je veux dire j’ai commencé avec Kai (Hansen), évidemment en tant que membre d’un ex-groupe (Gamma Ray) nous sommes toujours amis. C’est un chic type et je savais que quand je lui demanderais la réponse elle serait « oui » ! Puis je connais Tim (Rippers) depuis plusieurs années maintenant ; nous nous sommes connus à un festival il y a quatre-cinq ans, en Espagne ; nous avions eu une bonne conversation et l'année dernière je lui ai demandé si il voulait participer, l'idée lui a plu, et c'était si bien de travailler ensemble que cela pourrait encore nous arriver à l'avenir ! Pourquoi pas un deuxième album, on verra ! Et tous les autres musiciens ont quelque chose à voir avec mon passé, sauf Snowy Shaw. Au début je ne voulais avoir que des musiciens que je connaissais mais Snowy Shaw voulait vraiment participer, et il a littéralement sauté dans le projet, il a fait un travail formidable ; c'est un musicien fantastique. Sandy Gommans, en tant qu'ancien guitariste d'After Forever, est aussi un vieil ami, nous nous connaissons depuis pas mal d'années maintenant. Comme tu peux le voir, il fallait juste rassembler tout le monde ! Le Pavot enragé : Il y a une très grande diversité d’influences ; on a l’impression de réentendre tout votre parcours musicale – il y a même certaine choses qui m’ont rappelé Therion et votre apparition sur Vovin ! Quelle période a été la plus marquante pour vous et pour la composition de cet album ? Ralf Scheepers : Non il n'y a rien de Therion. Il y a mes idées, et j'ai pris des idées de mes guest, d'Alex, de Magus, mais je n’ai jamais pensé à Therion. Le Pavot enragé : Pourquoi avoir choisi de faire une reprise de la chanson Saints of Rock de votre premier groupe, Tyran’s Pace, et précisément au milieu de l’album ? Are you now one of the « saint of rock » or, one of the « honest men,[chosen]/ For their own kingdom » ? (allusion aux paroles de la chanson) Ralf Scheepers : Ce n'est pas une reprise, c'est ma propre chanson, je l'ai composé du temps de Tyran's Pace ; c'est moi en tant que compositeur qui l'ai écrite et c'est ma chanson la plus « lumineuse » ; je voulais la réenregistrer avec une meilleur qualité, avec ces musiciens, et aussi pour le son ; aujourd'hui nous sommes capables de produire un bien meilleur son. Et pour les « saints du rock » je penses que vous en êtes un si vous n'êtes plus sur Terre. C'est d'être vu comme une histoire, comme un livre ou une légende hollywoodienne. Le Pavot enragé : Juste après, vient une reprise de Before The Dawn, de Judas Priest, pourquoi avoir choisi cette chanson en particulier ? Ralf Scheepers : Parce qu'elle a toujours eu une résonance particulière pour moi. J'ai toujours beaucoup aimé Before the Dawn, et de plus je sais jouer de la guitare acoustique ; aussi un jour j'ai juste commencé à la jouer à la guitare et je me suis dit who, je la veux pour l'album ! Judas Priest m'a toujours beaucoup influencé, dans mes jeunes, jeunes années bien sur, mais toujours aujourd'hui. Évidemment chacun développe son propre style et le temps de la vénération est fini mais nous nous respectons toujours autant les uns les autres et c'est la chose la plus importante ; et pour revenir à Before The Dawn, je me sentais en accord avec l'atmosphère de la chanson, et c'est pourquoi j'ai décidé de l'enregistrer. Le Pavot enragé : A quel évènement fait allusion la chanson « the Pain of the accused » ? Ralf Scheepers : C'est une histoire très personnelle. C'était il y a dix ans, j'ai eu un passage difficile et j'ai eu à prendre des décisions parce que quelque chose était arrivé, j'ai fait une erreur, mais je me suis également excusé, et au début ces excuses ont étés acceptées, puis finalement refusées, et c’est une histoire très personnelle. C'est peut être aussi la raison pour laquelle cette chanson sonne si « réaliste » ; si il y a autant de sentiments dedans c'est parce que c'est une histoire vraie. Je ne dirais pas de quoi il s'agissait ; ce n'était pas une histoire d'amour, c'était quelque chose d'autre, ça n'avait rien à voir non plus avec l'amitié, c'était seulement quelque chose de mauvais qui est arrivée alors que j’étais avec un groupe de personne, et je n’en dirais pas plus ! Mais quel que soit les incidents et les choses qui me soient arrivées auxquelles je fais références, même si je ne dis pas tout j'en dis toujours assez pour vous puissiez en tirer quelque chose. Le Pavot enragé : Il y a dix ans de cela, vous avez quitté Gamma Ray et vous n'avez pas intégrer Judas Priest ; aujourd'hui vous sortez votre propre album, avec une liste impressionnante de guest – et c’est maintenant Tim Owens, ex chanteur de Judas Priest, qui est votre invité ! Y-a-t-il une petite satisfaction à cela ? S'agit-il d'une consécration ? Ralf Scheepers : Non ce n'en est pas une ! Je veux dire, comme je l'ai dis auparavant, Tim et moi sommes amis depuis plusieurs années ; et il n'y a jamais eu de compétition entre nous. Cette histoire avec Judas Priest était finie depuis longtemps quand j’ai décidé d’avoir Tim. Mais c'est bizarre quand même ; quinze ans plus tard les gens continuent à me parler de ça ; mais je n'ai jamais passé d'audition pour Judas Priest, je n'ai jamais été invité et pour moi la décision était prise, et c'était une affaire réglée ; aussi nous avons créé Primal Fear, tout le monde a aimé. Et maintenant Tim n'a plus rien à voir avec Judas Priest, il fait ses propres albums. Bien sur il a été le chanteur de Priest et il l'a bien servi, c'est un chanteur formidable ! Mais ça n’avait rien à voir avec l’idée de montrer aux gens que je suis capable de faire aussi bien. Le Pavot enragé : Question d'ouverture : la scène actuelle c'est énormément diversifiée de nos jours ; quelle y est la place du heavy metal ? Ralf Scheepers : Je n'ai jamais aimé ce genre de distinction. Je me contente de faire ce que je sait faire : du heavy metal avec melodic ou power, des guitares lourdes et des tempos rapides avec de temps en temps des tempos lents. Bien sur j'écoute d'autres styles, par exemple j'aime beaucoup certains groupes mais je ne suis pas attiré par ce truc du black metal. Aussi, je me vois toujours dans le « hard metal », et je pense que c'est ce que nous faisons avec Primal Fear. Le Pavot enragé : Danke schön für alles und alles gut !

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