Tarja – Act I (CD)

Décidément, Tarja n’en finit pas de sortir albums, lives et DVD. A l’évidence elle se fait plaisir, et ce nouveau live, sobrement baptisé «  Act I », est là pour en témoigner. Cette chronique traite seulement de l’album sous sa forme CD – le DVD fera l’objet d’une autre chronique. Les deux ont été enregistrés lors d’un concert à Rosario, en Argentine, pays où elle a élu résidence depuis une dizaine d’années.

Que peut contenir un live après ses deux CD et le Live at Sibelius Hall ? La vingtaine de titres de son répertoire encore et toujours ressassées ? Et bien que l’on se détrompe : ce n’est pas le cas. Il y a, en effet, bon nombre de chansons de My Winter Storm et What Lies Beneath : My Litle Phoenix, Dark Star, I Walk Alone, Lost Northern Star… Mais, curieusement, ces titres qui sonnaient si lisses et si froids sur leurs albums respectifs prennent ici un relief et une vie qu’on ne leur connaissait pas. Une force, un enthousiasme – enfin ! – une énergie que l’on ne percevait guère dans ces albums, certes sympathiques mais que d’aucuns jugeaient un peu ternes. Une redécouverte soudaine… Peut-être une illustration des propos que m’avaient tenu Yann Armelino il y a un an ou deux : « il serait beaucoup plus logique quand tu composes un album que tu tournes pendant un an ou pendant six mois, et après t’enregistre l’album. Et là les titres ils explosent ! »

On ne peut se défendre de se dire que c’est un peu la même chose dans le cas présent. Tarja a enchainé les tournées, les concerts, les dates. Elle a joué tous ces titres à d’innombrables reprises. Et sait révéler tout leur potentiel…

Bien entendu, il n’y a pas que ces chansons. A son habitude, Tarja a assaisonné l’ensemble de reprises en tout genre, et de quelques-uns de ces anciens succès du temps de Nightwish : la bonne vieille Over the Hill and Far Away , la célèbre Phantom of the Opera, tirée du film du même nom, et enfin Nemo. Il y a certes un grand plaisir à réentendre ces morceaux de bravoure de la grande époque…

A cela s’ajoutent des reprises d’autres musiciens, parfois assez imprévues. Ainsi on entendra avec un certain étonnement Still of the Night, de Whitesnake - pas la chanson qui met le mieux sa voix en valeur, mais pourquoi pas !

Le plus inattendue est cependant un curieux mixte de trois chansons : Where Where you Last Night, une chanson de la chanteuse pop suédoise Ankie Bagger dont Nightwish avait déjà fait une reprise, assaisonnée de morceaux de deux autres chansons : Heaven is a Place on Earth, de Belinda Carlisle et, totalement incongrue, la célèbre Livin on a Prayer de Bon Jovi ! Un mélange qu’il fallait oser faire, mais le fait est que le résultat est très réussi. Au-delà de cela, il est assez inattendu d’entendre Tarja prêter sa voix à une femme délaissée et abandonnée par celui qu’elle aime – ce n’est pas tout à fait le style de rôle auquel elle nous avait habitué !

De nouvelles chansons également, déjà produites en live mais pas encore enregistrées sur album :  Into The Sun et Never Enough. Deux bonnes chansons, tout à fait dans la lignée du reste du répertoire qu’elle s’est constituée.

On notera également Tired of Being Alone, le fruit d’une collaboration de Tarja et de Schiller, groupe d’électro-pop allemand. Un titre en low tempo où sa voix se fait caressante et où dominent les musiques d’ambiances.

Une bonne surprise donc ; un excellent live, débordant de l’enthousiasme et de l’énergie qui faisaient tant défaut à ses précédentes productions. Un album bien loin de l’éthéré « Live at Sybellius Hall », que devraient particulièrement apprécier les nostalgiques de l’ancien Nightwish.

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